La première éco-crèche en forêt s’ouvre à Dardagny

Petite enfanceLes enfants dès 2 ans et demi peuvent passer deux matinées par semaine uniquement en plein air. Un début.

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On perce à la taraudeuse. On frappe des pieux à la masse. Le bois coupé attend d’être assemblé pour former un canapé forestier. Une dizaine de bénévoles ont monté le week-end passé la structure centrale d’une crèche d’un autre genre, dont on annonce la naissance le 26 août, au bord de l’Allondon, à Dardagny. Prénommée éco-crèche en forêt, elle s’apprête à accueillir douze enfants, deux matinées par semaine. Un premier pas.

Présentation avec l’initiatrice et fondatrice de l’association La Bicyclette, Viktorie Skvarkova, chaussures de montagne aux pieds. «Ici, nous installons le canapé forestier, en rond, qui sera abrité par une bâche. C’est un lieu de repli si besoin et utilisé pour prendre les collations. Mais le but est de faire des activités tout autour, dans la forêt.»

Ciré indispensable

Le lieu choisi se situe à proximité de la bâtisse du centre nature de Pro Natura, idéal pour accueillir les enfants selon les conditions météorologiques. «Ce sera notre refuge s’il fait très froid ou s’il pleut très fort, mais, en principe, même s’il pleut, nous resterons dehors pour que les enfants puissent faire l’apprentissage de la nature», sourit-elle. Le ciré, la salopette sont indispensables. «Il faut que l’enfant soit libre de bouger. Nous ne voulons pas lui dire: tu vas te salir.»

La liberté, c’est le maître mot du projet. «Ils auront le droit de ramper, de grimper aux arbres s’ils le veulent, avec notre accompagnement. La seule limite, c’est la sécurité de l’enfant. Nous devons être beaucoup plus vigilants que dans une crèche.» Le groupe de bambins sera pris en charge dès 7 h 30 le matin, à la gare Cornavin pour ceux venant de Genève, et sera encadré par un psychomotricien et deux éducatrices, jusqu’au retour à 12 h.

D’autres crèches peuvent réaliser des sorties en nature. «Nous, nous proposons la continuité. Les enfants voient évoluer le lieu à chaque saison.»

«Cela renforce les enfants»

Samedi, un père de famille participant au montage avait déjà emmené son fils, l’un des premiers inscrits. Numi, 2 ans et demi – âge minimum requis – n’a pas perdu de temps en jouant avec des bâtons et une coquille d’escargot. «Nous habitons à Dardagny, où il n’y a pas de crèche. Il est très difficile de trouver une solution de garde, constate Daniel Tecklenburg. Alors nous avons choisi de le mettre ici une demi-journée pour commencer. Le reste de la semaine, on bricole, comme tout le monde!» En tant que maraîcher, il ne peut qu’être sensible à cette démarche: «C’est très bien que les enfants restent dehors. Cela les renforce.»

Si l’éco-crèche ouvre dans un premier temps deux fois dans la semaine, c’est principalement pour des raisons financières. Le tarif qui s’élève à 70 francs par enfant et par matinée peut freiner les plus motivés. «Nous souhaitons proposer les mêmes prix que dans une crèche classique, mais nous attendons une réponse à notre demande de subvention faite à la Ville de Genève, à Dardagny, Russin et Satigny», explique Viktorie Skvarkova.

«Tout est bien ficelé»

Pour obtenir l’autorisation d’ouvrir, le parcours a été semé d’embûches. «Au début, il y avait des inquiétudes, surtout par rapport à la question des intempéries et à la crainte que les enfants se perdent. Nous avons dû rassurer.»

Le feu vert est venu du Service d’autorisation et de surveillance de l’accueil de jour, dont la cheffe, Marielle Kunz, parle d’un «joli projet»: «C’est un dossier que nous suivons depuis plus d’une année. Nous avons demandé à l’association de faire des modifications, jusqu’à ce que tout soit bien ficelé. Aujourd’hui, le projet répond aux exigences, en ce qui concerne les besoins de l’enfant et le taux d’encadrement du personnel.»

L’autorisation a été délivrée pour une année, renouvelable, si les premiers pas de cette crèche en plein air sont convaincants. (TDG)

Créé: 17.08.2015, 20h07

Un concept venu d’Europe du Nord

Le concept de crèche en plein air est né dans les pays nordiques, essaimant en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne et dans bien d’autres pays. En Suisse, la première expérience de groupe de jeux en plein air remonte à 1996, à Wald, dans le canton de Zurich. La Suisse alémanique compte aujourd’hui une vingtaine de ces crèches à plein-temps. Viktorie Skvarkova, fondatrice de l’association genevoise La Bicyclette, s’est inspirée des expériences faites à Prague et à Zurich, où les enfants restent la journée dehors, quelle que soit la météo. Les siestes se déroulent en extérieur, les enfants étant protégés par des bâches. Dans le cadre de l’analyse du projet genevois, des collaboratrices du Service d’autorisation et de surveillance de l’accueil de jour se sont rendues à Zurich pour observer le système mis en place. S.R.

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