Le contenu de l’ordonnance qui blanchit Guillaume Barazzone

Ministère publicL’enquête du procureur général Olivier Jornot revient en détail sur les amitiés de l’élu et le financement de son séjour aux Emirats.

Guillaume Barazzone.

Guillaume Barazzone. Image: GEORGES CABRERA

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Le séjour du conseiller administratif Guillaume Barazzone à Abu Dhabi en 2017 ne mènera pas l’élu vers une condamnation pénale. Le Ministère public vient en effet de classer la procédure ouverte l’an dernier contre inconnu pour acceptation d’un avantage. Le procureur général Olivier Jornot, qui a analysé la nature de ce voyage et son financement, n’y voit rien «de pénalement répréhensible». L’ordonnance de classement, que nous avons consulté, révèle une foule de détails levant aujourd’hui le voile sur les vacances de l’ancien maire de Genève.

Alors qu’il n’officiait pas encore à l’exécutif municipal, Guillaume Barazzone s’est lié d’amitié il y a sept ans avec un avocat espagnol. L’homme, qui travaille dans une société pétrolière américaine en main de son beau-père, est aujourd’hui vice-président de l’entreprise. Il est établi depuis quelques années à Abu Dhabi. En novembre 2017, l’ami fortuné propose au Genevois de le rejoindre pour un week-end prolongé à l’occasion du Grand Prix de F1 aux Émirats arabes unis.

Il lui offre le voyage en classe affaires ainsi que le séjour à l’Emirates Palace du 23 au 27 novembre. Ce cadeau se chiffre tout de même à plus de 10 000 francs. Sur place, Guillaume Barazzone prend du bon temps et se détend à la plage. Il rencontre, par hasard, un bon copain qui n’est autre que le patron de MSC, entreprise basée à Genève. Ce dernier, qui loge dans le même hôtel que lui, est invité au GP par les autorités locales avec lesquelles il a conclu des affaires liées à un terminal portuaire.

Présenté comme maire

Le jour de la manifestation sportive, les deux hommes se retrouveront dans la loge VIP. Le patron de MSC a deux places pour se rendre à la Shams Tower. Comme son fils, trop jeune, ne peut pas monter avec lui, il propose à l’élu de l’accompagner sur ce site où il doit rencontrer la famille royale. Là, le chef d’entreprise présente à ses hôtes «Monsieur le maire de Genève». Guillaume Barazzone serrera donc, devant les caméras d’une agence de presse locale, des mains illustres comme celle de l’Emir de Dubaï et du prince héritier d’Abu Dhabi, Mohamed Bin Zayed Al-Nahyan.

Au lendemain de ce séjour, reposé et bronzé, le conseiller administratif rentre en Suisse sans savoir que ses ennuis vont commencer quelques mois plus tard… En octobre 2018, des journalistes l’approchent en lui indiquant que selon «des sources sûres» il avait été invité à Abu Dhabi «dans les mêmes circonstances que Pierre Maudet par Haza Bin Zayed Al-Nahyan», membre de la famille royale.

C’est dans ce contexte de l’affaire Maudet mis en cause pour un voyage au GP d’Abu Dhabi en 2015, que le conseiller administratif PDC s’explique le 17 octobre 2018 devant le Conseil municipal pour «faire taire la rumeur». Dans la foulée, il demande à son ami espagnol des pièces justificatives pour étayer ses dires. C’est par la suite qu’il apprend que le voyage n’a pas été payé par l’avocat mais par la société dont il est vice-président. Le Ministère public, qui a entendu le 17 janvier Guillaume Barazzone, comme personne appelée à donner des renseignements et non comme prévenu, vérifie que l’entreprise américaine n’a pas de lien avec la Suisse. Rien à signaler, conclut en substance Olivier Jornot: «C’est en raison d’un lien d’amitié préexistant que Guillaume Barazzone a bénéficié d’un avantage, et non en sa qualité de conseiller administratif ou de conseiller national.

La prise en charge du voyage par un tiers est donc pénalement indifférente. Le fait qu’il ait eu l’opportunité d’être présenté à diverses autorités locales en qualité de maire de la Ville de Genève n’y change rien: l’opportunité en question, qui n’était pas planifiée, n’est en elle-même pas constitutive d’un quelconque avantage. Le mélange des genres, soit le fait qu’un élu se présente comme tel alors qu’il voyage à titre privé, n’est pas pénalement répréhensible.» Et le procureur général de classer la procédure et de mettre les frais de celle-ci à la charge de l’Etat.

«Conformes à la vérité»

Guillaume Barazzone, défendu par Me Yvan Jeanneret, salue cette décision: «J’accueille avec satisfaction cette ordonnance de classement du Ministère public qui me blanchit sans réserve. Cette ordonnance démontre que mes déclarations au Conseil municipal et à la presse à propos de ce voyage étaient conformes à la vérité.» Rappelons que l’élu est encore sous le coup d’une enquête pénale dans l’affaire des notes de frais litigieuses de la Ville de Genève.

Créé: 24.05.2019, 15h58

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