Les Genevois s’offrent la vie de palace

HôtellerieLes grands hôtels ont dévoilé ce week-end leurs secrets au grand public. Visite au Kempinski.

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«Ce ne sont pas des caprices, ce sont des défis.» Dans le grand hall du Kempinski, Jocelyn résume ainsi son attitude de concierge de cinq étoiles face aux requêtes parfois incongrues qui lui parviennent. Exemples? Orner une pièce de seize ballons et quatorze pétales de rose (précisément), dénicher en urgence une liqueur de poire rare sur la base d’une photo ou encore fournir au plus vite un dromadaire, indispensable ingrédient de tout anniversaire réussi.

Non loin de lui, un groupe se forme pour découvrir les secrets du palace lors d’une visite guidée. Dans le cadre de la nuit de l’hôtellerie ce week-end, les établissements les plus cotés de Genève se sont ouverts au public pour faire connaître leurs activités: nuitées à prix réduit, ateliers ou ce parcours par les salons, alcôves ou passages dérobés du paquebot hôtelier du quai du Mont-Blanc, avec ses 90 000 mètres carrés et quelques, 412 chambres ou suites et presque autant d’employés.

Gueux et manants que nous sommes, nous formons une escouade d’une vingtaine de visiteurs à suivre Xavier Prouvenc, directeur des formations du Kempinski et guide d’un jour. En parcourant les deux niveaux que le palace dédie à la restauration, il prend soin de préciser que ces services ne sont pas réservés à la seule clientèle de l’hôtel mais ouverts à tout autre convive. Et d’égrainer les attraits culinaires du lieu: du tartare sur mesure du Grill jusqu’au petit-déjeuner avec champagne à volonté, idéal de tout nutritionniste.

Des ruches sur le toit

Inauguré en 1980 en tant qu’Hilton avant de changer de gestion hôtelière en 2007, l’énorme quadrilatère de béton et de verre, aux vertus architecturales discutées, recèle quelques éléments inattendus. La piscine? C’est certes un must, mais celle-ci, proche du spa et de la salle de sport, mesure une vingtaine de mètres, format colossal pour un bassin privé.

Le restaurant italien est flanqué d’un potager sur terrasse, commodité babylonienne où le chef cultive ses herbes aromatiques, tandis que le toit de l’hôtel héberge des ruches où les abeilles concoctent chaque année une septantaine de kilos d’un miel des plus exclusifs. Dans la cour intérieure, on découvre une fausse station de ski, avec une cabine de remontée mécanique posée sur un sol synthétique blanc figurant un gazon enneigé et flanquée d’une piste de pétanque norvégienne et d’un pastiche de chalet où des clients dégustent une fondue aux truffes.

On peut préférer se prélasser face à la rade dans des «igloos», grosses bulles plastifiées, translucides et chauffées, disposées sur la terrasse du bar, proposant des fauteuils velus à l’abri des frimas. Voilà le cadre idéal d’un selfie souvenir pour ce couple mûr de visiteurs, tandis que d’autres, plus jeunes, semblent tenir à filmer la quasi-totalité de la visite en vidéo.

Qu’est-ce qui les motive? Tout en tentant de canaliser sa progéniture au fil des couloirs, cette dame explique que les grands hôtels, pour elle, «ce n’est pas qu’un jour par an». Cette adepte a déjà fait la même visite l’an dernier. Yves, habitant du Petit-Saconnex, s’est intéressé en tant que voisin à l’Intercontinental et a laissé sa curiosité le pousser jusqu’ici. L’intérêt de sa compagne, Natacha, est motivé par «la vie de l’hôtel, son histoire liée à celle de la Genève internationale et la passion du métier qu’on ressent dans le personnel». Justement, Amélie, qui est venue de Paris où elle travaille à la réception d’un autre cinq étoiles, visite l’établissement après y avoir laissé un CV. Elle se dit impressionnée: «Il y a tant de services!» Quant à Ana, andalouse et pâquisarde d’adoption, elle est venue en voisine: «J’adore ce quartier qui mélange en quelques mètres le plus haut et le plus bas!»

50 000 francs la nuit

Clou de la visite: la Geneva Suite, immense, avec ses lits géants, ses salons sur deux niveaux, sa salle de billard, son spa privatif, ses terrasses. Et son prix très exclusif de 50 000 fr. la nuit en haute saison. «C’est plus que mon salaire annuel», s’étrangle Delphine. «On ne la loue qu’une trentaine de nuits par an», confie Xavier Prouvenc, dévoilant plus tard sa suite préférée, la bien nommée Bella Vista qui, bien que plus petite, remporte les faveurs du groupe par son esthétique claire et épurée. Et un tarif presque cassé de 37 000 fr. Notre guide exprime en conclusion le bonheur qu’il a éprouvé à mener cette visite: «Cela m’a fait très plaisir…» Et Ana de le couper: «De rencontrer des gens normaux?» En effet, personne au sein du groupe n’a exigé de dromadaire.

Créé: 27.01.2019, 17h15

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