La route de Frontenex, point noir de l’été

CirculationLa Rive gauche perturbée par les chantiers, le trafic se reporte sur l’axe traversant les Eaux-Vives. L’État juge la situation «correcte».

Le temps de parcours peut être multiplié par six sur la route de Frontenex. Les travaux de la route de Chêne expliquent en partie la surcharge.

Le temps de parcours peut être multiplié par six sur la route de Frontenex. Les travaux de la route de Chêne expliquent en partie la surcharge. Image: Lucien Fortunati

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Il y a d’abord un sentiment: chaque matin, les files semblent plus longues sur la route de Frontenex, remontant parfois jusqu’à Cologny. La route pénétrante paraît immobilisée par le trop-plein de véhicules, auxquels s’ajoutent des bus ralentis, des cyclistes (et désormais des trottinettes électriques) déboulant de la Voie verte et se faufilant péniblement dans le trafic exceptionnellement dense pour un mois de juillet.

Puis Infomobilité, l’outil développé par l’État pour suivre l’évolution de la circulation en temps réel, confirme l’impression. Sur la carte interactive indiquant les ralentissements, la route de Frontenex se pare de rouge. À certains moments de la journée, il faut multiplier le temps de parcours par six dans la dernière ligne droite, celle qui débute à la hauteur du parc La Grange pour terminer à la place Jargonnant.

Mieux qu’en mai, mais…

La route de Frontenex subit-elle davantage de bouchons qu’à l’accoutumée? Questionné, le Départements des infrastructures a sondé ses ingénieurs trafic, qui ont établi des comparaisons sur l’artère pour les horaires de 7 h à 8 h du matin. La réponse est double: les durées de parcours sont effectivement plus longues qu’un mois de juillet «normal». En revanche, «les charges de trafic sont toujours inférieures au mois de mai», rapporte Roland Godel, porte-parole du département. En résumé, c’était mieux l’été dernier, mais pire il y a deux mois.

La convergence des véhicules sur la pénétrante qui fend le quartier des Eaux-Vives a une explication simple: plus haut, la route de Chêne subit en ce moment une coupure totale dans les deux sens. Chaque jour ouvrable ordinaire, environ 9000 véhicules y passent dans un sens et autant dans l’autre. Mais cet été, le fameux goulet de Chêne-Bougeries subit une impressionnante réfection, notamment pour y intégrer un aménagement cyclable dans le sens de la montée.

Trams changés en bus Image : Lucien Fortunati

Plus bas, un nouvel arrêt de tram est créé contre la gare des Eaux-Vives, elle-même encore en chantier. Ces travaux prévus jusqu’au 25 août impliquent le remplacement des trams par des bus (provisoires) déviés sur la route de Malagnou. «La répartition du trafic évacué de la route de Chêne s’effectue sur un large périmètre allant de Frontenex à Florissant en passant par Malagnou», observe Roland Godel. Mais pour le fonctionnaire, «les impacts du chantier sur les axes voisins ont pu être minimisés grâce aux diverses mesures mises en place». Il juge la situation «correcte compte tenu de l’impact important de ce chantier d’été exceptionnel».

En attendant le «U lacustre»

Ces travaux s’inscrivent dans la série d’infrastructures prévues par les projets d’agglomération. Genève ayant concentré ses forces sur le CEVA ces dernières années, il s’agit de les réaliser avant que les subventions fédérales ne passent à la trappe.

Ainsi, entre les infrastructures du projet d’agglomération et les finitions du CEVA, les chantiers se superposent sur le bitume de la Rive gauche. À la route de Frontenex, la situation est d’autant plus sensible que le feu placé à son extrémité constitue une porte d’entrée de la ville. Là, les bouchons ont commencé bien avant l’arrivée des pelleteuses. Pour les spécialistes de la mobilité, les bouchons du bas de la route de Frontenex sont causés principalement par l’étroitesse du quai du Mont-Blanc situé sur l’autre rive. «Il ne dispose par endroits que d’une seule voie, qui ne peut absorber l’entier du trafic», détaille Roland Godel. «L’été, les nombreux piétons qui traversent sur des passages non protégés pénalisent également la fluidité», ajoute-t-il.

À une plus large échelle, le projet de «U lacustre» – réalisation de deux fois deux voies de trafic sur les quais avec feux «intelligents» et capteurs de trafic, pistes cyclables bidirectionnelles et suppression de places de stationnement – promet de pacifier tout le centre-ville.

À l’image de la nouvelle piste cyclable longeant le quai Gustave-Ador et des 70 places rayées de la carte, une partie des travaux ont déjà été réalisés.

Créé: 22.07.2019, 06h39

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