«Les Fêtes ne manquent à personne»

LoisirsLa Ville de Genève a dévoilé les gagnants de l’appel d’offres pour les trois nouveaux lieux d’animation estivale.

Image de synthèse de l'espace

Image de synthèse de l'espace "Bronzette", avec à gauche un Biergarten, au centre, un café-théâtre à la française, et à droite transats et bacs à sable sur le modèle des "bagni" italiens Image: Juliette Roduit

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C’est sondage à l’appui que le maire de Genève, Sami Kanaan, a pu conforter l’orientation prise par la Ville pour l’animation estivale. «Les Fêtes de Genève ne manquent à personne», constate-t-il*. Les «lauréats» de l’appel d’offres (lire notre édition de début mars) pour les trois nouveaux lieux dévolus aux initiatives privées ont été dévoilés mardi – ils s’ajoutent à l’Escale, chapeautée par la Municipalité. Tous font la part belle aux produits locaux et proposeront des glaces artisanales. Tous seront garantis sans plastique à usage unique. Ils seront ouverts toute la journée, tous les jours, pendant trois mois (voir l’infographie). C’est parti pour trois ans.

Bronzette

Bronzette, au quai du Mont-Blanc, sera gérée par Hamburger Foundation, qui, une fois n’est pas coutume, ne servira pas de burgers! Cela paraît assez pertinent étant donné qu’une de leurs arcades se tient à quelques centaines de mètres aux Pâquis. Une rôtisserie proposera poulets et saucisses à faire griller soi-même, mais aussi raclette et «paletas» (glaces en bâtonnet, d’origine mexicaine). Des tartines seront servies au petit-déjeuner. Le lieu se veut un mélange entre les «bagni» italiens (cabanons à rayure et transat alignés), le Biergarten germanique (grandes tables communes en bois et bières locales) et le café-théâtre à la française avec des petites tables rondes face à une scène.

Côté animation, Bronzette offrira une «petite programmation acoustique pas trop forte», précise George Bowring. Il y aura du stand up le mercredi soir en partenariat avec le caustique Comédie Club, des cours de magie, des anniversaires et bacs à sable pour les enfants.

Ce n’est pas la première fois que Hamburger Foundation remporte un appel lancé par la Ville. Le conseiller administratif Guillaume Barazzone ayant un lien d’amitié avec son fondateur Marc Gouzer, n’y a-t-il pas conflit d’intérêts? «Je n’ai pas pris part au vote, et je n’ai pas eu accès au dossier», répond le magistrat. Sami Kanaan «confirme que M. Barazzone n’a pas pris part au vote sur deux des trois sites, ceux attribués à THF et à RK Events». Le maire ajoute que «le Conseil administratif a suivi les préavis du groupe d’évaluation pour tous les sites». Un comité composé de représentants de quatre des cinq départements de la Ville a désigné les lauréats des trois lieux.

L'Estivale

Au quai du Rhône, l’Estivale sera gérée par RK Events en collaboration avec le restaurant Au Renfort de Sézegnin. Sur cette terrasse de 150 places, avec service à table ou vente à emporter, on trouvera «une carte gourmande locale, de la qualité sans être inaccessible», avance Roxane Kupferschmid (fille de Christian). Elle promet des assiettes à moins de 30 francs. Avec des filets de perches, des burgers et des fondues au chocolat de l’artisan David Paganel. Diverses activités gratuites sont prévues, notamment pour les familles. Ce lieu fermera plus tôt que les autres.

Les Jardins du Rhône

La particularité du troisième lieu, au quai général Guisan, est qu’il ne proposera aucune animation. La buvette des Jardins du Rhône sera gérée par la toute nouvelle association 2Rives, et la restauration sera assurée par le traiteur Café Caravane, avec salades, tartes, soupes froides. Ati Muf voit l’endroit comme une «oasis» à proximité de la pergola Urbanature, et promet «des cocktails à base de plantes».

Le retour de l’Escale

Le quatrième espace choisi n’est pas dévoué aux initiatives privées mais chapeauté par la Ville: c’est la troisième édition de l’Escale, pour la deuxième fois au quai Gustave-Ador. La buvette sera gérée par l’association BAB-VIA (anciennement «Boîte à boulot») qui favorise l’intégration professionnelle des jeunes. Deux améliorations sont annoncées par rapport à l’an dernier: une large zone d’ombre et davantage de places assises. Julie, du «Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée», annonce une programmation musicale très variée, «à l’image de ce que nous proposons à l’année aux Terreaux, allant de l’afro beat tropical à la musique classique».

La déception des autres

L’appel d’offres lancé par la Ville n’a pas fait que des heureux, tant du côté d’une petite association que d’un professionnel aguerri.

L’association Cirrus, qui avait organisé le Tour de la rade en 80 jours deux années de suite, a décidé de ne pas présenter sa candidature, il n’y aura donc pas de troisième édition. Elle a regretté par communiqué de presse le nouveau cadre imposé, incompatible avec le festival itinérant. Elle met en cause un «délai de remise des projets extrêmement court» (ndlr: un mois) pour organiser un projet viable. Elle déplore aussi la «limitation du son en extérieur» et l’obligation de disposer d’un certificat cantonal de capacité de cafetier-restaurateur. Elle a estimé ne pouvoir «rechercher et trouver un restaurateur avec lequel s’associer» dans un tel délai. Enfin le «risque financier» lui a paru trop important. La Ville ne subventionnant pas ces trois nouveaux lieux, les exploitants doivent investir dans les infrastructures et assumer seuls le risque commercial. Ce qui peut effectivement dissuader les petites associations avec peu de moyens.

Patrick Hayoun, qui gérait les Terrasses de Genève du temps des Fêtes (ce lounge bar pour «happy few» sur le quai général Guisan), est aussi critique vis-à-vis des nouvelles conditions. «Les Terrasses avaient du succès car c’était un lieu animé au niveau musical. Là il n’y aura pas d’alcool fort, pas de musique (ndlr: au quai général Guisan seulement), une fermeture à 22 h (ndlr: au quai du Rhône seulement). Il n’y a même pas d’infrastructures de toilettes supplémentaires prévues!» Ce point est en discussion avec les exploitants actuels. «On est en train de tuer l’été genevois, reprend Patrick Hayoun, c’est à l’envers du bon sens.» On l’aura compris, il n’a pas non plus postulé. «L’appel d’offres est arrivé trop tard. Vous ne trouvez pas 30 ou 40 collaborateurs en claquant des doigts. Les documents demandés prennent plus de temps à être obtenus que le délai imparti pour candidater.»

Alors ce délai d’un mois a-t-il vraiment découragé tout le monde, influençant le nombre de dossiers déposés et leur qualité? «On ne l’a pas tellement ressenti, indique Cédric Waelti, porte-parole du Département de l’environnement urbain. La Ville a reçu 34 dossiers et mené 14 auditions. Comme dans chaque concours, environ un tiers des projets étaient clairement moins bons, c’est standard.»


Lire aussi le rapport sur l'animation estivale sur le domaine public en Ville de Genève.


* Le sondage DemoScope que nous avons consulté indique que les Fêtes ne manquent qu'à 16 % des personnes interrogées en Ville de Genève, et seules 7% d'entre elles souhaitent un retour de cette manifestation (respectivement 29 % et 12% au niveau cantonal).

Créé: 28.05.2019, 20h02

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