La campagne du «non» est lancée

Musée d’art et d’histoireLes opposants au projet d’extension sont prêts à batailler.

Les opposants au projet d’extension du MAH étaient réunis ce mercredi pour présenter leurs arguments en vue de la campagne.

Les opposants au projet d’extension du MAH étaient réunis ce mercredi pour présenter leurs arguments en vue de la campagne. Image: GEORGES CABRERA

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C’est dans les murs de l’institution centenaire que les opposants au projet d’agrandissement et de rénovation du Musée d’art et d’histoire ont lancé ce mercredi leur campagne. L’état d’esprit? Le comité référendaire – qui semble sûr de lui bien qu’il répète n’être qu’un David contre un Goliath – est apparu uni et déterminé. Sa force? Rassembler une alliance large – Ensemble à Gauche, UDC, Verts, Patrimoine suisse Genève, Action Patrimoine Vivant en première ligne –, motivée par une diversité de points de vue qui s’accumulent pour en découdre avec un projet jugé destructeur. Le dernier mot reviendra aux citoyens de la Ville, amenés à se prononcer le 28 février sur ce projet qui coûtera 132 millions de francs, dont la moitié de la facture sera payée par des dons privés.

Premier objet de leur courroux: le remplissage de la cour, dont le vide constitue pour les milieux patrimoniaux un élément essentiel. Plus largement, c’est le projet architectural de Jean Nouvel qui est attaqué, et la façon dont l’architecte a remporté le mandat en 1998, sans la mise en place d’un concours mais sur simple appel d’offres.

Le budget, lui, est jugé démesuré. Dans le même temps, les opposants estiment que le prix de la rénovation au mètre cube a été minimisé et que les risques de dépassements sont élevés. L’élément le plus litigieux – et peut-être le plus convaincant pour les indécis – reste le partenariat conclu entre la Ville et Jean Claude Gandur. L’homme d’affaires promet 40 millions et le prêt de ses collections au musée pour 99 ans. Ce mardi, la convention qui les lie a été réajustée, pour gommer les points ambigus.

Un «toilettage» qui ne change en rien l’opinion des «anti», qui craignent toujours «la privatisation d’un bien public». «Les charges induites par ce prêt, en termes d’assurances, de locaux mis à disposition de la Fondation Gandur ou de valorisation de ses collections n’ont pas été chiffrées. Il s’agit d’un chèque en blanc offert à un privé!» a soulevé Maria Perez d’Ensemble à Gauche.

La solution des détracteurs? Procéder immédiatement à une rénovation seule – qui aurait le même coût pour le contribuable que le projet avec extension puisque cette solution ferait perdre l’entier des dons privés. Puis étudier dans un deuxième temps les possibilités d’extension sous la Butte de l’Observatoire ou dans le bâtiment à l’arrière du musée, qui héberge aujourd’hui la Haute école d’art et de design.

Créé: 13.01.2016, 18h22

Le dessinateur, Exem, s'explique

Depuis que circule l’affiche du comité référendaire qui représente Jean Nouvel sous les traits d’un vampire (voir ci-dessus), des voix s’élèvent, reprochant aux opposants de personnifier le débat et de jouer sur une iconographie rappelant celle des années trente. Explications du dessinateur Exem.

Comment réagissez-vous aux attaques faites à l’affiche?

J’ai une grande admiration pour l’art et les affiches des années 30. Mais ce que je voulais représenter ici, c’est la vampirisation d’un projet par un grand architecte. Si quelqu’un y voit de l’antisémitisme, c’est mal barré. On ne peut me porter aucun soupçon de confusion avec ce qui s’est passé dans les années 30, qui stigmatisaient une population.

Et pour cela, vous vous êtes inspiré du film de Murnau?

Oui. Il y a une ressemblance réelle entre Nouvel et son Nosferatu, tel qu’il est représenté sur une photo du film restée fameuse. C’est de là que viennent les doigts crochus. Certains ont cru voir Gandur. Ce n’était pas mon intention, mais cela ne me gêne pas, car le partenariat qui le lie à la Ville pose un vrai souci pour la collectivité.

Avec cette affiche, vous avez choisi la provocation…

Elle a un côté polémique, c’est vrai. Mais je mise sur une certaine intelligence du public. Une caricature force le trait. Et je reste au niveau de l’allégorie, comme pour la campagne contre la destruction des Bains des Pâquis, où je représentais les milieux immobiliers sous les traits d’une pieuvre.

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