Les développements genevois du groupe italo-suisse MSC, l’un des rois des mers

ÉconomieLa société veut embaucher 300 personnes dans les croisières. Et digère un gros rachat immobilier.

L’un des navires du groupe MSC visitant Venise.

L’un des navires du groupe MSC visitant Venise. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est l’histoire d’un géant des mers qui a choisi de s’ancrer au bord d’un lac. Propriété de la famille d’origine italienne Aponte, le groupe Mediterranean Shipping Company (MSC) entend renforcer ses effectifs dans le canton, où il emploie déjà mille collaborateurs.

Sa division croisières compte embaucher 300 personnes, a annoncé «Le Matin Dimanche». Lundi, une lettre d’intention a été signée entre Pierre Maudet, conseiller d’État chargé du Développement économique, et Gianluigi Aponte, 78 ans, fondateur du groupe et président de la holding familiale.

Selon un communiqué du Département du développement économique (DDE), cette société a été «notamment rassurée par le retour à la stabilité fiscale avec le résultat du vote en faveur de la réforme de l’imposition des entreprises (RFFA) du 19 mai dernier». Ce qui n’avait pas empêché la holding de réaliser une vaste opération immobilière en décembre 2018, déjà. MSC avait alors racheté, pour 160 millions de francs, un complexe immobilier s’étendant sur une surface de près de 14 000 mètres carrés à proximité du parc Bertrand. Le géant des mers avait signé l’une des plus importantes transactions de l’année. Ces bâtiments appartenaient à l’assureur La Genevoise (intégré au groupe Zurich).

Installée à Genève dans les années 70, la famille Aponte s’y est surtout développée dans le domaine du commerce maritime. Mais c’est en Belgique que Gianluigi Aponte crée d’abord sa société de transport. Et gère son premier cargo. Le succès est régulier, et assez fulgurant: en un demi-siècle, cette famille aujourd’hui multimilliardaire est parvenue à hisser le groupe parmi les leaders du secteur. MSC affirme exploiter 510 vaisseaux, gérer 480 bureaux et employer une armada de collaborateurs. Environ 70 000, dont la grande majorité – 47 000 – s’occupe de la flotte commerciale.

Cette famille est très discrète. Le patriarche s’est peu à peu retiré des affaires, son fils Diego étant devenu le patron de la multinationale. Sa fille Alexa est aussi engagée dans les affaires, tout comme son beau-fils Pierfrancesco Vago, précisément en charge des activités croisières (une quinzaine d’immenses navires).

Diego Aponte a défrayé la chronique en offrant à Pierre Maudet de rentrer depuis Téhéran à bord de son jet privé. Le conseiller d’État – qui avait participé à un voyage avec une délégation économique suisse conduite par l’ancien conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann – avait alors expliqué avoir pleinement profité de cette rencontre inopinée pour aborder avec le patron de MSC ses projets genevois.

Ces monstres des mers ont aussi leurs détracteurs en raison des dommages qu’ils peuvent causer aux abords des villes visitées. Le dernier incident en date concerne d’ailleurs un navire de sa flotte, le MSC «Opera», qui, le 2 juin dernier, a percuté à Venise un quai d’amarrage et un bateau touristique accosté devant lui. Ces immenses paquebots brûlent également d’énormes quantités de fioul et dégagent des substances nocives pour l’environnement.

Dans son communiqué, le DDE assure que ce groupe fait beaucoup d’efforts afin de réduire l’impact environnemental de ses activités, notamment en optant pour des modes de propulsion basés sur du gaz naturel liquéfié.

Créé: 25.06.2019, 08h12

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.