Le tourisme à la recherche d’un nouvel emblème

ÉconomieÀ la veille des États généraux, les acteurs touristiques cherchent une attraction phare, autre que le Jet d’eau et l’Horloge fleurie.

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Le tourisme genevois a subi une prise de pouls. La direction générale de la promotion économique a consulté quelque 80 acteurs clés de la branche. Son rapport en vue des États généraux du tourisme du 15 mai ébauche plusieurs pistes de réflexion, dont l’identification d’un nouvel emblème. Il rappelle notamment que si le tourisme mondial a évolué de manière spectaculaire, Genève «n’a que modérément profité de cet essor», plafonnant plus ou moins à 3 millions de nuitées depuis quarante ans.


Lire aussi l'éditorial: L’Horloge fleurie a fané. Symbolisons


Pour Pierre Maudet, ministre de l’Économie, ces États généraux s'inscrivent «dans un momentum: la législature à venir verra l'inauguration du CEVA, de l'Aile Est de l'aéroport et de la Cité de la Musique. À plus long terme, viendra le nouvel accélérateur de particules du CERN, et peut-être même que nous aurons les Jeux olympiques en Valais.» Selon lui, les acteurs du tourisme «ont beaucoup d'attentes et en même temps ils ne veulent pas que le politique se mêle trop de leurs affaires. Il faudra voir si un élan se crée ou pas.»

Un nouveau «flagship»

Selon le rapport, l’image de Genève est fortement diluée par des messages qui se concurrencent, des initiatives qui se cannibalisent les unes les autres. «On dépasse le strict tourisme, l'image de Genève, tout le monde en est responsable, poursuit Pierre Maudet. Le Jet d'eau et l'Horloge fleurie, c'est intéressant, mais qu’est-ce que ça dit de Genève? On peut réfléchir à d'autres emblèmes.»

À défaut de pouvoir compter sur un Musée d’art et d’histoire revisité par Jean Nouvel, le rapport cite plusieurs alternatives, comme la future Cité de la musique, «pour faire de Genève une «petite Sydney» européenne», le Festival international des droits humains (FIFDH), «un «mini-Cannes» des Droits humains» qui draine des personnalités internationales, le projet de musée de l’ONU (Portail des Nations), ou encore le parc du Palais des Nations, «un joyau environnemental de 45 hectares». Le conseiller d’État, lui, ajoute le CERN, pour le tourisme scientifique.

Enrichir l’offre

Le rapport suggère de développer l’agritourisme et l’offre bien-être. «Quelle expérience émotionnelle veut-on faire vivre aux gens? interroge Pierre Maudet. On n'a que sept agritourismes, c'est ridicule. Mais les agriculteurs voudront-ils s'impliquer?» L’élu évoque également la restauration de la ligne du Tonkin, ou Sud-Léman, pour relier par chemin de fer Evian à Saint-Gingolph.

Enfin le canton présente selon le rapport «une quantité surnuméraire d’hôtels de luxe et des prix jugés abusivement élevés par rapport à Zurich, Vienne, ou Amsterdam (tous segments confondus, mais en particulier pour des établissements de catégorie intermédiaire, lors de Congrès ou en cas de «black-out dates»).» Genève aurait aussi du mal à favoriser l’ouverture d’enseignes moins étoilées. Exception faite du Citizen M qui devrait ouvrir en 2020 dans les rues basses, et qui se vante d’offrir du luxe à prix abordable. La question de disposer d’hôtels de plus grande capacité devrait aussi se poser, afin de réduire le nombre d’interlocuteurs pendant les congrès.

Le document évoque par ailleurs les foodtrucks sans les nommer: «une concurrence accrue dans le secteur de la restauration a récemment conduit à l'émergence d'expériences très originales, adossées à des tarifs plus digestes. Un tel rééquilibrage est espéré dans le domaine de l'hôtellerie.» Cela dit, la restauration est également invitée à se remettre en question: «Les frais de bouche sont un poste très important, avance Pierre Maudet, or on voit que cela pose des problèmes, notamment lors de congrès. Il s'agirait d'imaginer des offres mieux adaptées.»

Abolir les frontières

Il s’agit de changer aussi l’échelle à laquelle on discute, et de travailler plus étroitement avec l'ensemble des acteurs du bassin franco-valdo-genevois, étant donné que Genève est la porte d’entrée aussi bien des charters de Chamonix que des congrès de Montreux. «Le tourisme est le cheval de Troie pour revivifier la collaboration transfrontalière», résume le ministre.

Et les Fêtes de Genève? «C'est un point de départ de la démarche, mais cantonner la réflexion à cette manifestation serait trop réducteur. Si un consensus sur le cadre général du tourisme se dégage, on pourra alors se poser la question de leur maintien et de qui les organise.»

Créé: 30.04.2018, 20h00

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