Les conditions se durcissent pour le Village du Soir

Nuisances sonoresLe lieu nocturne de la Praille attend une autorisation du canton pour poursuivre ses activités. Le régime va changer.

L’avenue Eugène-Lance surplombe le Village du Soir. Des riverains se plaignent du bruit.

L’avenue Eugène-Lance surplombe le Village du Soir. Des riverains se plaignent du bruit. Image: FRANK MENTHA

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Le Village du Soir, lieu de fête temporaire situé à la Praille, est en train de changer de visage. La Commune de Lancy, qui délivrait jusqu’à présent des autorisations ponctuelles de semaine en semaine pour des soirées du jeudi au samedi, a annoncé qu’elle cesserait de le faire dès la fin de janvier, a récemment révélé 20 Minutes. La fin du Village du Soir, qui en un an a accueilli quelque 330 000 visiteurs? A priori, les amateurs peuvent respirer. Sur le fond, la fête devrait rester maîtresse. Mais sur la forme, les conditions vont changer. C’est le Canton qui doit prendre le relais, en octroyant une autorisation permanente. Elle n’a pas encore été délivrée, mais selon plusieurs sources, les différents services concernés, celui du bruit notamment, ont donné leur aval. Le précieux sésame – l’attestation de mise en service – devrait arriver à la mi-février du Département de l’aménagement (DALE) pour cet espace au bénéfice d’un bail courant jusqu’en 2022, en attendant le futur quartier Praille-Acacias-Vernets (PAV).

Pourtant, tout n’est pas joué. Aujourd’hui, une réunion a lieu entre les responsables du Village du Soir, la Commune de Lancy et l’État. «C’est un rendez-vous qui comporte de nombreux enjeux, relève Julien de Tassigny, chargé de la communication du Village du soir. Il s’agit de régler la passation entre la Mairie et le Canton.» Et également de cadrer davantage les activités, selon d’autres interlocuteurs. Les responsables devront faire baisser le bruit en extérieur. Les food trucks devraient plier bagage plus tôt. Et toute musique, même de fond, y sera interdite, contrairement à aujourd’hui. «On pourrait peut-être obtenir des dérogations pour quelques soirées en extérieur. Cela fait partie des choses à discuter», poursuit Julien de Tassigny.

Reste que ces changements ne sont pas de nature à apaiser les riverains qui se plaignent du bruit et qui avaient, cet automne, envoyé à leur mairie une pétition munie d’environ 150 signatures. «Si une autorisation permanente est délivrée, on a de quoi se faire du souci, car on ne pourra plus agir, souligne une habitante de la barre d’immeuble qui surplombe la zone industrielle, au 50, avenue Eugène-Lance. On nous parle toujours de musique, mais ce n’est pas le seul problème. Avec 1500 personnes par soirée, vous imaginez le bruit que cela génère sur les trottoirs? Et encore, on est en hiver. L’été, c’est infernal. Avec l’afflux des gens, les portes restent souvent ouvertes. Il y a parfois des files d’attente jusqu’à la route des Jeunes. En réalité, je ne vois pas de solution.»

Frédéric Renevey, conseiller administratif à Lancy, assure qu’avec l’autorisation cantonale la situation s’améliorera. «Grâce à la pétition et à notre refus de continuer à délivrer les autorisations, un groupe de travail avec les différents départements du Canton concernés s’est créé. Cela permet de se mettre tous aujourd’hui autour de la table.» Pour Frédéric Renevey, avec ses autorisations ponctuelles, le Village du Soir a bénéficié «d’une zone grise. Avec une autorisation pérenne du Canton, on établit un cadre légal auquel se conformer. La police cantonale aura les compétences pour agir et pour renforcer les contrôles, notamment en qui concerne le bruit. Il sera plus aisé de vérifier si le cadre est respecté. En cas de dépassement des normes, les conséquences pourront aller de l’amende à la fermeture.»

«Avec des lieux qui émergent sans être encadrés – on le constate aussi à la rue de l’École-de-médecine à Plainpalais ou à la rue Blanvalet aux Eaux-Vives – des problèmes de voisinage se posent, car le visage du quartier se modifie et les habitants doivent faire face à des nuisances qui n’existaient pas auparavant», souligne Pauline de Salis, en charge de la communication au Département de l’aménagement. Elle assure que ces problèmes pourraient être évités à l’avenir grâce à la stratégie sur la vie nocturne présentée l’an dernier, et qui figure dans le plan directeur cantonal. Il s’agira dans les futurs quartiers de logement de prévoir en amont et aux endroits les plus appropriés les divers lieux d’activités nocturnes et culturels. Et de les annoncer clairement, afin que les intéressés prennent leur décision en connaissance de cause. «Le but est de parvenir à faire cohabiter tout le monde le plus sereinement possible.» (TDG)

Créé: 23.01.2018, 17h41

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