La compagnie genevoise PrivatAir en faillite

AviationLe groupe, qui avait vu le jour en 1977, était un poids lourd de l’aviation d’affaires dans le canton.

Privat employait 226 personnes, dont une partie à Genève.

Privat employait 226 personnes, dont une partie à Genève. Image: Keyston

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Clap de fin pour PrivatAir. Ce poids lourd de l’aviation d’affaires à Cointrin a annoncé son dépôt de bilan dans un bref communiqué mercredi. Il indique que «ces dernières semaines, plusieurs événements ont eu un important impact sur ses affaires, ce qui l’a forcé à se mettre en faillite». La compagnie créée en 1977 dans le canton sous le nom de PetrolAir dit employer 226 personnes, en Suisse, en Allemagne et au Portugal.

Les habitués de la route de Meyrin connaissent bien son terminal situé entre l’axe routier et le tarmac. Le bâtiment carré orné d’un logo en forme de croix suisse, celui de la société, a été inauguré en 2002.

C’était la grande époque: PrivatAir, propriété de la famille milliardaire grecque Latsis, achetait un an plus tôt deux transporteurs aériens (Flight Services Group et Transair). Il se spécialise dans l’aviation de luxe et la location d’appareils. À la veille de la crise de 2008, il achète un Boeing, pour 162 millions de dollars.

Du Congo à l'Arabie saoudite

La crise, violente dans le secteur, puis la vente de la compagnie par la famille Latsis en 2009, marqueront un virage dans son histoire. En 2011, l’entreprise emploie 425 personnes, dont 73 à Genève, et gère une flotte de six Boeing mais les turbulences se précisent. Les nouveaux propriétaires, pour compenser la baisse des revenus dans l’aviation d’affaires, tentent de diversifier ses sources de revenus.

Sans succès? Contacté, son service de presse n’a pas répondu. On ne saura combien de salariés recense PrivatAir à Genève et quel est leur sort. Plusieurs mauvaises décisions ont été prises au sein de l’entreprise, croit savoir de son côté Stefan Eiselin, rédacteur en chef du site Aerotelegraph.com.

PrivatAir lance des liaisons en Arabie saoudite, entre Ryad et Jeddah, puis au Congo-Brazzaville. Si bien que rapidement, la majorité des revenus provient de la location d’appareils à des compagnies tierces. Le groupe a dans ce cadre collaboré avec Swiss et Gulf Air. En 2016, le fonds Silver Arrow Capital rachète 51% du groupe (puis fera déménager son siège à Zoug). Plusieurs coups durs s’ensuivront, notamment en mai 2017, quand le Scandinave SAS, qui avait mandaté PrivatAir pour s’occuper de ses liaisons entre Copenhague et Boston, décide de reprendre la main.

Grosses pertes en 2018

Les mauvaises nouvelles se précipitent cette année. En avril, le groupe congolais ECair, pour lequel PrivatAir fournit avions et équipages, fait banqueroute. Selon la RTS, ECair représentait le principal client de PrivatAir et la santé financière du second dépendait de celle du premier.

En août, Lufthansa, qui avait mandaté PrivatAir sur une liaison entre Frankfurt et Pune, en Inde, annonce sa fermeture. Fin octobre, PrivatAir perd sa licence aérienne en Allemagne, ce qui conduit à l’annulation des vols en Arabie saoudite, les aéronefs étant immatriculés en Allemagne. Cet automne, la justice genevoise prononce la faillite de la société, suite à une facture impayée, une décision qui a été contestée en interne, jusqu’à mercredi. (TDG)

Créé: 06.12.2018, 18h57

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