Le frère du prévenu se pose des questions sans réponse

Meurtre de la petite SemharSelon les légistes, l'adolescente de 12 ans a été déflorée juste avant son assassinat.

Dessin de Patrick Tondeux

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«Lorsque j’ai appris la mort de Semhar en 2012 et les accusations à l’encontre de mon frère, j’ai eu le sentiment de recevoir un coup de massue sur la tête», a expliqué lundi le frère du prévenu devant le Tribunal criminel. Depuis lors, il se tient à l’écart de la communauté éthiopienne à cause de «certains regards» dont il aurait été l’objet.

«La disparition de Semhar me touche beaucoup et de l’autre côté, on accuse mon frère… C’est trop difficile.» Cet homme semble bouleversé, écartelé entre la loyauté et l’affection fraternelle pour le prévenu et l’atroce mort d’une enfant de 12 ans dont il connaissait la famille.

«En prison, mon frère m’a juré sur la tête de sa fille que ce n’était pas lui qui avait fait ça.» Le témoin se sent très proche de l’accusé: «Nous avons grandi ensemble, nous avons quitté le pays ensemble, nous avons vécu un certain temps sous le même toit.» Il le décrit comme un homme «joyeux qui aime s’amuser et faire des blagues».

Malgré la force incontestable de ce lien, son discours reste nuancé: «Depuis le premier jour, je me pose la question et je n’ai pas la réponse. Je me demande pourquoi mon frère est accusé. Et s’il l’a fait, pourquoi? Je sais qu’il a eu beaucoup de femmes et de filles dans sa vie, il n’a pas ce genre de problème. D’ailleurs, à l’époque des faits, il avait une compagne.»

La relation entre les deux frères n’a pas toujours été au beau fixe. «Lorsqu’il s’est séparé de sa première épouse, nous nous sommes fâchés et nous ne nous sommes plus parlé durant quatre à cinq ans.» Il l’a finalement revu car le prévenu lui a assuré qu’il avait rencontré la femme de sa vie, que cette fois «c’était la bonne».

Pourtant, cette dame a par la suite dénoncé les agressions qu’elle aurait subies de la part de l’accusé. Et le témoin se souvient d’une fois où il l’a accueillie dans sa voiture avec le nez en sang. Il lui a proposé de l’amener au poste de police, ce qu’elle a refusé.

Dans la matinée, deux médecins légistes sont revenus sur la mort de Semhar ce 23 août 2012. Cause du décès? Une strangulation, vraisemblablement à mains nues. Au bout de quelques secondes, la victime perd en général connaissance. Mais il faut quatre minutes de pression continue pour provoquer des lésions irréversibles et le décès. Autre cruel constat: l’adolescente a été déflorée juste avant d’être assassinée. «La défloration date de quelques minutes avant la mort. Nous sommes certains qu’elle ne date pas de 24 ou 48 heures avant.»

Le procès se poursuit mardi avec le réquisitoire du procureur Joël Schwarzentrub. (TDG)

Créé: 11.06.2018, 19h20

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