Le Beau-Rivage dévoile 150 ans de son histoire

HôtellerieL’hôtel cinq étoiles ouvre ses portes tout l’été aux Genevois pour une exposition éphémère.

Jacques Mayer, président du conseil d’administration, paie de sa personne pour faire revivre les douches d’antan.

Jacques Mayer, président du conseil d’administration, paie de sa personne pour faire revivre les douches d’antan. Image: Georges Cabrera

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Il n’y a pas que Sissi dans l’histoire du Beau-Rivage. Si le décès de l’impératrice Elisabeth d’Autriche est l’un des événements les plus marquants de l’établissement, l’exposition qui ouvre aujourd’hui donne l’occasion de soulever d’autres voiles de son histoire.

On sait moins, par exemple, qu’Eleanor Roosevelt, la veuve du président américain Franklin Roosevelt, y a élaboré la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. «C’est un pur produit genevois, estime Jacques Mayer, président du conseil d’administration de l’hôtel familial, et guide improvisé. Elle l’a imaginé, elle l’a rêvé ici dans son bain. C’était une femme très engagée.» D’autres y ont séjourné, comme Simone Weil ou Angelina Jolie.

L’exposition répartie dans deux salons du rez-de-chaussée est composée de panneaux explicatifs tirés du livre anniversaire, et de nombreux objets sortis du grenier. Photos, courriers, livres d’or, mais aussi matériel. On découvre ainsi une chaise percée avec le pot dans la table de nuit. Ou un règlement du personnel interdisant de monter par le grand escalier - «une mesure toujours en vigueur» - ou encore de siffler.

Les listes de prix révèlent une particularité de la fin du XIXe siècle: le prix de la chambre était inférieur au prix du repas! «Se loger était simple, il y avait de la place, explique Alexandre Nickbarte-Mayer, nouveau CEO. Se nourrir par contre était compliqué, il n’y avait pas de frigo.»

Et pourtant le Beau-Rivage était souvent à l’avant-garde des avancées technologiques, installant même en 1873 l’un des premiers ascenseurs hydrauliques de Suisse, ou encore «un éclairage au gaz lorsque l’électricité n’était pas encore arrivée jusqu’à Genève».

Certains événements marquants sont passés sous silence, comme la découverte du corps d’Uwe Barschel, président démissionnaire d’un land allemand, retrouvé dans la baignoire de sa chambre 317. «Il a fallu faire des choix, affirme Jacques Mayer. Nous n’avons pas non plus mis en avant la naissance de la Tchécoslovaquie entre nos murs, qui intéresse peut-être un peu moins les gens.»

Concernant Sissi, un coin lui est consacré, avec des coupures de journaux, une paire de gants et un chapeau, achetés aux enchères. Ses objets d’origine, comme le ruban tacheté de sang et ses fleurs, ne seront accessibles que sur demande dans une vitrine au premier étage. Le récit détaillé de son séjour est lui disponible dans le livre en vente à l’accueil. On y apprend aussi que la tête de l’assassin de Sissi, Luigi Luccheni, avait été conservée dans un bocal de formol au Musée d’Anatomie de Genève, et a failli finir au Beau-Rivage, avant d’être renvoyée en Autriche. Voilà qui aurait donné un tout autre visage à l’exposition!

De 14h à 19h jusqu’au 2 septembre

Créé: 16.07.2015, 20h32

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