La bataille de l'urbanisation de Cointrin est lancée

AménagementAntonio Hodgers plaide pour deux déclassements pesant 2300 logements. Le peuple répondra le 9 février.

Le conseiller d’État Antonio Hodgers.

Le conseiller d’État Antonio Hodgers. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Le 24 novembre, une majorité (certes infime) de citoyens refusait à la fois le complexe projet du Pré-du-Stand et une bien plus modeste demande de déclassement au Petit-Saconnex. Même si comparaison n’est pas raison, ce double rejet est un mauvais signal pour le gros projet d’urbanisation de Cointrin, soumis en votation le 9 février car attaqué par référendum. Très clairement, les Genevois sont devenus frileux en matière de développement.

Responsable de l’Aménagement, le conseiller d’État Antonio Hodgers est conscient du risque. Mercredi, il a donc avancé les arguments qui justifient selon lui les deux déclassements de zone villa en zone de développement. Il n’était pas seul à plaider la cause, puisque Pierre-Alain Tschudi et Yvan Rochat, conseillers administratifs Verts de Meyrin et Vernier (les deux communes concernées), l’accompagnaient.

«Un secteur idéal»

«Situés des deux côtés de l’avenue Louis-Casaï, les deux périmètres sont idéaux pour une urbanisation, commence Antonio Hodgers. On est clairement déjà en milieu urbain et la desserte en transports publics est importante.» À terme, près de 2300 logements et 800 emplois pourraient être créés. «Si l’on veut éviter le mitage du territoire, il faut construire la ville en ville, comme c’est le cas ici, ajoute le conseiller d’État. Pour moi, ce projet répond parfaitement aux critères d’une politique écologiste.»

Le Canton n’est toutefois pas pressé et entend surtout, grâce à ces déclassements, se donner un potentiel de développement. L’urbanisation se fera de manière progressive, étalée sur des dizaines d’années (horizon 2050), en accord avec les propriétaires. «Un tiers des propriétaires sont prêts à partir aujourd’hui, précise Antonio Hodgers. Pour les autres, l’État ne va pas passer par le rouleau compresseur de l’expropriation. Nous lancerons des plans localisés de quartier lorsque nous aurons un périmètre disponible cohérent.»

Problème de nuisances

Mais le véritable point faible du dossier, ce sont les nuisances: le bruit des avions et de l’autoroute ainsi que la qualité de l’air. C’est du reste principalement sur ce point que les comités référendaires (des associations d’habitants) insistent.

Première mise au point: si les normes en termes de nuisances sonores ne sont pas respectées, il n’est pas possible de donner des autorisations de construire. Pour l’instant, environ la moitié des terrains sont dans ce cas. Mais le Conseil d’État parie sur les perspectives d’amélioration.

«Ce secteur bénéficiera directement de la réduction des émissions sonores que l’Aéroport devra respecter à l’horizon 2030, conformément aux objectifs fixés dans la convention du 22 mai 2019, liant l’Aéroport et le Canton», ajoute le responsable de l’Aménagement. En clair, l’entier des deux périmètres devrait devenir entièrement constructible d’ici à une dizaine d’années. Le Conseil d’État attend une évolution similaire pour la qualité de l’air.

S’il admet volontiers qu’une amélioration est nécessaire sur ces deux points, Antonio Hodgers réfute en revanche la critique souvent émise d’un accroissement des nuisances sonores par effet de réverbération sur les immeubles. L’étude d’impact aurait démontré que cet effet peut être anticipé par un urbanisme adapté (gabarit, emplacement, formes bâties, types de façades, matériaux et sols).

L’aval des communes

Pierre-Alain Tschudi a expliqué ensuite pourquoi les autorités meyrinoises avaient accepté les déclassements. En résumé, parce que le projet avait été discuté avec la Commune et qu’il permettra de doter Cointrin d’équipements publics et d’espaces verts.

Enfin, à ceux qui déplorent la volonté de loger des habitants dans un secteur aussi pollué, le Verniolan Yvan Rochat répond que c’est justement ces déclassements qui permettront d’assainir le futur quartier. Pour le conseiller administratif, ce projet est un moyen de pression supplémentaire pour diminuer les nuisances.

Créé: 11.12.2019, 19h29

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