Le plafonnement des primes passe un premier examen tranquille

Grand ConseilL'idée d'opposer un contre-projet à l'initiative semble séduire une majorité de députés.

Tant à gauche qu'à droite, on admet qu'il faut faire évoluer le financement de la santé (photo d'illustration).

Tant à gauche qu'à droite, on admet qu'il faut faire évoluer le financement de la santé (photo d'illustration). Image: Keystone / Archives

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’initiative populaire «Pour des primes d’assurance-maladie plafonnées à 10% du revenu du ménage» est désormais entre les mains du Grand Conseil. Jeudi, la proposition déposée par l’Alternative a filé en Commission des affaires sociales après les premières prises de position par les groupes.

Si cette première passe d’armes doit en principe porter principalement sur la validité formelle de l’initiative (qui n’est pas contestée), le débat est en réalité bien plus avancé. La «faute» en revient en grande partie au Conseil d’État qui, d’entrée de jeu, a dit vouloir l’élaboration d’un contre-projet. Dès lors, c’est sur cette question que se sont positionnés les partis.

Un coût qui fait peur

Après ce premier tour de piste, il apparaît que le contre-projet a de toute évidence l’attrait suffisant pour séduire une majorité d’élus. La droite et le MCG y sont favorables, craignant que l’application de l’initiative conduise à la ruine les finances publiques.

«Oui, notre système de santé a atteint ses limites», a reconnu le PLR Pierre Conne. Mais il estime que la solution proposée n’est pas tenable. «La mesure sera très coûteuse pour l’État et ne sera pas supportable pour le contribuable», a insisté la MCG Françoise Sapin.

La gauche pressée

À gauche, on reconnaît volontiers que l’initiative ne résoudra pas tous les maux de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal), mais on invoque l’urgence. «Oui, la population a mal à sa LAMal, a lancé Jocelyne Haller (Ensemble à Gauche). Il est vrai que l’État intervient déjà beaucoup, mais souvent trop tard. Il faut intervenir en amont avant que les familles se retrouvent dans les difficultés.»

«Nous proposons une solution provisoire et ciblée, a poursuivi la socialiste Jennifer Conti. Nous sommes dans l’urgence.» La Verte Marjorie de Chastonay renchérit: «Les primes représentent 20% du revenu de certains ménages, ce n’est pas tenable. Plus d’une personne sur cinq renonce à des soins à Genève pour des raisons de coût.»

Au final, et malgré les divergences, la nécessité d’agir a fait l’unanimité. Le différend porte sur le ciblage et, plus encore, sur la nécessité ou non d’aller vite. En effet, si la piste d’un contre-projet se concrétise, cela laisserait au Grand Conseil jusqu’à juin 2020 pour l’adopter, rallongeant la procédure d’un an.

Plus tard dans la soirée, le parlement a longuement débattu d’une résolution déposée par la gauche concernant le glyphosate, un herbicide très utilisé en Suisse. Le texte est une demande faite à l’Assemblée fédérale «d’organiser la sortie programmée du glyphosate». Il souhaite également le renforcement des recherches agronomiques en vue de trouver des alternatives. La résolution a été adoptée par 45 oui contre 43 non et 1 abstention.

Enfin, le Grand Conseil devait se prononcer, à huis clos, sur la levée de l’immunité d’une procureure à la demande du Ministère public. L’affaire concerne l’effacement d’un enregistrement d’une conversation téléphonique lors d'une procédure. Le verdict est tombé après trois quarts d'heure. Son immunité est levée. (TDG)

Créé: 12.10.2018, 06h51

Articles en relation

«Notre système de santé risque la faillite dans dix ans»

Salon suisse de la santé L’historien Vincent Barras nous invite à une réflexion critique sur la médecine, sa marchandisation et ses excès. Plus...

Qui veut maîtriser les coûts de la santé?

L'invité Plus...

La santé est devenue le souci numéro un des Suisses

Préoccupations Le peuple est prêt à un changement radical du système. Les initiatives du PDC et du PS sont plébiscitées indique un sondage Tamedia. Plus...

L’Alternative veut plafonner les primes à 10% du revenu

Initiative La mesure coûterait 250 millions de francs à l'Etat. La preuve, pour l'Alternative, que le système est à bout de souffle. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...