Le groupe Chauffeur Privé déboule dans le canton

Transport individuelLe numéro deux des véhicules de transport avec chauffeurs en France, derrière Uber, se lance à Genève.

Chauffeur Privé est le plus grand concurrent d’Uber dans l’Hexagone.

Chauffeur Privé est le plus grand concurrent d’Uber dans l’Hexagone. Image: Matthieu Alexandre

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Un grand concurrent pour Uber et les taxis déboule à Genève. Chauffeur Privé se prépare en effet à lancer ses activités dans le canton, a appris la «Tribune de Genève». Le groupe français a mis en place des tests avec des chauffeurs à la mi-janvier et prévoit d’annoncer officiellement sa venue dans quelques semaines.

Chauffeur Privé, qui se targue sur son site de collaborer avec plus de 18 000 chauffeurs indépendants à Paris et en Île-de-France, à Lyon, sur la Côte d’Azur et à Lisbonne, n’est autre que le plus grand concurrent d’Uber dans l’Hexagone. Il ne revendique pas moins de 1,5 million de clients.

Le groupe n’a pas souhaité répondre à nos questions, réservant sa communication pour une conférence à la mi-février. Son cofondateur, Yan Hascoet, déclarait cet automne à la presse française vouloir devenir le numéro un sur le marché des véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) en Europe. «Il n’y a pas de raison que cette place soit réservée à un Américain», disait-il encore quelques mois plus tôt.

Ambitions affichées

Une ambition qui serait rendue possible par la récente acquisition par le constructeur automobile allemand Daimler de 50% de son capital et une action, avec une possible reprise de la totalité de ses parts cette année. Un renfort qui doit permettre à Chauffeur Privé d’étendre sa présence à l’international, à Lisbonne, depuis cet automne, puis Genève. Une dizaine d’autres villes sont dans son collimateur.

Les chauffeurs indépendants connectés à son application seraient reconnaissables à leur cravate rouge, indique l’entreprise sur son site. Ses tarifs, selon une source proche du dossier à Genève, sont plus attractifs que ceux de la multinationale américaine, pour les clients finaux comme pour les chauffeurs, et la plateforme française prendrait une commission moins importante qu'Uber. Parmi les VTC à Genève, le groupe Driven dit aussi pratiquer des prix bas.

La croissance de la start-up qui a vu le jour en 2012 est fulgurante (3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, 60 millions en 2016, deux fois plus en 2017) et, contrairement à Uber, elle aurait tout de suite été rentable. Le groupe, qui a longtemps compté ses effectifs sur les doigts de la main, dit désormais recenser 200 collaborateurs. Un chiffre appelé à croître: 36 offres d’emploi sont à l’affiche sur son site, dont deux dans le canton.

Contacté, le service de presse d’Uber dit se réjouir «du fait que les Genevois auront bientôt davantage d’offres de mobilité dans leur ville, au même titre que les chauffeurs indépendants qui auront une nouvelle opportunité de développer leur activité». Cette arrivée valide l’attractivité du secteur de la mobilité urbaine en pleine croissance, selon Uber.

Tensions chez Uber

Chauffeur Privé déboule dans un contexte chahuté. Mardi, une trentaine de chauffeurs indépendants ont exprimé leur colère à des employés d’Uber dans les bureaux de la multinationale à Carouge. Des griefs dus au fait qu’Uber a notamment bloqué des comptes de chauffeurs qui n’arrivent plus à tourner. Certains se sont dits «esclaves» plutôt que partenaires d’Uber.

En décembre, plusieurs associations de taxis, soupçonnant l’État de connivence avec Uber, ont déposé une dénonciation pénale à l’encontre de Pierre Maudet, le conseiller d’État alors en charge des taxis et des VTC.

Le 11 janvier, la Cour d’appel de Paris a de son côté jugé qu’un chauffeur travaillant avec Uber et ses clones doit être considéré comme un salarié. Les plates-formes doivent à ses yeux payer les congés, les heures supplémentaires et les cotisations de leurs partenaires. La multinationale se pourvoira en cassation. En Suisse, la Suva, le principal assureur accident, doit se prononcer sur la même question.

Plus d’une vingtaine de diffuseurs de courses se sont annoncés auprès de l’État, un chiffre important qu’il convient de relativiser car une bonne partie d’entre eux auraient déjà fermé leurs portes.

Créé: 28.01.2019, 07h09

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