La mobilité douce devra se hâter lentement

DéplacementsL’Etat édicte un plan d’actions pour le réseau cyclable et piétonnier. On reste loin des objectifs.

L’Etat manque de moyens pour réaliser les objectifs découlant de l’initiative votée par le peuple en mai 2011.

L’Etat manque de moyens pour réaliser les objectifs découlant de l’initiative votée par le peuple en mai 2011. Image: Olivier Vogelsang

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’Etat se dote d’un plan d’actions pour développer la mobilité douce à Genève. Adopté à la fin d’octobre par le gouvernement, le document liste 56 mesures à entreprendre ou étudier jusqu’en 2018 pour faciliter la vie des piétons et des cyclistes. Le tout avec «une vision pragmatique et adaptée au contexte budgétaire actuel», selon les termes introductifs du conseiller d’Etat Luc Barthassat.

Ce pragmatisme contraint par les finances implique de s’asseoir sur les objectifs légaux découlant de l’initiative 144 pour la mobilité douce votée, de justesse, par le peuple en mai 2011. Celle-ci donnait jusqu’au printemps 2019 pour aménager notamment des pistes, ou à défaut des bandes, cyclables «continues, directes et sécurisées» sur tout le réseau routier primaire et secondaire du canton.

Cette sécurisation «n’est pas envisageable dans les délais», indique le nouveau plan. Elle représenterait 241 km à équiper sur routes cantonales, soit 49% de leurs tracés, et 156 km sur les réseaux communaux (50%). Chaque sens de circulation est compté dans ces kilométrages. A défaut, le plan d’action vise à supprimer les principaux points noirs pour assurer la sécurité des cyclistes et orienter ces derniers «vers des itinéraires sécurisés existants». L’objectif fixé pour l’horizon 2018 est d’aménager 49 kilomètres, soit 12,3% du solde. Entre 2011 et 2014, 75 km ont été réalisés, dont 40 sur le réseau cantonal.

Avec les moyens du bord

«Nous avons pu réaliser de nombreux aménagements lors des réfections de route, mais les crédits en la matière ont été divisés par 4 ces dernières années, explique le chef de la planification à la Direction générale des transports (DGT), Alexandre Prina. Nous essayons de mettre en œuvre l’initiative avec les moyens qu’on nous donne, mais il faudrait plusieurs dizaines de millions de francs pour réaliser ses exigences. L’avantage de ce plan, c’est son réalisme et sa transparence. On ne fait pas des promesses intenables. On liste des projets prioritaires et on dit le montant des crédits que les députés devront voter s’ils veulent les concrétiser.»

Le document suscite une réaction mitigée dans les milieux cyclistes. «Il comporte des éléments ambitieux, comme la voie verte, mais il n’aura de valeur que lorsqu’il aura été réalisé, commente Rolin Wavre, du comité de Pro Vélo. Le plan reste très en dessous des objectifs de l’initiative. Il signale des tronçons comme étant déjà aménagés alors qu’ils ne le sont que dans un sens, à l’image du quai Wilson. Et il ne dit pas grand-chose de la ville, alors que c’est là que se trouvent les espaces les plus contraints et difficiles à affronter pour les cyclistes.»

A la DGT, on note que le plan concerne surtout le réseau routier incombant au Canton, qui s’arrête aux portes de la Ville. L’une des options du plan est de mieux exploiter le réseau existant. «Une étude a montré que des cyclistes, notamment néophytes, restent sur les itinéraires dont ils avaient l’habitude en scooter ou en voiture alors que des cheminements plus sûrs et plus directs existent, hors des grands axes», indique Alexandre Prina. L’idée d’un calculateur informatique d’itinéraires fait son chemin à la DGT.

Cheminements parallèles

Autre option, pour la prochaine décennie: découpler le réseau cyclable des grands axes routiers pour créer des itinéraires parallèles. C’est dans l’esprit du compromis sur la mobilité qui germe au parlement. Mais cela pourrait impliquer des détours: «C’est admissible si le vélo est un aimable moyen de se délasser le week-end, mais pas si c’est un vrai moyen de transport quotidien», avertit Rolin Wavre.

Bien que mitigé, ce dernier loue certains aspects du plan d’actions, comme le développement prévu de stationnements pour deux-roues ou encore les actions de sensibilisation au respect dû entre les différents types d’usagers de la voirie publique. (TDG)

Créé: 12.11.2015, 19h23

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Suisse: il fera beaucoup plus chaud et sec en 2050
Plus...