Le président du Parti pirate pirate ma carte de crédit

CybersécuritéSébastien Schopfer est le nouveau président du Parti pirate genevois.

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Vous êtes-vous déjà fait pirater votre carte de crédit? Non! Et bien, ça m'est arrivé ce lundi matin, par le nouveau président du Parti pirate de Genève. Sébastien Schopfer n'a eu qu'à ouvrir une app gratuit sur son ordiphone et à passer l'appareil sur la carte. Aussitôt mon numéro s'est affiché sur l'écran. Un glissement d'un doigt a fait apparaître la liste de mes derniers achats.

«Ce que je viens de faire est un vol, un acte illégal, mais c'est aujourd'hui à la portée de chacun», dit Sébastien Schopfer qui efface aussitôt la capture. «Tout dispositif qui émet une onde pour être télécommandé ou téléchargé peut être ainsi être piraté à votre insu», ajoute-t-il. D'où le credo et le premier commandement du Parti pirate: Chiffrez vos données, exigez de MasterCard ou de Visa qu'elles protègent vos données! Une déclaration qui a un corollaire: «Vouloir interdire le chiffrement, comme le propose David Cameron, le premier ministre britannique, à la suite des attentats contre Charlie et un magasin casher à Paris, est une absurdité, une atteinte à la liberté individuelle». Le nouveau président du Parti pirate genevois (PP) ne mâche pas ses mots.

Le PP n'en est pas resté là. Il a interpellé récemment le préposé fédéral à la protection des données, ainsi que la Fédération des consommateurs, sur les risques de vol des données des cartes de crédit sans contact. En attendant, conseille Sébastien Schopfer, dont le profil est visible sur LinkedIn, «glissez une feuille d'aluminium dans votre porte-cartes». Plus globalement, l'économie du chiffrement et de la sécurité, c'est un nouvel eldorado pour La Suisse, s'enthousiasme, le jeune président, dont les traits et l'enthousiasme font un peu penser à Tintin.

«Je ne veux pas vous faire peur, poursuit-il, juste vous rendre sensible au fait que la technologie doit être à votre service et ne doit pas vous enfermer dans une prison invisible, une prison sans barreaux». 30 ans, marié, Sébastien Schopfer vient d'être élu président du Parti pirate genevois. Il a fait un apprentissage de serrurier constructeur puis des études de commerce à Aimée-Stitelmann. Il est devenu, dit-il, par passion de la liberté et de la responsabilité, formateur pour adultes indépendant dans le domaine de l’informatique.

Le Parti pirate ne sera pas présent aux prochaines élections municipales genevoises. «Nous sommes un petit parti, argumente Sébastien Schopfer. Nous voulons concentrer nos forces pour les Fédérales de cet automne. Mais nous sommes très actifs à Genève.» Son prédécesseur, Alexis Roussel, avait en effet obtenu de la Chancellerie qu'elle ouvre le code source du programme du vote par correspondance. Sébastien Schopfer félicite l'Etat à ce propos: «C'est une révolution heureuse.» Des membres ont pu l'étudier à fond. Nos propositions ont sans doute satisfait l'Etat, remarque Sébastien Schopfer. Aujourd'hui nous sommes invités à conseiller la Chancellerie et avons des contacts avec le préposé genevois à la protection des données.

«Face au terrorisme,
la surveillance générale
ne sert à rien»

Face au terrorisme, Sébastien Schopfer est très clair. La surveillance générale ne sert à rien. La preuve, les criminels de Paris étaient fichés. Nous sommes donc contre les mesures qui introduiraient sans conditions des mouchards électroniques ou interdiraient le cryptage des messages. En revanche, il faut donner davantage de moyen d'investigation à la police.

Sur le plan fédéral, le Parti pirate suisse suivra donc très attentivement le prochain débat sur la sécurité intérieure. Son président, le Genevois Alexis Roussel, s'oppose par exemple à la révision de la loi sur la surveillance de la correspondance par poste ou télécommunication (LSPCT).

Sur le front de la sécurité personnelle, Sébastien Schopfer plaide pour une formation de la société, des jeunes en particulier, aux languages informatiques. Aujourd'hui, c'est un peu comme si nos lois étaient écrites seulement en anglais, bien des gens seraient incapables d'en comprendre toutes les subtilités. Il en va de même de l'informatique, il faut faire l'effort de s'initier à ces langages, afin d'être au fait des risques. Passant de la théorie à la pratique, le jeune homme, dessine rapidement un élément de code d'un site internet.

Sébastien Schopfer est actif sur les réseaux sociaux. «Je n'y poste que ce que j'estime être public. Je n'associe pas mon carnet d'adresses, ce que me demande avec insistance certains réseaux comme LinkedIn. C'est un respect minimal pour mes contacts, qui n'ont sans doute pas envie de recevoir des mails qu'ils n'ont pas sollicités.» (TDG)

Créé: 26.01.2015, 14h52

«La connaissance garantit la liberté»


«Connaître le code, la langue informatique, c'est un moyen de défendre sa liberté», explique Sébastien Schopfer.

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Le Parti pirate absent des Municipales

«Nous sommes un trop petit parti pour nous présenter aux élections des Conseils municipaux. Notre encrage est plutôt national et cantonal. Et, rappelle le nouveau présent du Parti pirate, Sébastien Schopfer, notre mouvement a existé d'abord au niveau international.»
Cet automne, le Parti pirate sera bien présent pour les élections fédérales. Il y a quatre ans, la liste conduite par Alexis Roussel avait obtenu 9806 suffrages, 0,9% du total, juste derrière les Verts transfrontaliers, Sans frontière PDC, chacun 0,91% et le Parti du travail (1,28%) et devant les Jeunesses socialistes (0,45%). (JFM)

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