La recherche sur les animaux pourra continuer

VotationsPar 64,42% des voix, l’initiative visant «un meilleur contrôle de l’expérimentation animale» est rejetée.


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Près de deux Genevois sur trois ont rejeté l’initiative proposant un «meilleur contrôle de l’expérimentation animale». Le texte visait à modifier la composition et le fonctionnement de la commission cantonale chargée d’autoriser les expériences scientifiques sur les animaux, afin de faciliter les oppositions. Par 64,42% des voix, la population a refusé d’y toucher.

À l’origine de l’initiative: la Ligue suisse contre l’expérimentation animale et pour les droits des animaux (LSCV). Pour son président Luc Fournier, la commission actuelle n’est qu’une «commission alibi», la majorité des sept membres étant favorable à l’expérimentation animale. Après y avoir siégé pendant vingt ans, il affirme que cette instance, soumise aux pressions des milieux de la recherche, a accepté des projets ne répondant pas aux critères légaux. L’objectif était donc de revoir son fonctionnement, afin qu’un seul membre puisse recourir contre des autorisations délivrées par la majorité.

Le résultat du vote ne déçoit pas vraiment Luc Fournier. Joint dimanche par téléphone, il réagissait positivement: «C’est notre meilleur résultat sur ce thème. Malgré la campagne de nos adversaires, qui prétendaient que l’initiative allait bloquer toute la recherche, un Genevois sur trois a envie que les choses changent.»

Explorer d’autres voies

Pour le président de la LSCV, il faut «continuer à mettre la pression sur les universités car elles ne feront rien d’elles-mêmes. C’est évident: il faut explorer d’autres voies que l’expérimentation animale. Cela se fait déjà.» Et d’évoquer la culture des «organoïdes», ces mini-organes (poumons, cerveaux) cultivés à partir de cellules ou de tissus prélevés sur des humains. Une piste encourageante, selon lui, d’autant plus que «la Suisse et Genève sont très actives dans ce domaine».

Le recteur de l’Université de Genève n’est pas opposé à explorer d’autres voix. Confiant son soulagement, hier, à l’annonce des résultats, Yves Flückiger a remercié les Genevois qui «ont souhaité maintenir la qualité des soins et préserver l’excellence de la recherche. Mais ce vote va nous encourager à chercher des méthodes alternatives à l’expérimentation animale, ce que nous faisons déjà. »

Davantage de transparence

Point de triomphalisme, donc, de la part du recteur, qui sait bien que l’expérimentation animale demeure un sujet sensible. Il s’attendait même à un score plus serré. Comme il l’a fait avant le vote, Yves Flückiger s’engage à «ouvrir les animaleries aux journalistes, afin de montrer ce qui se fait et pourquoi, parfois, on doit le faire.» En soulignant que «le cadre actuel est l’un des plus rigoureux de Suisse».

Chaque année, 40000 animaux sont utilisés par les laboratoires des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l’Université, dont 99% de souris et de rats. «Les autorisations d’expérimentation ne sont délivrées que si aucune méthode alternative ne permet d’atteindre le but recherché et au terme d’une pesée d’intérêts entre les contraintes subies par l’animal et le gain escompté pour la société», rappelait Yves Flückiger fin octobre, aux côtés du directeur général des HUG Bertrand Levrat. Tous deux s’étaient engagés de manière inédite dans une campagne politique, signe du danger que représentait pour eux l’initiative.

Initiative fédérale

Le sujet n’est pas clos. Une initiative populaire fédérale qui a abouti en mars vise un but bien plus extrême: l’interdiction de toute expérimentation sur les animaux et l’être humain. L’importation de produits, dont les médicaments, ayant fait l’objet d’expérimentation animale ou humaine, serait également bannie. En outre, la Constitution devrait reconnaître l’expérimentation animale comme un mauvais traitement infligé aux animaux et donc constitutive d’un crime.

«Nous en parlons avec les autres universités suisses, commente Yves Flückiger, mais il me semble que le texte soumis aux Genevois ce dimanche était plus délicat, car il ne proposait en apparence qu’un meilleur contrôle. Quand le propos est extrémiste, le risque me semble moindre.»

Créé: 24.11.2019, 19h32

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