«Le personnel est épuisé et des enfants en danger!»

EtatLa moitié des employés du Service de protection des mineurs ont participé hier à une grève.

La question du danger est omniprésente chez les employés du SPMI.

La question du danger est omniprésente chez les employés du SPMI.

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Ils dénoncent des conditions de travail de plus en plus mauvaises, qui conduisent à un fort taux d’absentéisme, atteignant aujourd’hui 15%! «Epuisés et inquiets pour les enfants qu’ils doivent protéger», la moitié des collaborateurs du Service de protection des mineurs (SPMi) – 200?personnes pour 150 postes au total – ont ainsi participé hier à une grève, soutenue par les syndicats SSP/VPOD et SIT.

«Le service n’est pas en mesure d’effectuer correctement sa mission», estiment des manifestants à bout. Un constat inquiétant alors que le SPMi a été violemment critiqué dans le passé, suite à de graves affaires entraînées par ses dysfonctionnements.

Drame de Meyrin

En 2009, une mère toxicomane avait laissé ses deux enfants dans un total abandon, au milieu des seringues, de la nourriture avariée et des crottes de chien. L’Office vétérinaire cantonal avait secouru les deux animaux de ce foyer avant que le Service de la protection des mineurs ne porte assistance aux enfants…

Personne n’a oublié non plus le drame de Meyrin qui avait défrayé la chronique en 2001: Sylvia, la fillette d’une mère toxicomane, avait été retrouvée morte de faim et de soif dans un appartement.

Alors le service n’est-il toujours pas opérationnel, malgré «l’investissement» du magistrat en charge du SPMi (lire ci-contre) ? C’est ce que pense une partie du personnel, d’autant plus exténué que le malaise remonte à 2006, suite à la fusion de la Protection de la jeunesse avec la section «mineurs» du tuteur général. Après avoir déjà débrayé en 2010, des employés ont réclamé, lundi, 50 postes supplémentaires, dénonçant «la surcharge chronique de travail et des effectifs insuffisants». Chaque assistant social devrait, selon eux, gérer 40 dossiers. Or, ils en ont 60 à 65, ce qui ne leur laisse «que deux heures et demie par mois pour s’occuper d’un enfant»; les gestionnaires traitent, eux, 80 à 90 dossiers, alors qu’ils devraient en avoir une soixantaine dans l’idéal. Des carences qui «mettent en danger la qualité des prestations et en péril la santé du personnel».

S’agissant des absences de longue durée pour maladie, «la situation est dramatique: depuis des années, ce taux n’a jamais été inférieur à 10%», déplorent les secrétaires syndicaux Fabrice Scheffre et Davide De Filippo.

En raison de ce taux d’absentéisme, le SPMi avait sollicité une enquête. Les résultats ont conclu, en 2010, que 34% du personnel «aurait intérêt à s’approcher de professionnels de la santé dans le but d’un diagnostic pour une prise en charge adéquate». Lorsqu’on sait que ce personnel doit prendre en charge des enfants vivant des situations familiales dramatiques, on comprend l’inquiétude du service.

Menaces de mort

Ne se sentant pas toujours assez écoutées, ces familles, «souvent carencées», répondent de plus en plus par la violence. «Généralement verbale, parfois physique, elle se manifeste par le renvoi à notre incompétence, du harcèlement et même des menaces de mort», résument des employés.

A la tête de l’Office de la jeunesse, qui chapeaute le SPMi, Francine Teylouni qualifie la situation de «complexe et préoccupante». Mais aux côtés du directeur du service mis en cause, Marc Favez, elle veut avant tout rassurer la population: «Contrairement à ce que dit le personnel du SPMi dans le cadre d’une manifestation, la mission est assurée! Les collaborateurs font même un travail remarquable sur le terrain. Mais leur tâche s’est complexifiée avec l’évolution de la société et ils doivent accepter d’aller à l’essentiel. Or, un assistant social a tendance à vouloir tout résoudre, ayant toujours la crainte d’un malheur.» Pour les deux cadres, plus de postes ne résoudront pas tous les problèmes: «Nous réfléchissons à une nouvelle organisation qui réduise la part du travail administratif au profit d’une plus grande disponibilité avec les enfants. Nous avons ainsi déposé une demande de réévaluation de la fonction d’assistant. (TDG)

Créé: 20.06.2012, 07h39

Beer étonné par le mouvement

«Nous ne sommes pas en rupture, mais en plein travail avec les employés du SPMi. Je suis donc étonné par leur mouvement, réagit Charles Beer. C’est une situation difficile dans laquelle je m’investis considérablement avec l’appui du Conseil d’Etat, poursuit le patron du DIP. Nous avons agi en créant un pool de remplacement et nous préparons la pérennisation de ces 12 postes, obtenus de haute lutte avec la Commission des finances. Nous œuvrons aussi pour une meilleure reconnaissance des travailleurs sociaux.»

L.B.

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