Le gendre idéal a découvert sa bien-aimé dans les étoiles

ExoplanèteL'astronome genevois Xavier Dumusque, Prix Schäfli 2014, a découvert la plus petite planète extrasolaire.

Xavier Dumusque a été récompensé par l’Académie suisse des sciences naturelles pour sa thèse en astrophysique.

Xavier Dumusque a été récompensé par l’Académie suisse des sciences naturelles pour sa thèse en astrophysique. Image: Laurent Guiraud

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C’est un peu le gendre idéal. Grand, beau, élégant, poli et brillant intellectuellement. Mais autant vous prévenir tout de suite: le cœur de Xavier Dumusque est pris. Et bien pris. Le jeune homme s’est fiancé l’année passée avec Mynette, une jeune pharmacienne.

Revenons à l’essentiel: l’astronomie. Le Genevois a remporté le Prix Schäfli 2014 de l’Académie suisse des sciences naturelles pour l’ensemble de sa thèse en astrophysique. «J’ai détecté la plus petite exoplanète jamais découverte», explique-t-il avec fierté. Exoplanète? «Les planètes situées à l’extérieur du système solaire, répond le jeune chercheur avec entregent. On recherche aujourd’hui des exoplanètes de la taille de la Terre en espérant y trouver des traces de vie. Sur celle que j’ai détectée, c’est quasiment impossible car elle est trop proche de l’étoile autour de laquelle elle tourne. La température à sa surface avoisine les 1000 degrés.»

Un choix professionnel banal

Malgré son manque de sommeil manifeste – il est arrivé des Etats-Unis la veille – Xavier Dumusque fait l’effort de vulgariser autant que possible le contenu de ses recherches. De temps à autre, il ne peut s’empêcher de dodeliner de la tête pour finalement lâcher sur un ton toujours très poli: «Oui, on peut dire ça comme cela si vous voulez.»

Le parcours du Genevois est à la fois atypique et totalement ordinaire. Pas de lecture précoce de Science & Vie, pas de maigres économies d’écolier dépensées dans un premier télescope ni de rêve d’adolescent de marcher sur la Lune. Non, le choix professionnel de l’astronome se révèle être d’une surprenante banalité. «J’aimais beaucoup les sciences. Au moment de commencer l’université, j’ai donc hésité entre la physique et la biologie. J’ai opté pour la première, puis j’ai ensuite décidé de me spécialiser en astrophysique pour le master. L’observation des planètes m’intéressait, mais je ne rêvais pas depuis tout petit de devenir astronome.»

Ce qui nous déroute en revanche, c’est l’enfance de Xavier Dumusque. Le chercheur glisse au détour d’une phrase qu’il est né en Arabie saoudite. «Mon père, ingénieur, y construisait une ville en plein désert.» Puis on apprend au fil de l’entretien qu’il a également vécu plusieurs années au Cameroun avant de revenir dans la région pour passer son bac.

L’astronome ne se livrera pas plus. Il préfère parler des exoplanètes. C’est Michel Mayor, célèbre astrophysicien suisse alors directeur de l’Observatoire de Genève, qui l’a convaincu de se lancer dans ce domaine de recherche à la fin de ses études. «Le groupe qui travaillait sur les exoplanètes était très pointu et dynamique, cela m’a motivé.»

Car il en faut de la motivation pour devenir un chercheur de planètes extrasolaires. Les jeunes astronomes européens sont voués à voyager aux quatre coins du monde pour participer à des stages d’observation. Si Genève est réputée pour construire d’excellents instruments de détection de planètes, elle souffre en revanche d’une atmosphère trop humide pour offrir une bonne vue du ciel. «Il y a trop de nuages, ça brouille les images.»

Entre le Chili et les Canaries

Le meilleur spot? Au Chili, dans le désert d’Atacama. «80 à 90% des nuits y sont claires.» En Europe, les îles Canaries présentent également de bonnes conditions. «Je dois voyager presque chaque mois pour des observations, des conférences ou des collaborations avec d’autres universités. Ce n’est pas toujours facile d’avoir une vie à côté.»

Si Xavier Dumusque a déjà vécu dans beaucoup de régions du monde, il n’en reste pas moins attaché à la Suisse de son enfance. «J’aime les montagnes, le ski, les randonnées. Je suis d’ici, j’ai vraiment envie de revenir vivre à Genève.» (TDG)

Créé: 19.11.2014, 19h58

Bio express

1985 Naissance en Arabie saoudite d’un père suisse et d’une mère française. La famille rentre à Genève trois mois plus tard.

1991 Départ pour le Cameroun pour le travail de son père. Il y restera trois ans.

2003 Il passe son bac à Saint-Julien-en-Genevois puis commence des études en physique à Genève. Il poursuivra avec un master en astrophysique.

2008-2012 Il effectue une thèse sur les exoplanètes de taille similaire à celle de la Terre. Il part ensuite aux Etats-Unis pour participer à une recherche de l’Université Harvard.

2014 Il reçoit le Prix Schäfli de l’Académie suisse des sciences naturelles.

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