Les HUG ne veulent plus de sages-femmes indépendantes

MaternitéLes professionnelles de l’association Bien Naître proposent aux couples des accompagnements personnalisés. Leurs postes sont menacés

L'entrée de la maternité des HUG.

L'entrée de la maternité des HUG. Image: Lucien Fortunati

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Geise Fiscina en est convaincue: elle aurait été beaucoup plus anxieuse durant sa grossesse si elle n’avait pas pu bénéficier de la prestation Bien Naître offerte par l’association du même nom. Depuis plus de seize ans, celle-ci propose aux futures mamans un accompagnement personnalisé par une sage-femme avant, pendant et après l’accouchement.

Mais ce service, aujourd’hui remboursé par l’assurance-maladie de base, pourrait bientôt disparaître. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) souhaitent mettre un terme à ces prestations réalisées par des professionnelles indépendantes. L’association a lancé au début du mois une pétition sur Internet pour défendre ces postes. Le texte a déjà récolté plus de 1800 signatures.

Des raisons de sécurité

Bien Naître compte aujourd’hui trois sages-femmes agréées par la Maternité. Employées à 8% par l’Hôpital (environ trois heures par semaine), elles effectuent chaque année entre 40 et 60 accouchements. «L’association reçoit plus de 130 sollicitations par an, mais on est obligé d’en refuser la moitié car nous ne sommes pas assez», note Ana Bela Gallo, sage-femme indépendante.Malgré cette importante demande, Olivier Irion, chef du Département de gynécologie et obstétrique aux HUG, semble bien décidé à ne pas renouveler les postes de ces trois professionnelles. Pas pour des raisons économiques, précise-t-il – le budget alloué à ces prestations étant dérisoire à l’échelle de l’Hôpital – mais avant tout pour des questions de sécurité. «Les sages-femmes de Bien Naître pratiquent trop peu d’heures en milieu hospitalier pour offrir toutes les garanties de sécurité partagées par le reste de l’équipe. Elles ne sont par exemple pas forcément au courant de tous les protocoles en vigueur ou des dernières technologies.»

Autre raison avancée par le chef de la Maternité: les HUG proposent depuis quelques années des prestations similaires appelées «Suivi global». «L’offre de Bien Naître est donc aujourd’hui moins intéressante pour nous.» Mais ces arguments ne convainquent pas les membres de Bien Naître. «Nos sages-femmes sont toutes issues de la Maternité, où elles ont travaillé de nombreuses années avant de s’orienter vers l’association, et suivent des formations continues comme toutes les sages-femmes des HUG, rétorque Anjela Aubert du comité de l’association. Quant au suivi global proposé par l’Hôpital, il est très bien, mais il ne s’agit pas du même accompagnement. Premièrement, les couples rencontrent plusieurs sages-femmes et non une seule, ce qui rend plus difficile la création d’un lien de confiance; deuxièmement, il n’y a pas de suivi à domicile après l’accouchement. Or, nous estimons cette étape-là très importante pour accompagner la femme durant l’allaitement et surtout pour inclure les pères.

«Ça m’a rassurée»

Geise et Joan, aujourd’hui parents d’une petite fille de quatre mois et demi, font partie de la cinquantaine de couples qui a pu être suivie l’année passée par une sage-femme de Bien Naître. «On l’a vue une vingtaine de fois au total, explique la jeune femme. Cela m’a beaucoup rassurée de l’avoir à mes côtés car je n’ai pas de famille à Genève et peu d’amies qui ont déjà eu des enfants. J’avais une confiance totale en elle, elle connaissait mes peurs et mes envies pour l’accouchement. Et ça m’a soulagé de la retrouver chez moi après la naissance. A la Maternité, les sages-femmes étaient débordées, j’ai reçu très peu de conseils sur l’allaitement. Je n’aurais pas réussi sans elle.»

Suite à la pétition, Ana Bela Gallo confie avoir reçu plusieurs mails de parents inquiets qui souhaitaient faire appel à l’association pour leur deuxième enfant. «Le comité de l’association Bien Naître a rendez-vous avec Olivier Irion le 24 février, nous espérons vraiment pouvoir maintenir ces postes et en créer de nouveaux pour pouvoir répondre à la demande des parents.» (TDG)

Créé: 15.02.2015, 17h43

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