Les élèves se font députés et créent leurs projets de loi

EducationLe jeu «Le Ge de lois» débarque au Cycle pour rendre l’apprentissage de la citoyenneté ludique.

Hier, une classe du Cycle d’orientation de Drize a testé le nouveau jeu de plateau.

Hier, une classe du Cycle d’orientation de Drize a testé le nouveau jeu de plateau. Image: J.-R. GUENEE/SERVICE ENSEIGNEMENT ET ÉVALUATION DU DIP

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«Avec notre projet de loi, on propose une baisse d’impôts pour les grandes entreprises à condition que leurs employés reçoivent minimum 4000 fr. de salaire et qu’un tiers de leurs projets respectent l’environnement.» Ce n’est pas un politicien qui parle mais Quentin, 12 ans. Lundi, une classe de 9e année (12 ans) du Cycle d’orientation de Drize, à Carouge, testait un nouveau jeu de plateau, «Le Ge de lois», développé par le Département de l’instruction publique (DIP). L’objectif: aborder le fonctionnement des institutions cantonales et du processus démocratique de manière ludique. Pour, à terme, former des citoyens responsables et encourager le vote chez les jeunes. «On sort l’enseignement de la citoyenneté de l’institutionnel et on permet aux élèves de véritablement vivre le jeu parlementaire», résume Julien Nicolet-dit-Félix, le maître qui a créé le jeu avec son collègue Alexandre Grobet.

Les élèves sont regroupés en «partis», de manière aléatoire. Pas de Verts ni d’UDC mais des Marguerites, des Myosotis ou des Tulipes. «C’était trop risqué de prendre de vrais partis, il aurait fallu les définir nous-mêmes ou leur laisser le soin de le faire, c’était délicat», explique Julien Nicolet-dit-Félix. Chaque «parti» possède trois cartes d’axes identitaires. L’un sera ainsi pour une armée forte, l’autre pour une privation des services publics ou pour la défense des traditions.

On sort l’enseignement de la citoyenneté de l’institutionnel et on permet aux élèves de vivre le jeu parlementaire.
Julien Nicolet-dit-Félix, enseignant et co-créateur du jeu

Chacun a également droit à trois types de capitaux en jetons: argent, militants et popularité. Il les gagne en répondant à des questions de culture générale sur Genève, en faisant passer des projets de loi en lien avec ses idéologies et en élaborant des campagnes d’affichage. L’équipe de Quentin a réussi à faire passer deux de ses projets de loi sur trois. «Pendant la présentation devant la classe, comme en session parlementaire, pas tout le monde était d’accord avec nous. On a dû improviser et on a appris que parfois les partis doivent s’allier…» Le projet de baisse des impôts des grandes entreprises suscite justement le débat. «Pourquoi on les favoriserait? Ce sont plutôt les petites qu’il faut aider!» lance Emma. Elle s’oppose aussi aux Tulipes sur la semi-privatisation des TPG. «Vous baissez les tarifs mais vous augmentez les impôts. Donc les gens vont de toute manière payer, ça ne change rien!» Le projet passe pourtant. Au groupe d’Emma, qui a voté contre, Julien Nicolet-dit-Félix suggère: «Vous pouvez lancer un référendum. Mais il vous faudra plus de militants pour tenir des stands…» Les questions et les débats s’enchaînent, les mains se lèvent, les députés en herbe se sont pris au jeu. Et c’est justement le but recherché: «C’est en forgeant qu’on devient forgeron, soutient Anne Emery-Torracinta, cheffe du DIP. Il faut rendre les élèves acteurs pour favoriser la compréhension des mécanismes de nos institutions et affermir leur faculté de discernement.»

Le jeu sera à disposition des professeurs de géographie et d’histoire dès mars pour leurs classes de 9e année. Ce sont eux qui dispensent l’heure hebdomadaire de citoyenneté. (TDG)

Créé: 22.01.2018, 20h01

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