La police cible les cyclistes: amendes et mauvaise humeur

GenèveDes contrôles visent ceux qui brûlent les feux ou roulent sur les trottoirs. Les cyclistes pointent des «aménagements aberrants».

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En théorie, rappeler les bonnes pratiques du vivre ensemble. Dans les faits, des contrôles et des contraventions. La police mène cette semaine une campagne destinée aux cyclistes. Mercredi matin, Plainpalais et le périmètre de l’hôpital ont tour à tour été quadrillés par une petite dizaine de gendarmes et d’agents municipaux. L’après-midi, les Pâquis n’y ont pas échappé.

Il est 10 heures quand les agents se postent autour de l’Hôpital cantonal. On scrute les carrefours, des contrôles du matériel et des amendes d’ordre sont annoncés: 30 francs pour un accès interdit, 60 lorsqu’un feu rouge est grillé. Le calepin s’ouvre rapidement.

«A Genève, c’est infernal»

Pour une cycliste qui emprunte la voie de bus entre l’avenue de Champel et la rue Lombard, la journée commence mal. Trente francs à payer dans les trente jours. «Le réseau cycliste de cette ville est illogique. En haut, je peux emprunter la voie de bus, mais pas ici, s’indigne-t-elle. Je viens de Bâle où les vélos sont vraiment favorisés. Genève, c’est infernal». L’enfer? En l’occurrence, un détour de plusieurs centaines de mètres et plusieurs feux de circulation à franchir pour relier deux points quasi adjacents. Rien n’y fait, l’agent fait son travail: «Parce qu’ils ne polluent pas, certains cyclistes se croient tout permis.»

Aînés en quête de courtoisie

Dans cette ville, les rapports entre cyclistes, automobilistes et piétons sont loin d’être apaisés. Le Conseil des anciens de Genève, invité à participer à cette campagne menée par la police, veut pourtant croire le contraire. «Nous souhaitons une cohabitation sereine, explique Micheline Toscano, du comité de l’association. Nous ne sommes absolument pas antivélos. Et les piétons ne sont pas toujours irréprochables», poursuit-elle en relayant le message plein de bon sens de ces aînés: «Un petit signe et un sourire = courtoisie et compréhension.»

Si seulement une contravention s’accompagnait d’un sourire. «Les cyclistes ont peut-être perdu l’habitude de nous voir sanctionner», relève le capitaine Daniel Hermann, gardant un œil sur les carrefours. Sur le trottoir d’en face, un cycliste envoie sur les roses l’agent qui lui fait signe de s’arrêter. Il souhaite poursuivre son chemin. Tentative stoppée au beau milieu d’un passage pour piétons où une poignée d’agents sont venus en renfort. Vélo à terre et cycliste emmené de force à l’écart où il recevra deux contraventions, l’une pour avoir emprunté la voie de bus, l’autre pour avoir poursuivi en selle sur le trottoir. Son comportement hostile lui vaudra un traitement spécial avec la vérification que sa monture ne figure pas au registre des vélos volés. Ce n’est pas le cas.

Nouveaux contrôles à venir

Lundi, la campagne PréDiRe a permis d’infliger 37 amendes d’ordre. Hier, le tableau de chasse s’est enrichi de 40 cyclistes en une matinée seulement et l'action se poursuivra vendredi.

Ciblés, les utilisateurs de vélo au quotidien portent quant à eux un regard sévère sur cette ville et ses aménagements. Un employé de l’Hôpital, fraîchement sermonné pour avoir roulé quelques secondes au milieu des piétons, énumère les exemples: «Prenez les bandes cyclables à contresens que l’on retrouve dans les zones 30. On a l’impression qu’on veut nous envoyer directement à la morgue!»

Créé: 23.09.2015, 15h40

Sondage

La police doit-elle contrôler plus souvent les cyclistes?

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