Le duo de gauche aux États n’exclut pas de rempiler

Élections fédéralesLes sortants Robert Cramer et Liliane Maury Pasquier laissent planer le doute. Mais le moment de vérité approche.

Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer ont été facilement réélus en 2015. Vont-ils retenter leur chance?

Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer ont été facilement réélus en 2015. Vont-ils retenter leur chance? Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les élections fédérales auront lieu dans un peu plus d’un an, mais c’est maintenant que les partis élaborent leurs tickets. En 2019, la course au Conseil des États promet d’être intéressante: un renouvellement se profile, puisque les deux représentants genevois, le Vert Robert Cramer (64 ans) et la socialiste Liliane Maury Pasquier (61 ans), terminent leur troisième mandat. Or les statuts du Parti écologiste limitent les mandats de ses élus à trois; quant à la socialiste, qui pourrait statutairement se représenter aux États, elle siège à Berne – où elle est entrée en 1995, au Conseil national – depuis vingt-trois ans.


Lire aussi l'éditorial: Genève se prépare déjà aux fédérales


Nombreux facteurs

Liliane Maury Pasquier jettera-t-elle l’éponge? Robert Cramer tentera-t-il de se maintenir? Ou l’inverse? Les deux vont-ils rempiler? Rien n’est exclu. Pour l’heure, les sénateurs réservent leur réponse: «Je voulais profiter de l’été pour mener un certain nombre de discussions à Genève, explique la socialiste. Mais comme je n’ai pas réussi à tout faire, j’ai reporté ma décision à la fin de septembre, d’entente avec la présidence du parti.» C’est à peu de chose près la réponse de Robert Cramer. Qui réserve aussi sa décision à son parti «avant la mi-septembre». Pour se décider, les élus doivent prendre plusieurs facteurs en compte. Citons parmi eux l’envie personnelle, forcément variable après des décennies de politique active, la force ou la faiblesse de la relève, le soutien potentiel du parti. Dans le cas de Robert Cramer, ce dernier point est d’autant plus crucial que, rappelle la secrétaire générale du parti, Delphine Klopfenstein, «c’est l’assemblée, à la majorité absolue, qui décide d’une éventuelle dérogation». Rappelons que la majorité absolue, c’est 50% des voix plus une. Or à gauche, le climat n’est pas particulièrement favorable aux anciens ni aux dérogations. Lors des récentes élections cantonales, des Verts historiques se sont vus écartés des listes ou, s’ils y figuraient, ont été dépassés par de jeunes pousses. Au PS, au début de juin, deux poids lourds ont dû faire une croix sur des dérogations leur permettant de siéger dans leurs communes et au Grand Conseil.

L’état des spéculations

En attendant la décision des intéressés, les spéculations vont bon train. Au pifomètre, une majorité parie sur un retrait de Liliane Maury Pasquier, qui a été élue à la fin de juin à la présidence du Conseil de l’Europe. On est en revanche plus partagé sur la décision de Robert Cramer. Le président des Verts, Nicolas Walder, résume les arguments les plus entendus: «Sa candidature aurait pour elle son bilan et son réseau qui lui permet de porter des dossiers importants pour le parti et Genève. Elle a contre elle nos statuts et peut-être aussi son envie de faire autre chose.» Parions que si le vieux renard se représente, ce sera après avoir eu des assurances fermes de soutiens internes. «Il y aura un risque de rejet, mais quand même, c’est Robert Cramer!» soupire un de nos contacts. Même à Berne, le sénateur n’a jamais laissé les liens avec son parti se distendre.

Les successeurs attendent

Pendant que les sortants se tâtent, les remplaçants potentiels attendent gentiment. «Je serai de toute manière candidate à ma réélection au Conseil national, explique ainsi Lisa Mazzone. Pour le Conseil des États, tout dépendra de la décision de Robert.» Au PS, Carlo Sommaruga signale: «Je suis à disposition du parti si Liliane ne se représente pas. Je pense avoir démontré à Berne mon engagement pour Genève, en luttant contre les attaques contre les locataires, pour la Genève internationale, pour les crédits réclamés par Genève en faveur de ses infrastructures.» Mais si la sénatrice se représentait? «Je reprendrais mes activités professionnelles à Genève.» Il faut dire qu’après quatre mandats au National, Carlo Sommaruga ne peut plus se représenter dans la Chambre basse d’après les statuts de son parti. Quelle est la situation des sortants au Conseil national? Il devrait y avoir un peu de changement. Hormis Carlo Sommaruga, le socialiste Manuel Tornare a aussi annoncé qu’il ne se représenterait pas. En revanche, Lisa Mazzone et Laurence Fehlmann Rielle rempilent. (TDG)

Créé: 16.08.2018, 18h39

Articles en relation

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...