Le retour du tramway à Ferney-Voltaire se précise

TransportsL’extension vers le Pays de Gex de la future ligne du Grand-Saconnex fait l’objet d’une étude préliminaire.

L'idée d'un tramway transfrontalier est à l'étude.

L'idée d'un tramway transfrontalier est à l'étude. Image: Olivier Vogelsang

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Faut-il poursuivre vers l’aéroport, la France, ou les deux? Genève s’est fait une religion sur l’essor à moyen terme de son réseau de tram. Une fois que la route des Nations sera terminée, le canton compte bâtir une ligne prolongeant le tram 15 de la place des Nations au Grand-Saconnex. Cet ouvrage, dont le chantier s’étendrait de 2022 à 2024, doit en principe recevoir l’appui financier de Berne dans le cadre de la troisième génération de projets d’agglomération.

Le terminus saconnésien de ce tronçon se situe sur le P47, un très peu affriolant parking de la périphérie aéroportuaire, voué à se muer en pôle d’échange multimodal (on y trouve aussi le terminus de la ligne de bus électrique 23). De longue date, deux options s’offraient pour prolonger la ligne au-delà de ce no man’s land: l’une gagnerait l’aérogare, l’autre franchirait le tarmac et la frontière pour rallier Ferney-Voltaire. Et c’est la seconde piste qui semble retenue, peut-on lire entre les lignes du projet de révision de la loi sur le réseau de transports publics que le gouvernement a transmis cet été au Grand Conseil.

Un tram dans le tunnel

Vérification faite, tel est le cas. «Le comité de pilotage a en effet validé en mai le lancement des études préliminaires de l’extension vers Ferney, confirme Roland Godel, au nom du Département cantonal des infrastructures. Une étude d’opportunité a montré la pertinence à aller de l’avant sur cette deuxième phase afin d’envisager une éventuelle réalisation dans la continuité de la mise en service de la section Nations – Grand-Saconnex et ainsi fournir une offre transfrontalière supplémentaire performante.»

L’étude en question, qui devrait se conclure l’an prochain, devra notamment formuler une évaluation du coût de cette extension. A priori, les deux tunnels franchissant le tarmac en parallèle (celui de la route «normale» et celui de la route douanière qui relie Ferney au secteur français de l’aérogare) présentent tous deux «un gabarit compatible avec le passage d’un tramway», précise le département. La liaison desservirait les nouveaux quartiers que Ferney-Voltaire projette à proximité immédiate de la frontière et qui doivent accueillir à terme 4500 nouveaux emplois (notamment avec un campus et un nouveau centre commercial) ainsi que 2500 logements.

La commune française mise sur le retour du tram (de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1938, le tram 7 reliait Ferney à Chantepoulet et un autre tram prenait le relais jusqu’à Gex). «Les réserves foncières sont prêtes, on montre aux Suisses qu’on s’est préparés à cette arrivée», déclarait en janvier le maire de Ferney-Voltaire, Daniel Raphoz, au «Pays gessien».

Le train pour s’envoler

Pourquoi avoir relégué une poursuite de la ligne de tram vers l’aérogare? Pour une telle desserte, l’État mise sur le train, seul «capable de répondre en termes de capacité mais aussi de rapidité de liaison depuis le centre-ville». La liaison entre Cointrin et le secteur des organisations internationales doit en parallèle s’améliorer avec la création d’une ligne de bus électrique traversant toute l’agglomération d’est en ouest, des Communaux d’Ambilly à l’aéroport via la gare des Eaux-Vives, Rive, le pont du Mont-Blanc, Cornavin, les Nations et Palexpo (nouvelle ligne 4, à l’horizon 2023-2024).

Quant à l’extension du tram vers Ferney, elle devrait faire l’objet d’une demande d’aide auprès de Berne dans le cadre du quatrième projet d’agglomération. Cela nécessitera un argumentaire persuasif. Pour rappel, l’aide fédérale – cruciale puisqu’elle peut couvrir jusqu’à 40% des coûts – a été refusée à la seconde partie du tram d’Annemasse et à l’extension transfrontalière qui devait relier le CERN à Saint-Genis-Pouilly.

«Nous allons mettre en œuvre cette année le Léman Express, mais la refonte de la mobilité ne s’arrête pas là, rappelle le conseiller d’État chargé des transports, Serge Dal Busco. Nous devons dès maintenant anticiper les développements futurs des transports publics dans la région, pour réduire le trafic individuel pendulaire et améliorer notre qualité de vie.»

Créé: 25.08.2019, 17h43

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