La région est au cœur de la campagne fédérale

ÉlectionsQu’ils y soient favorables ou hostiles, les candidats genevois ont fait du Grand Genève un thème de la course pour Berne.

Samedi, à Meyrin, les socialistes organisaient leur première rencontre transfrontalière.

Samedi, à Meyrin, les socialistes organisaient leur première rencontre transfrontalière. Image: Olivier Vogelsang

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C’est autour du thème «la frontière: trait d’union ou séparation?» que les socialistes genevois, vaudois et français se sont réunis samedi soir à Meyrin. Une rencontre transfrontalière qui s’inscrit dans la campagne aux élections fédérales. Plus largement, chaque parti lancé dans la bataille pour Berne a, plus encore que par le passé, placé la frontière franco-genevoise au cœur de ses préoccupations. Que ce soit pour exprimer son vœu de la renforcer ou au contraire d’en atténuer les effets, voire de la faire disparaître.

Samedi soir, les orateurs PS, parmi lesquels les deux conseillers nationaux sortants, Carlo Sommaruga et Manuel Tornare, ont pour leur part exprimé leur attachement au Grand Genève. Relevant le «déficit d’identification de la population» au projet, le premier lance: «Organiser notre territoire nécessite une disparition des frontières politiques. Pour donner un nouvel horizon.»

La Bâtie et le CEVA

Manuel Tornare déplore, lui, que François Longchamp, à la tête du Département présidentiel, «se contente d’être un peu le roi des Belges» et assure que «le comité régional franco-genevois a trop longtemps été un concours d’éloquence entre les préfets français et Robert Cramer».

Au-delà des critiques, les candidats socialistes rappellent leur volonté de coopérer avec leurs voisins français, sans cacher la difficulté de porter des projets concrets sur le plan local. Carlo Sommaruga cite tout de même la culture en exemple, à l’image du festival de la Bâtie. Tandis que Thomas Wenger, sur la liste pour le national, est persuadé que «le CEVA sera sans aucun doute un maillon de cohésion».

Combat pour les zones franches

Pionnier du Grand Genève, le Vert Robert Cramer cite lui aussi le CEVA en exemple. Aux yeux du conseiller aux Etats sortant, c’est en grande partie à Berne que se joue l’avenir du Grand Genève. «Les infrastructures de mobilité, tel que le CEVA mais aussi les trams, se construisent notamment avec des financements fédéraux, insiste-t-il. Quand on parle de Genève à Berne, on parle de la région. Le Grand Genève est dans tous les dossiers: mobilité, assurance sociale, agriculture…» Et de citer la récente victoire du lobby genevois dans le projet Swissness, permettant aux zones franches de continuer à utiliser le label suisse.

S’il reconnaît l’importance de s’engager dans des dossiers franco-genevois tels que la défense des zones franches ou les droits de succession, le PLR Christian Lüscher, candidat à sa réélection au Conseil national, estime, à l’inverse de Robert Cramer, qu’il s’agit là de cas particuliers. «Le Grand Genève n’est pas du tout un thème fédéral», lâche-t-il.

Le candidat PDC Guy Mettan défend la thèse opposée. «Il faut promouvoir l’agglomération dans son ensemble auprès des administrations fédérales. Notre parti a été pro actif dans ce combat.» Les candidats PDC bénéficient d’ailleurs du soutien d’une association (lire nos éditions du 26 août). «Genevois sans frontière» n’est autre qu’une émanation du parti genevois dont le but est de défendre les intérêts des Suisses partis s’installer de l’autre côté de la frontière.

Un électorat à draguer

Car tel est aussi l’un des enjeux: séduire l’électorat suisse installé en France voisine. Le consulat de Lyon, qui couvre un vaste territoire entourant Genève (dont l’Ain, la Haute-Savoie, le Doubs et le Jura français) répertorie 32 306 citoyens suisses inscrits au droit de vote. «C’est clairement un enjeu électoral, souligne Robert Cramer. Si les Verts ont aujourd’hui deux sièges à Berne, c’est notamment grâce à l’excellent résultat de la liste sous-apparentée des Verts transfrontaliers il y a quatre ans.»

Pour convaincre les Suisses de l’étranger, rien de tel que de les mettre en avant. Les listes internationales ont fleuri. Sous cette thématique, Ensemble à Gauche présente neuf candidats, des «Suisses de l’étranger et militants engagés pour la solidarité internationale». Parmi eux: Juan Tortosa, l’un des maîtres d’œuvre de la manifestation franco-suisse Alternatiba Léman (lire ci-dessous). Mais aussi Stéfanie Prezioso: «Il nous faut lutter par tous les moyens contre les barrières que certains partis essaient de mettre en place et qui sont artificielles.»

Autre liste internationale, celle de l’UDC. L’un de ses membres, habitant de l’Ain, Jean-Jacques Dumat, réfute tout opportunisme électoral: «Tous les partis font la même chose. C’est la grande mode actuellement. En ce qui me concerne, je crois à la nécessité de renforcer la construction de l’agglomération afin que l’on vive bien d’un côté comme de l’autre de la frontière, en bonne entente», déclare-t-il tout en affichant son attachement à la patrie.

Enfin, le Mouvement citoyens genevois parle lui aussi du Grand Genève. A l’occasion du lancement de sa campagne, le MCG a présenté la semaine dernière une initiative, s’en prenant à l’un des textes fondateurs de la coopération franco-genevoise, soit l’accord de 1973 (lire nos éditions du 3 septembre). Le but: supprimer la rétrocession de l’impôt des frontaliers à la France par le Canton de Genève.

Créé: 09.09.2015, 09h38

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