Le Pedibus fait marcher les enfants plutôt que rouler les voitures

AnniversaireCe bus pédestre encadré par des «parents conducteurs» a 20 ans. Il compte une trentaine de lignes à Genève.

Image: Keystone

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Emprunter une «ligne» spéciale pour se rendre à l’école à pied et sous la surveillance d’un parent conducteur: c’est le principe du Pedibus, qui fête cette année ses 20 ans. À cette occasion, des expositions photographiques sur les coups de cœur de 20 enfants sur leur trajet quotidien en Pedibus sont installées dans toute la Suisse et notamment à Meyrin.

L’idée d’un accompagnement à pied sur le chemin de l’école émerge en Australie en 1991. Le concept arrive en Suisse en 1999, à Lausanne, sous l’impulsion de l’Association transports et environnement, avant de démarrer en 2004 à Lully. Depuis, près d’une centaine de lignes ont été créées à Genève. Trente subsistent aujourd’hui, réunissant une centaine d’enfants. Les lignes de Pedibus n’excèdent en général pas les vingt minutes de marche et comptent un conducteur pour huit enfants, voire moins selon le nombre de routes à traverser et l’âge des petits. Le responsable dispose d’une assurance offerte par le Bureau de prévention des accidents (BPA).

Les lignes de Pedibus naissent au gré des actions de parents motivés. «Ils s’adressent à nous et nous leur fournissons des conseils, un soutien dans leurs démarches pour trouver d’autres parents, ainsi que du matériel comme des baudriers réfléchissants ou des pèlerines pour les enfants», explique Anne Thorel Ruegsegger, secrétaire générale de la Fédération des associations de parents d’élèves de l’école obligatoire (FAPEO), qui coordonne le Pedibus à Genève.

Les parents déterminent l’itinéraire, les arrêts ainsi que les horaires de ce convoi spécial. «Un Pedibus peut être modeste avec, par exemple, deux enfants deux jours par semaine le matin seulement», précise la responsable. D’ailleurs, les horaires se sont restreints au fil des ans et des changements d’habitudes. «Il n’y a presque plus de Pedibus à 12 h et à 16 h car de plus en plus d’enfants restent manger à l’école et fréquentent le parascolaire.»

Le nombre de parents engagés diminue aussi. Anne Thorel Ruegsegger reconnaît qu’il est difficile de trouver des conducteurs. «On fait pourtant tout pour qu’ils aient le moins de choses possible à gérer mais ils nous disent très souvent ne pas avoir le temps de s’engager.» Elle précise que selon ses disponibilités, un conducteur peut accompagner un convoi une fois par semaine seulement, alors que son enfant peut bénéficier du Pedibus tous les jours. «Devenir conducteur est un investissement mais d’un autre côté, cela permet un gain de temps car on noue des relations entre parents, on se rend des services, c’est précieux notamment lorsqu’il faut gérer un imprévu ou un retard.»

Ce n’est pas le seul atout du système. Le Pedibus favorise une pratique physique, indispensable lorsqu’on sait qu’en moyenne un enfant sur six souffre de surpoids ou d’obésité. Enfin, il permet de lutter contre le sentiment d’insécurité qui pousse les parents à accompagner leur enfant en voiture, ce qui renforce le trafic aux alentours des écoles et augmente la pollution…

Créé: 24.09.2019, 07h08

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