Le musée du skate renaît à Vernier

Espace culturelLa Commune a trouvé un nouvel espace à Châtelaine pour ce temple de la planche à roulettes, fermé par la Ville de Genève en février.

Jim Zbinden avec deux skates de collection.

Jim Zbinden avec deux skates de collection. Image: Lucien Fortunati

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Le quartier de Châtelaine se transforme à vue d’œil. À l’avenue Henri-Golay, une seule maison a résisté à la densification. Ses volets bleus sont encore clos. Mais à l’intérieur, ça sent la peinture fraîche. On est en plein travaux.

Car bientôt, les pièces vides se garniront de planches multicolores. Le Musée genevois du skateboard, lâché en début d’année par la Ville de Genève, s’apprête à y renaître.

Vecteur de sociabilité

Son fondateur, Jim Zbinden, 48 ans, pousse un immense ouf de soulagement: «Je n’ai pas moins de 800 planches, certaines rarissimes, voire uniques. Et si je compte tous les objets liés à l’histoire du skateboard – autocollants, baskets, magazines, t-shirts, cassettes VHS, etc. – on arrive allègrement à 15 000 pièces. Ce patrimoine, il ne fallait pas le laisser perdre!» C’est pourtant ce qui a failli arriver. L’ancien musée, qui avait pris ses quartiers il y a vingt-trois ans à la route de Vernier dans un poste de police désaffecté, a dû être brutalement vidé en février. Un projet immobilier étant en cours, la Ville a souhaité récupérer ce lieu devenu emblématique de la pop culture.

Outre les visites, l’association Pulp68, créée par Jim Zbinden et ses amis, y organisait des ateliers, des cours, des démonstrations. «Beaucoup d’écoles sont passées par ici, confie le quadragénaire. Ce projet, je le portais à bout de bras. Mais depuis quatre mois, le lieu est fermé. Les objets végètent chez moi, chez un ami, dans des caves, des dépôts…»

Psychologiquement, il ne le cache pas, «ça a été très dur. Le skateboard, c’est une grande famille, de tous bords, et surtout toute ma vie. Davantage qu’un objet sportif, c’est un formidable vecteur de culture et de sociabilité. Aujourd’hui, ce mouvement né au milieu des années 70 a trouvé une reconnaissance. Les skateurs ne sont plus des marginaux. On le constate au travers de l’engouement actuel pour les skateparks.»

Grâce à deux magistrats

Le bonhomme aux multiples tatouages et à la casquette indéboulonnable s’est démené pour trouver une solution. Et il a gagné! «Mais pas tout seul, souligne-t-il. Rien n’aurait été possible sans deux personnalités politiques de la Ville de Vernier, le conseiller administratif Yvan Rochat et la conseillère municipale Ana Roch, qui se sont investis à fond dans le nouveau projet.»

Grâce à eux, la maison du 20, Henri-Golay, propriété d’une fondation qui souhaitait la démolir, a été préservée pour accueillir le futur musée. «Moi, je n’y croyais plus, reprend Jim Zbinden. Alors quand la Mairie m’a téléphoné, à la fin du mois d’avril, pour venir signer la convention de prêt et prendre les clés, ça a été extraordinaire.» Sa voix en tremble encore. «Sur les réseaux sociaux, des messages de soutien et de félicitation nous sont parvenus du monde entier.»

Ouverture fin septembre

Désormais, place au chantier. «Les pièces, je sais déjà comment elles seront agencées, quelles thématiques y seront développées et où ira chaque objet. J’ai aussi plein d’idées pour utiliser au mieux le jardin. On veut inaugurer le musée, dont l’entrée continuera à être gratuite, à la fin du mois de septembre, en relation avec la fête du quartier de la Concorde. On espère ouvrir un peu avant, mais il y a tout à refaire ici. Le chauffage, les sanitaires, la peinture, les boiseries, l’aménagement…»

Pour cela, il faudra trouver des sous. «Les travaux sont coûteux, confirme Jim Zbinden. La recherche de fonds et de dons va commencer. Pour nous qui étions totalement indépendants auparavant, c’est un nouveau défi.»

«Un skate a plusieurs vies»

Deux autres axes de travail sont lancés en parallèle. «D’une part, faire en sorte que l’association Pulp68 devienne une véritable marque du patrimoine genevois. D’autre part, poursuivre les acquisitions afin que les skateboards qui traînent dans des caves de particuliers ne finissent pas à la poubelle!»

Car, assure Jim Zbinden, «une planche à roulettes a plusieurs vies. Soit elle est belle, rare et mérite d’être exposée. Soit elle est ancienne mais tellement fichue que ces pièces serviront à en sauver une autre. Soit enfin elle est nickel mais trop classique, alors on la retapera dans notre atelier et on la remettra gratuitement en circulation.»

(TDG)

Créé: 15.06.2018, 20h59

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