Le président du Cartel tire sa révérence

PolitiqueMarc Simeth s’en va après cinq ans à la tête de la faîtière syndicale des fonctionnaires. Le point sur les succès et les échecs de ces années.

Élu en 2015, le président du Cartel Marc Simeth raccroche.

Élu en 2015, le président du Cartel Marc Simeth raccroche. Image: Steeve Iunker-Gomez

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est la fin d’une époque. Élu en 2015, le président du Cartel Marc Simeth raccroche. Après des années mouvementées, les rentrées syndicales houleuses sont terminées. Il a pu se concentrer dès lundi sur ses classes du cycle des Voirets. Interview.

Marc Simeth, vous quittez la direction du Cartel. Votre bilan: une grève massive en 2015 qui fait reculer le Conseil d’État, une victoire sur les annuités 2016, et sur les retraites en 2019. Carton plein?

Ce ne sont pas des réussites personnelles. Un président, c’est un porte-parole. Au final, le bilan est bon pour les employés, surtout en ce qui concerne la Caisse de pension qui reste en primauté de prestations, garde un niveau de prestation digne et est régulièrement distinguée pour sa gestion.

À Genève, les syndicats sont forts et le Conseil d’État faible?
On a aussi perdu souvent des batailles! Soyons honnêtes: nos victoires empêchent souvent des dégradations, maintiennent des dotations, mais améliorent rarement nettement la situation. À l’Hospice, à l’Imad, dans la santé, c’est toujours difficile: les horaires, les tâches, les contrats souvent à durée déterminée. On peut espérer que la récente décision d’augmenter le financement des mécanismes salariaux pour les institutions subventionnées va un peu changer la donne. Il faudrait investir aussi aux Poursuites et faillites, au Service de protection des adultes où les problèmes perdurent. Quand même, chaque année, 200 postes de fonctionnaires en plus sont créés… Encore une fois, ces postes ne sont le plus souvent qu’une simple résultante de l’augmentation de la population: plus d’élèves, plus de personnes âgées exigent plus de fonctionnaires. Mais cela a un coût et pourtant on baisse régulièrement les impôts.

Impossible de faire des économies alors?
Si, si, certainement, mais ça ne doit pas être une politique budgétaire! La fonction publique ne doit pas être la variable d’ajustement du budget année après année. En 2016, François Longchamp avait ouvert une boîte à idées pour les propositions d’économies. Il en avait reçu 900. On ne sait pas lesquelles ont été appliquées. Bien sûr, il y a des choses à faire: limiter le travail administratif, la hiérarchie, la bureaucratie. Il faut réfléchir sur les missions. Mais on ne fera pas des miracles et des sauvetages budgétaires avec ça. Il y a beaucoup d’argent à Genève et ce qui compte, c’est que les gens reçoivent en échange des prestations de qualité. Pour cela, il faut des moyens importants.

Le Cartel, c’est un rassemblement de syndicats. Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à ce mouvement?
C’est un gros machin le Cartel, oui, avec neuf associations professionnelles et deux syndicats. C’est un comité de vingt personnes tous les 15 jours, huit à dix assemblées des délégués entre 60 et 80 personnes par an, qui fonctionne grâce au système de milice. Mais les temps changent. Par exemple, je serai normalement remplacé par un team de trois personnes aidées par un secrétaire syndical administratif à 30%. Si j’avais une baguette magique, je ferais en sorte qu’on se rappelle qu’il faut avant tout défendre les intérêts de nos membres et que négocier avec le Conseil d’État ne veut pas dire se compromettre. Entre nous, sur les projets de retraite, les discussions ont été souvent très dures.

Vous avez présidé le Cartel pendant l’affaire Maudet. Quel regard portez-vous sur elle?
Je trouve minable la position d’un homme, qui après avoir fait passer à ses employés des messages d’exemplarité, ne les respecte pas pour lui-même. La présomption d’innocence demeure, mais il est établi que Pierre Maudet a menti au Grand Conseil et au Conseil d’État. Rien que pour cela, il devrait se retirer. À la place, il s’arc-boute et on se retrouve en plus avec un département santé, sécurité, emploi qui est vraiment énorme et difficile à gérer pour son collègue Poggia.

Quel sera le programme du Cartel ces prochains mois?
Le budget 2019 en septembre et un gros dossier devrait aboutir en novembre, la nouvelle loi sur les salaires à l’État. Un dossier compliqué avec des baisses de rémunération pouvant aller jusqu’à 20% pour certaines professions et des hausses conséquentes pour d’autres, dont le Conseil d’État. Le salaire total de ses membres devrait augmenter de 23 000 francs par an…

Créé: 27.08.2019, 07h30

Les succès du Cartel

2015
Manifestations géantes sur le budget 2016. Les velléités de hausse du temps de travail, de gel des embauches, de facilitation des licenciements sont abandonnées.

2016
Le Cartel conteste devant la Justice le non octroi de l’annuité aux fonctionnaires par le Conseil d’État. L’affaire est jugée en juin dernier. Les salaires de la fonction publique augmentent de 218 millions, soit 38 millions pour 2016 (annuité due depuis avril), puis 60 millions par an pour 2017, 2018 et 2019.

2019
Le modèle de renflouement des retraites des fonctionnaires soutenu par le Cartel passe la rampe face au modèle moins favorable soutenu par le Conseil d’État.

Articles en relation

La gauche gagne au finish sur la CPEG

Votation C'est une surprise relative. Les citoyens ont préféré le modèle du Cartel et de l'Asloca à celui du Conseil d’État. Plus...

Le Cartel et l’Asloca déclenchent une polémique sur le déficit 2020

Finances publiques Un média évoque une perte de 730 millions de francs. Nathalie Fontanet affirme qu’aucun chiffre n’a encore été articulé. Plus...

Retraites: le Cartel joue avec le feu

L’éditorial Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Budget 2020: 590 mio de déficit prévus
Plus...