Le quartier d’Artamis plombé par la pollution

LogementsDes hydrocarbures entraînent des surcoûts et chacun se renvoie la facture. L’écoquartier va prendre du retard.

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Fichtre, revoilà la pollution. Le mégachantier d’Artamis n’en a pas fini avec les terres contaminées. A la surprise générale, des poches d’hydrocarbures ont été découvertes sur ce quadrilatère destiné à devenir un écoquartier exemplaire avec 300 logements. Il faudra traiter ces substances et cela va entraîner des surcoûts. Or, pour l’heure, chacun se renvoie la facture. Résultat: un seul des trois immeubles est sorti de terre. Les deux autres risquent d’attendre le règlement du litige. On croyait le site d’Artamis expurgé de toute substance nocive. Entre 2009 et 2011, 50 millions de francs ont été investis pour assainir cet ancien site industriel. Mais les mauvaises surprises sont vite apparues. Lors de la construction du premier immeuble, réalisé par la Fondation de la Ville pour le logement social, une première poche de pollution a été découverte. «Le traitement de ces terres a coûté 150 000 francs, raconte son secrétaire général Miltos Thomaides. Sur un budget de 40 millions, nous avons préféré poursuivre, en espérant régler plus tard la question de qui paiera.»

La tuile

La deuxième surprise est intervenue sur le site du deuxième immeuble. Là, c’est plus gênant. La Fondation des parkings doit réaliser 320 places en sous-sol. Au-dessus, la Coopérative des Rois érigera 88 logements. Mais les travaux n’ont pas commencé. «Nous allons tomber sur des terres polluées dont le traitement risque de nous coûter près de 900 000 francs», indique Laurent Drême, directeur des Travaux à la Fondation. Cette dernière estime que c’est à l’Etat ou à la Ville d’endosser ces frais. Si elle devait le faire, la rentabilité de son ouvrage, devisé à 13 millions de francs, serait mise en péril. Mais la tuile, la vraie, est pour la Ville de Genève. Celle-ci va dépenser 45 millions pour créer en sous-sol des dépôts pour ses musées. Au-dessus, la coopérative Codha va réaliser une centaine de logements. Or, cette zone n’a pas été assainie et on vient de découvrir qu’elle est polluée. Le traitement des terres coûtera la coquette somme de 4 millions. Là aussi, la Ville ne veut pas tout payer. Pourquoi tous se renvoient-ils la facture? Car il existe une subtile distinction entre les types de pollution. L’assainissement à 50 millions avait pour but de protéger la nappe phréatique. Conformément à la loi, il a été supporté par les pollueurs, en l’occurrence l’Etat, la Ville, Berne et les Services industriels. On s’est contenté de retirer entre 3 et 8 mètres de terres. Mais la terre qui subsiste, même si elle est ne représente plus un danger pour la nappe, peut tout de même être viciée. Dans ce cas, elle doit être traitée seulement si elle est excavée. C’est alors au constructeur de payer le traitement. Cette position est celle du Canton, appuyé par son Service de géologie, qui fait figure d’arbitre dans ce litige.

Equilibres financiers

La Ville conteste ce point de vue. «Il avait été convenu que si nous trouvions d’autres pollutions, elles seraient prises en charge par les différents partenaires, comme une suite à l’assainissement», rappelle Claude-Alain Macherel, codirecteur à la direction de l’aménagement. Selon lui, cette manière de faire éviterait de porter préjudice aux plans financiers des différentes opérations, «qui sont juste à l’équilibre», précise le conseiller administratif Rémy Pagani. Ce procédé épargnerait aussi à la Ville de prendre à son compte la totalité des quatre millions de ses surcoûts, pour lesquels elle devra demander une rallonge au Conseil municipal. Quoi qu’il en soit, tant qu’un accord n’est pas trouvé, les chantiers risquent de ne pas démarrer. (TDG)

Créé: 04.02.2014, 23h46

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