La pastèque déboule dans les champs genevois

TerroirAidée par le réchauffement climatique, la cucurbitacée pousse désormais à Meyrin. Visite à la ferme de Feuillasse.

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Commençons par la fin: la dégustation. Verdict de cette pastèque genevoise? Chaire colorée, douce, savoureuse et sans pépins. Il est midi et la visite organisée par l'Office pour la promotion des produits agricoles de Genève (OPAGE) se termine autour d'une table. Avis unanimes: la cucurbitacée genevoise n'a rien à envier à ses concurrentes étrangères.

Ils sont une dizaine à avoir souhaité découvrir la production, tous interloqués par l'objet de la visite: pastèques et melons genevois. On en produit donc chez nous? «Le melon est cultivé depuis longtemps. Mais il est fragile, raison pour laquelle nous nous limitons à de petites quantités. Quant à la pastèque, nous avons commencé il y a quelques années», explique Jean-Pierre Stalder, propriétaire de la ferme meyrinoise. Avec Christophe Stalder, son neveu et associé, ils ont commencé par une production de petite taille. Aujourd'hui, le produit semble mûr. Quand la saison sera terminée, 35 à 40 tonnes auront été écoulées par les Stalder.

Soin particulier

Au sortir de la canicule, la question s'impose: le réchauffement climatique est-il pour quelque chose dans l'apparition de ce produit méditerranéen dans nos champs? «On le voit année après année dans notre travail: le réchauffement climatique n'est absolument pas une illusion. Pour la pastèque, il est clair qu'il nous aide», coupe Jean-Pierre Stalder. Mais le climat n'est pas tout, la pastèque exige une attention particulière. «Plusieurs agriculteurs en Suisse ont tenté l'aventure avant nous, mais ils ont tous échoué», relèvent les agriculteurs.

Si elle pousse à Meyrin, c'est que les Stalder ont testé plusieurs techniques de culture avant de trouver la bonne. Sur ces deux hectares consacrés à la cucurbitacée, la plante obtient la chaleur sous des allées de buttes et de paillage plastique noir. Exigeant une eau abondante, elle est nourrie à travers un tuyau d'irrigation. Mais «l'essentiel avec ce type de produit est de le cueillir au bon moment», insiste Jean-Pierre Stalder. Pour le savoir, on ne tape pas dessus, mais on observe la fleur à l'aisselle de la tige des feuilles. Si elle est sèche, la pastèque est prête à être cueillie. «Nos employés érythréens, eux, n'ont pas besoin de cela. Ils repèrent en un coup d’œil les pastèques mûres», sourit l'agriculteur.

Le producteur en devenir doit par ailleurs savoir que la fleur femelle a besoin de mâles et de la visite d'insectes pollinisateurs. «C'est pourquoi nous avons 10% de mâles qui ne se consomment pas» souligne Christophe Stalder. Chaque pied donnera au final deux ou trois pastèques.

Encourager les producteurs

Avec deux producteurs de pastèque aujourd'hui en activité, Genève ne peut se targuer de satisfaire la demande locale. Mais depuis peu, on retrouve le fruit sucré sur les étals de Migros ainsi que dans les marchés ou à la ferme de Feuillasse, qui tire la moitié de ses revenus de la vente directe (de petits fruits, principalement).

Pour Jean-Pierre Stalder, un nouveau débouché est peut-être sur le point de se créer avec la pastèque genevoise. «Il faut que d'autres producteurs s'y mettent», encourage l'agriculteur qui compte bien proposer à des confrères de se lancer dans l'aventure. «Si on n'en produit pas suffisamment, nous courrons le risque de perdre le marché», dit-il. A son sens, cinq hectares de surfaces cultivées devraient suffire à satisfaire la demande nationale. (TDG)

Créé: 11.08.2018, 15h53

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