Le charme du jeune flûtiste opère à nouveau au bord du lac

PatrimoineLa sculpture restaurée du parc Mon Repos a retrouvé son socle et une nouvelle patine. Elle n’est pas la seule. Récapitulatif avant la neige.

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La brigade d’entretien monuments et fontaines de la Ville de Genève réalise des petits miracles au seuil de l’hiver. Discrète et partageuse à la fois, elle vient de signer, coup sur coup, trois restaurations fines dans l’espace public. Les plus belles pièces regardent le lac, en partant du parc Mon Repos, avec escale sur le quai du Mont-Blanc, à la hauteur de l’accès aux débarcadères.

D’abord le fameux «Charmeur de lézards» du sculpteur Daniel Bourcart, placé au pied de l’ancienne villa Plantamour. On attendait son retour depuis sa dépose en juin, le jeune flûtiste aux cheveux bouclés ayant perdu sa flûte et subi diverses dépradations, au niveau des membres inférieurs notamment. Du vandalisme à la tire comme on le dit du vol en passant, sans s’arrêter, sans trop se soucier non plus des conséquences. Elles ont leur prix en longues heures de travail pour le seul fondeur d’art en activité sur le territoire genevois, David Chojnacki.

L’œuvre vandalisée a passé l’été et une partie de l’automne dans son atelier de Jussy. «Nous l’avons remise en place sur son socle d’origine vendredi 24 novembre», explique le chef de brigade Florian Gay. Il ajoute, visiblement content du résultat: «L’instrument de musique a été refait à l’identique; il s’insère parfaitement dans son logement; le lézard décapité a retrouvé sa tête et la patine de l’ensemble est juste magnifique.»

On court vérifier avant le retour de la pluie. Enthousiasme confirmé. On se souvenait, pour le dire sans poésie, d’un vert caca d’oie un peu mité; on se retrouve face à un brun presque sépia, en accord avec la pierre du bâtiment et la végétation alentour. Il suffit de plisser les yeux, sur les conseils du photographe: l’effet monochrome s’impose à la vue et quantité de détails apparaissent.

On quitte notre musicien plein de charme pour rejoindre une jeune femme sortant du bain qui n’en manque pas non plus. Prénom: Sylvie. Elle fait sa toilette dans une sorte d’insouciance dont sa prestigieuse voisine, l’impératrice Sissi, ne peut se prévaloir. Raideur habillée chez l’une, nudité décontractée chez l’autre. Les admirateurs aux intentions saccageuses ont jeté leur bêtise sur ce corps qui ne cache rien, sculpté par Henri Koenig. Des rayures un peu partout et une patine qu’il s’agit, ici aussi, de refaire sur toute sa surface.

Un jour complet d’intervention in situ pour le fondeur, venu au bord du lac avec sa boîte à outils, sa ponceuse excentrique (sic) et sa cire à chaussures Kiwi. «Quand il pleut, elle opère comme un imperméable», précise en souriant David, jamais avare d’un détail éclairant. De la cire déperlante appliquée à notre statuaire en somme.

Une troisième œuvre en profite depuis peu, du côté du parc Beaulieu, toujours sur la Rive droite. Une femme sans nom ni prénom, à la garde-robe simplifiée, réalisée par le sculpteur Alaxandre Meylan. Les acidités liées à la pollution la rapprochaient elle aussi d’une eau sale d’aquarium. Ici et là, sur les seins et dans le dos, des griffures multiples, des croix, des petits mots d’amour à l’inspiration inégale.

Bref, la locataire à l’année de Beaulieu méritait davantage qu’un bain. Il a fallu sortir le chalumeau, brûler la cire, retirer les traces d’huile, poncer en profondeur et manier l’éponge gratteuse (grain de 320!), pour peu à peu «rentrer dans la vibration de la pièce». C’est le fondeur qui s’exprime ainsi. On note la vibration, sans forcément la ressentir. Chacun son métier. (TDG)

Créé: 28.11.2017, 14h03

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