«Le MCG veut changer de style», assure sa nouvelle présidente

InterviewAna Roch, élue avec une voix d’avance sur Eric Stauffer, veut «sortir des clivages droite-gauche».

Ana Roch: «On peut être combatif autrement, revendiquer sans gueuler.»

Ana Roch: «On peut être combatif autrement, revendiquer sans gueuler.» Image: LAURENT GUIRAUD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

On a connu des entrées en fonction plus faciles. Elue avec une voix d’avance sur son rival Eric Stauffer à la tête du Mouvement citoyens genevois, à la fin d’avril, Ana Roch se fixe comme objectifs de faire progresser le nombre de députés de son parti et d’assurer la réélection de Mauro Poggia.

Ana Roch, vous venez d’arriver à la tête du MCG. Quel est votre diagnostic sur l’état du parti?

Le MCG marche bien. Nous n’avons pas enregistré de démissions particulières ces derniers temps. C’est un parti jeune, qui a grandi très vite. Il compte aujourd’hui 1500 membres. Il doit s’adapter et affiner son programme.

Vous avez été élue courant avril avec une voix de plus que votre concurrent, dans le cadre d’une élection dont certains ont dit qu’elle était arrangée. Vous vous sentez légitime ou contestée?

Légitime, bien sûr. Il n’y a pas eu de complot et je ne me suis pas présentée pour servir de faire-valoir. Les convocations ont été envoyées normalement, la fréquentation de l’assemblée était normale aussi. Le résultat a été serré, ce qui peut provoquer des dommages collatéraux, mais l’élection d’Eric Stauffer d’une voix en aurait aussi causé parmi mes soutiens. Depuis, mis à part quelques personnes qui se sont dites déçues, il n’y a pas eu de démissions.

Eric Stauffer avait demandé l’organisation d’une nouvelle assemblée. Où en est-on?

Nulle part. Nous n’avons reçu aucune demande.

Le MCG n’est pas le parti le plus simple du canton. Pourquoi voulez-vous le diriger?

Je n’ai pas été candidate sur un coup de tête. Roger Golay, ancien président du parti, m’a approchée en 2015 avec d’autres, dont Pascal Seeger et Pascal Spuhler. Il a dit qu’il fallait de la relève, mais qu’il était prêt à rester un an de plus pour que les personnes intéressées voient le boulot. Je suis entrée au Bureau. Au début de 2016, Eric Stauffer a finalement décidé de se présenter. Moi aussi, mais pas contre lui, pour que les membres aient un choix.

Comment expliquez-vous votre élection et l’échec de votre rival?

Eric Stauffer était apprécié au MCG et son départ a été regretté, même s’il a parfois plus roulé pour lui que pour le parti. Je ne pense pas qu’il y ait eu un choix entre différentes lignes, mais une volonté de renouveau, de changement de style. On peut être combatif autrement, revendiquer sans gueuler.

Vous n’êtes pas un peu trop pondérée?

Je sais m’énerver quand il le faut. Par exemple quand j’entends des théories sur le Grand Genève, alors que cela ne marche qu’à sens unique au profit de la France!

Quand le président du Conseil municipal MCG se donne en spectacle lors d’une séance, vous considérez que c’est normal ou pas?

( Sourire) J’aime beaucoup Carlos Medeiros, mais il a exagéré. S’il s’était contenté de porter sa veste flashy dix minutes, cela aurait été suffisant.

Justement, il vient d’annoncer sa démission du MCG. C’est une bonne nouvelle?

Nous ne sommes pas très surpris; je respecte sa décision et les raisons lui appartiennent. Mais aujourd’hui mes préoccupations et mon énergie sont dédiées aux personnes qui restent, pas à celles qui partent.

D’un autre côté, l’atout du MCG, n’est-ce pas aussi ce grain de folie?

On peut amener des idées sans s’habiller avec des paillettes. Nous ne manquons pas d’élus compétents comme Thierry Cerutti, Sandro Pistis, Sandra Golay, Pascal Spuhler ou encore Mauro Poggia, qui est un très bon ministre.

Le MCG, en tout cas au Grand Conseil, est partagé entre une aile économique et une aile corporatiste proche de la police. Vous vous situez comment?

J’ai un pied partout: du côté associatif, puisque je dirige un club de foot aux Avanchets et la Maison de quartier, un pied dans la police, car mon mari travaille dans la sécurité. Je suis aussi une indépendante. Mais j’ai adhéré au MCG pour sortir du clivage gauche-droite. Au MCG, on vote sur des projets, et on évolue en fonction des problèmes de notre population, parfois ni à gauche ni à droite, parfois plus à gauche ou plus à droite.

Selon vous, votre parti est populiste?

Nous sommes proches du peuple et ce n’est pas un problème.

Opportuniste?

Non.

Semeur de zizanie, alors?

Le MCG sort souvent du politiquement correct. Cela peut s’apparenter à de la zizanie.

Le rejet des frontaliers est toujours au cœur de votre programme?

Nous ne rejetons personne, mais ce qui reste au centre du programme de notre parti, c’est de garder comme principale préoccupation les résidents genevois, la préférence cantonale à compétences égales.

Imaginons. Vous avez une baguette magique pour résoudre les problèmes genevois. Vous vous attaquez auquel?

Ce qui me tient à cœur, c’est la formation et l’emploi des jeunes. On voit trop souvent des jeunes qui cherchent du travail mais sont empotés, incapables de se débrouiller seuls, écrivent en faisant plein de fautes. Ils sortent du Cycle et là ils sont confrontés au test EVA, font le test pour un apprentissage, se plantent et les entreprises ne les engagent pas. Elles devraient faire un effort.

L’initiative UDC votée le 9 février 2014 voulait bloquer l’immigration. Qu’en pensez-vous?

L’immigration en Suisse n’est pas un problème. Un immigré qui habite en Suisse et paie ses impôts en Suisse ne me choque pas. Bien évidemment, on ne peut pas accueillir le monde entier, et il faut des limites. Pour les frontaliers, c’est autre chose.

Alors l’alliance entre le MCG et l’UDC est en danger?

Nous n’en avons pas encore discuté au Bureau du parti. Une rencontre avec le nouveau président de l’UDC Genève va être agendée ces prochains jours. (TDG)

Créé: 09.06.2016, 14h44

Articles en relation

Ana Roch croit possible d’empêcher l’implosion du MCG

Interview Elue vendredi soir par une assemblée générale, Ana Roch, la nouvelle présidente du MCG, prend la tête d’un parti en pleine crise interne. Elle se confie. Plus...

Eric Stauffer rate la présidence du MCG d'une voix

Politique genevoise Ana Roch, conseillère municipale à Vernier, l'a emporté par 59 voix contre 58. Pour Carlos Medeiros, «le MCG est mort». Plus...

Ana Roch sur le foot, Thobellem sur les muets, Gavillet sur les mondes...

Revue des blogs Et aussi: Eggly sur les Verts, Hayoun sur la Shoah, Jenni sur la spéculation, Buchs et Strobach sur les Municipales. Plus...

Biographie

Ana Roch est née en 1973 à Genève dans une famille galicienne. Elle a résidé et réside toujours à Vernier où elle est conseillère municipale. Mère de deux enfants, détentrice d’un CFC, elle dirige avec son frère l’entreprise créée par son père. Elle a adhéré au MCG en 2009. M.BN

Interactif

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...