La police distribue du chocolat dans la rue

GenèveLa grève du zèle des policiers n'a pas eu lieu. Elle a été remplacée par une action plus modeste.

Carouge, le 29 janvier 2015, place du Marché. Quatre inspecteurs de la Police Judiciaire distribuent des tracts et des barres de chocolats aux passant.

Carouge, le 29 janvier 2015, place du Marché. Quatre inspecteurs de la Police Judiciaire distribuent des tracts et des barres de chocolats aux passant. Image: Georges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Bonjour, c’est la police. Un chocolat?» C’est ainsi que quelques dizaines de policiers, en civil et en congé, ont interpellé les passants dans la rue, jeudi matin. Un tract à la main, une barre chocolatée dans l’autre, et des explications sur la grogne dans la grande maison. La police a dû se contenter de ce syndicalisme façon îlotier.

En ce jour de grève, elle rêvait d’en faire plus. Les syndicats avaient donné rendez-vous à leur base à 6 h 30 devant le stade de la Praille pour une opération plus musclée. Elle a dû renoncer. «C’est un scandale, a rugi Christian Antonietti, le président du syndicat des gendarmes (UPCP). Dans les postes de police, la hiérarchie a empêché les gendarmes de nous rejoindre et les a menacés de licenciement. Nous vivons dans la terreur, nos droits sont bafoués.» De fait, avec la centaine de policiers présents, il n’était plus question de lancer l’action prévue.

L’idée du syndicat? Faire la grève du zèle en effectuant des contrôles routiers aux frontières, durant lesquels des tracts et des chocolats auraient été distribués. En clair, les gendarmes en service, et donc en uniforme, devaient arrêter les voitures et leurs collègues en congé (et en civil) distribuer les tracts.

Conforme au droit syndical? Ce n’est pas l’avis de la cheffe de la police, Monica Bonfanti: «Un gendarme en service n’obéit qu’à une seule entité: la hiérarchie de la police. On lui demande de remplir une mission, qui n’est pas de distribuer du chocolat. Quant aux contrôles routiers, ils sont ordonnés eux aussi par sa hiérarchie.» En clair, les syndicats n’ont pas à utiliser l’uniforme, et donc la force publique, pour leurs intérêts. D’ailleurs, une directive interdit explicitement le recours à des missions de police, comme les contrôles, à des fins syndicales.

Cela dit, la distribution de chocolat dans la rue a permis aux policiers de confronter leur réalité avec des petits patrons, des retraités ou des artisans, et vice versa. «Je vous comprends, même si vous restez privilégiés.» «Vous faites du bon boulot avec de sacrés horaires.» «C’est bien joli, mais comment peut-on vous aider?» «Vos manifestations à répétition nuisent à votre image.» Au final, des échanges qui paraissaient bien plus riches que les gesticulations syndicales.

Créé: 29.01.2015, 19h02

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.