Le Canton a son budget, c’est celui de la gauche

Grand ConseilLa majorité parlementaire formée par la gauche et le MCG a imposé 25,5 millions de dépenses de plus.

La conseillère d'Etat genevoise Nathalie Fontanet.

La conseillère d'Etat genevoise Nathalie Fontanet. Image: Keystone

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Le Grand Conseil a voté vendredi à midi le budget 2019 de l’État de Genève. Pour le dire simplement, c’est l’option de gauche, renforcée par l’apport déterminant du MCG, qui s’est imposée. Son objectif était d’offrir quelques moyens supplémentaires à des secteurs malmenés de la santé et du social. Les députés ont adopté ce budget par 52 oui contre 43 non (PLR, PDC et UDC) et une abstention.

Le budget affiche 8,616 milliards de francs de revenus et dégage un excédent de 27,8 millions. Il comprend également 757,3 millions d’investissements. La croissance des charges par rapport à 2018 dans le budget de fonctionnement est de 3%, ce qui permet la création de 377 emplois dans le grand État.

Les secteurs aidés

Le débat s’est principalement concentré sur les 25,5 millions de dépenses supplémentaires mis dans la balance par Ensemble à Gauche (EàG) afin qu’il accepte de soutenir le budget, contrairement à son vote en Commission des finances. Comme il les a obtenus et que l’Entente n’a rien tenté pour contrer la gauche radicale, l’accord passé avec le PS, les Verts et le MCG a tenu jusqu’au bout.

Dès lors, les HUG ont obtenu 8 millions de plus, l’Hospice général 7, les soins à domicile 8,2, la protection des mineurs et celle des adultes 500 000 francs chacune, tout comme les infirmières scolaires. Enfin, Police-secours reçoit un bonus d’un million de francs.

Nathalie Fontanet se défend

«Ce budget ne plaît pas à tous, mais il a rencontré sa majorité, a conclu Nathalie Fontanet, la conseillère d’État responsable des Finances, peu avant le vote final. Or le Conseil d’État avait besoin d’un budget en 2019 afin de pouvoir aborder les importantes échéances à venir que constituent notamment la réforme de l’imposition des entreprises et la recapitalisation de la Caisse de pension de l’État de Genève.»

La ministre PLR n’était manifestement pas favorable personnellement à ce que le Conseil d’État reprenne les amendements d’Ensemble à Gauche comme il l’a fait, mais, bonne joueuse, elle s’est adressée à la droite pour lui dire «qu’on ne pouvait reprocher à un groupe d’avoir trouvé une majorité».

En revanche, Nathalie Fontanet a un peu ironiquement réfuté le reproche d’un gouvernement aligné sur les opinions de la gauche radicale: «Non, le Conseil d’État n’a pas les mêmes positions que l’extrême gauche. Il n’est qu’à voir son refus constant de RFFA, la réforme de l’imposition des entreprises, que nous soutenons sans réserve.»

Si la conseillère d’État est revenue sur ce point, c’est que des propos très durs ont été tenus contre l’Exécutif cantonal par des députés de droite. L’UDC Eric Leyvraz l’a ainsi accusé «de se coucher devant Ensemble à Gauche» et «d’avoir perdu toute crédibilité». Le PLR Jacques Béné n’en pense peut-être pas moins, mais il s’est contenté de dire que son parti «n’a pas compris la position du Conseil d’État». Sur le résultat, son avis est plus tranché: «Ce budget est tout simplement scandaleux.»

Le PDC Jean-Luc Forni est tout aussi fâché qu’EàG ait réussi son coup de poker. Selon lui, le gouvernement «déboussolé par les affaires a trouvé son maître à penser en la formation d’Ensemble à Gauche».

«Un peu de sérénité»

Changement de ton avec la majorité victorieuse du jour. Pour le socialiste Thomas Wenger, «ce budget est un budget solidaire, responsable et nécessaire». Il estime que «le Parti socialiste a pris ses responsabilités, contrairement à d’autres partis gouvernementaux». Pour lui, «dans le climat politique délétère actuel, ce budget amène un peu de sérénité».

Vainqueur du jour, EàG relativise. «Ce budget ne répond pas encore aux besoins réels de la population, a déclaré Jean Burgermeister. Mais avec ces 25,5 millions supplémentaires que nous avons arrachés, nous donnons le signal qu’il est possible de rompre avec la politique de compression budgétaire suivie depuis si longtemps.»

Créé: 14.12.2018, 19h37

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