Le stock du «Vieux Paris» fait saliver les amateurs de jouets

SuccessionLundi et mardi, l’Office des faillites organise des visites pour les personnes intéressées à acheter les mille merveilles de feu Henri Zwicky.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Fermé». Le panneau manuscrit a été collé sur la porte en verre du «Vieux Paris», 1 rue de la Servette, début novembre, suite au décès accidentel d’Henri Zwicky, le maître du lieu. Mais depuis ce lundi, la porte de ce mythique magasin de jouets ne cesse de grincer. Des dizaines de fins connaisseurs se sont inscrits aux visites organisées par l’Office des faillites jusqu’à mardi soir.

La succession du défunt ayant été répudiée, l’Etat a en effet décidé de lancer dans l’urgence un appel d’offres afin de racheter le stock «en bloc» de M. Zwicky mais aussi de débarrasser les deux arcades et les cinq caves de son magasin. Car vu l’état du lieu, organiser une vente aux enchères aurait été trop coûteux; Rien que le déménagement de la marchandise a été devisé à 21 000 francs.

Un paradis de boîtes vides

«Au Vieux Paris» ressemble au cousin Diogène et enfantin de la caverne d’Ali Baba. On y trouve presque tout ce qui s’est fait en jouets depuis au moins 1963, date à laquelle Henri Zwicky s’installa dans la boutique de porcelaine de sa mère. «D’habitude, les magasins sont bien rangés, ici il y a des choses partout et sans ordre réel», résume le chef de service de l’Office des faillites, Marc-François Unternaehrer, qui lui-même se rendait au «Vieux Paris», enfant.

Ici, une mitraillette israélienne en plastique recouvre des magazines de Ghostbusters. Là, une maquette de mammouth est rangée entre les modèles de soldats russes de la guerre de Tchétchénie et les US Marines de la guerre de Corée. Et partout trônent des boîtes et des cartons… vides. «Quand on découvre la boîte d’un jouet de valeur, on ne trouve plus que son Sagex, sourit Julian Fraga, un Chilien, employé de l’ONU, qui venait donner un coup de main les samedis. Henri Zwicky gardait toutes les boîtes car il était sûr qu’un jour quelqu’un allait venir réclamer la boîte de l’un de ses jouets.»

En prenant conscience de la masse de déchets à trier puis jeter, les visiteurs déchantent petit à petit. D’autant plus que l’Office des faillites exige de vider l’arcade avant la fin du mois «afin de ne pas faire courir le loyer plus longtemps», explique son directeur général Christophe Pommaz, venu assister à ce moment particulier. Un délai qui fait déjà transpirer même les plus motivés. «Sortir la marchandise, ça n’est rien. Mais après, il faut encore savoir où la stocker», analyse Denis, un vendeur de la branche.

L’espoir de la perle rare

Le magasin dissimule-t-il des perles rares? «Oui et non, soupire Julian Fraga. Les quelques trains qui valaient quelque chose ont déjà été vendus sur Internet, un bon nombre de jouets ont été abîmés en tombant ou sont aujourd’hui complètement dépassés…»

Et de l’avis de tous les habitués du magasin, des dizaines de voitures miniatures auraient disparu depuis le décès d’Henri Zwicky. Ils pointent du doigt les légères marques de «dérapages» laissés sur la poussière des étagères en verre. «La justice de paix avait entendu dire que les choses se vidaient, admet Marc-François Unternaehrer. C’est pour cela que nous avons été chargés du dossier très rapidement. Et les serrures ont été changées deux fois.»

Henri Zwicky aurait-il caché ou oublié un jouet exceptionnel dans l’une des mille boîtes de sa boutique? Il faudrait des semaines pour éplucher chaque recoin du «Vieux Paris» et le découvrir. Or le temps presse, les intéressés ont jusqu’au 10 janvier pour faire une offre de rachat à l’Office des faillites.

Créé: 05.01.2015, 21h33

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Manif: faible mobilisation chez les fonctionnaires genevois
Plus...