Laurent Seydoux, le sprinteur qui veut parfois aller trop vite

Portrait de candidat au Conseil d'EtatSportif émérite et chef d’entreprise, le Vert’libéral est en quête de reconnaissance pour son jeune parti.

Image: Steeve Iuncker Gomez/Tribune de Genève

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Ne dites pas à Laurent Seydoux qu’il joue les seconds rôles dans l’élection partielle au Conseil d’Etat. Cela froisse son amour-propre. Certes, le chef de file des Vert’libéraux n’a rien d’un farfelu et, à 44?ans, il peut se targuer d’une belle expérience dans un Exécutif communal. Du coup, il veut croire qu’il est plus qu’un figurant dans le scrutin du 17 juin. Contre toute logique mathématique. Le Parti libéral-radical (PLR), de son côté, lui a trouvé un rôle clé: celui du traître qui, en volant des voix à Pierre Maudet, fera perdre au centre droit la majorité gouvernementale. Mais l’ancien comédien amateur, qui est jadis monté sur les planches avec la troupe Coup de Théâtre, est convaincu qu’il peut contribuer à la tenue d’un second tour moins favorable à la gauche. Cependant, il ne s’en cache pas: il s’agit avant tout pour lui et pour son tout jeune parti de tenir l’affiche jusqu’aux élections cantonales de 2013. Laurent Seydoux a besoin de faire parler de lui. Au-delà de Plan-les-Ouates, où il a été huit ans conseiller administratif et deux fois maire, il est encore peu connu.

Intelligent et dynamique

C’est donc du côté de Plan-les-Ouates qu’il faut se tourner pour savoir qui est le fondateur et président des Vert’libéraux genevois. Les échos qu’on y entend commencent généralement par des éloges: «intelligent» et «dynamique» sont les épithètes qui reviennent le plus souvent, même dans la bouche de ses adversaires. On dit aussi de lui qu’il «comprend vite» et a «toujours une idée d’avance».

«Il ne connaissait rien à l’aménagement en entrant au Conseil administratif, mais il s’est rapidement plongé dans cette thématique», note Geneviève Guinand Maitre, conseillère municipale socialiste. Pour Georges Rezwiakoff, ex-élu d’Action Villageoise, l’ancien parti de Laurent Seydoux, c’est une «locomotive». Sans doute celle d’un TGV.

Ce sprinteur – il a couru les 100 et 200?mètres en compétition nationale et le marathon de New York en 2010 – est un homme pressé. Dans la vie comme en politique. A 22?ans, au moment de quitter le nid parental du Lignon et alors qu’il n’est encore qu’en deuxième année de sciences économiques et sociales, il crée son entreprise de gestion de données informatiques, Lysoft. Toujours active, sa société compte parmi ses clients les universités de Genève et de Lausanne. Egalement formé comme entraîneur, il prend assez tôt des responsabilités dans le monde du sport, en intégrant le comité organisateur de la Course de l’Escalade et en présidant le Stade Genève Athlétisme à 27?ans. Sous sa présidence, le club participe aux Jeux olympiques et aux championnats du monde. «C’est quelqu’un qui a des idées et qui se mouille pour elles», dit de lui son prédécesseur à ce poste, Jean Sunier.

Fils d’un conseiller municipal démocrate-chrétien de Vernier, il se lance plus tardivement en politique. Mais là non plus, il ne perd pas de temps. Elu au Conseil municipal de Plan-les-Ouates en 2001, il accède à l’Exécutif à peine deux ans plus tard. Il œuvre alors sous la bannière d’Action Villageoise, un parti apolitique local. Réélu en 2007, Laurent Seydoux prend un virage politique en cours de législature. Entre-temps, Plan-les-Ouates est devenu une ville, et les ambitions de son magistrat ont aussi enflé. En octobre 2010, il convertit la formation villageoise en un parti cantonal, les Vert’libéraux. Pour ses détracteurs, il s’est ainsi, par opportunisme, créé un parti sur mesure dont il est la tête d’affiche. Une partie des anciens d’Action Villageoise le lâche alors, jugeant pour certains sa nouvelle formation beaucoup plus libérale que verte.

Un coureur solitaire

Le succès n’est pas au rendez-vous. Alors qu’Action Villageoise avait un temps été majoritaire à Plan-les-Ouates, les Vert’libéraux n’y décrochent que trois sièges en 2011 et Laurent Seydoux est éjecté de la Mairie. Le parti est représenté dans trois autres communes jusqu’au mois dernier, quand les deux élus qui l’avaient rejoint en Ville de Genève, s’étant aperçus que leur section n’était qu’une coquille vide, sont devenus indépendants. Et l’automne dernier, les Vert’libéraux genevois ont raté leur entrée au Conseil national, avec seulement 3% des voix.

Sa croisade pour un projet de mégacentre sportif aux Cherpines l’a certainement desservi face à l’électorat d’Action Villageoise, un parti créé à la fin des années 70 en résistance à un projet immobilier. Et aux yeux de beaucoup, avoir milité pour le déclassement de la zone agricole ne rend pas son côté écologiste très crédible.

Hélas, le sprint n’est pas un sport d’équipe… Dans le dossier des Cherpines, on a aussi reproché à Laurent Seydoux de trop travailler en solo, dans son coin, comme un chef d’entreprise qui n’a de comptes à rendre à personne. «Il peut être cassant et ne prend pas toujours le temps de convaincre, regrette Geneviève Guinand Maitre. A cause de cela, il essuie parfois des échecs.»

Le sprinter va-t-il trop vite en besogne? Même ses amis trouvent que sa candidature est prématurée. Réponse le 17 juin. (TDG)

Créé: 07.06.2012, 09h56

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Bio express

25 août 1965: Laurent Seydoux naît à Bienne.
1983-94: Il court le sprint en compétition, au niveau national.
1983-88: études d’électronique et de télécommunications à l’Ecole d’ingénieurs de Genève.
1988-91: études à la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Genève.
1989: crée son entreprise de gestion de données, Lysoft.
1993: épouse Caroline. Ils ont deux enfants, en 1995 et en 1998.
1994-2000: président du Stade Genève Athlétisme.
1994-2002: membre du comité de la Course de l’Escalade.
2001-2003: conseiller municipal à Plan-les-Ouates.
2003-2011: conseiller administratif. Maire en 2004 et 2008.
2011: battu aux municipales.
AN.G.

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