La Ville et l’État déposent une nouvelle plainte contre la centrale du Bugey

NucléaireDéboutée en 2017, Genève revient à la charge contre la centrale nucléaire française située dans l’Ain.

La centrale inaugurée en 1972 est la plus ancienne de France en activité.

La centrale inaugurée en 1972 est la plus ancienne de France en activité. Image: Lucien FORTUNATI

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Cherchant depuis des années à faire fermer la centrale nucléaire française du Bugey, le Canton et la Ville de Genève reviennent à la charge. Située dans l’Ain, à 80 kilomètres à vol d’oiseau de Genève, cette centrale inaugurée en 1972 est la plus ancienne de France en activité. Pour les autorités genevoises, elle constitue un risque majeur pour la sécurité et la santé de la population, ainsi que pour l’environnement.

La Ville et le Conseil d’État, représentés par l’avocate et ancienne ministre française de l’Environnement Corinne Lepage, avaient déjà déposé une première plainte pénale en mars 2016. Mais ils ont été déboutés en juillet 2017 par le parquet du Tribunal de grande instance de Paris, qui considérait que les faits étaient insuffisamment qualifiés. Munies d’une expertise, les autorités cantonales et municipales déposent donc une nouvelle plainte pénale contre la centrale du Bugey. Selon le communiqué du Conseil d’État de ce mercredi, l’expertise souligne les fragilités d’éléments essentiels de l’installation nucléaire, des faiblesses de conception, ainsi que les risques liés à son site d’implantation, qu’il s’agisse de risques sismiques, d’inondation, ou la proximité d’un aéroport.

La plainte fait aussi valoir la multiplication d’incidents survenus au Bugey, puisqu’il y en a eu plus de 90 signalés par EDF depuis 2000, de même que des fuites de tritium à répétition. Cette centrale nucléaire est en outre directement concernée par les irrégularités détectées dans l’usine Creusot Forge, annoncées en 2016 par l’Autorité de sécurité nucléaire française (ASN).

Outre l’expertise, l’autre nouveauté dans la démarche des autorités genevoises est qu’elles se sont cette fois-ci constituées partie civile. Leurs précédentes actions menées contre le dépôt de déchets radioactifs et la centrale nucléaire du Bugey avaient en effet été rejetées par les juridictions françaises au motif d’un défaut de qualité pour agir. «En étant partie civile, nous comptons sur le fait qu’un juge d’instruction soit saisi de notre plainte et examine le dossier en détail, ce qui n’avait pas été le cas en 2016», confie le président du Conseil d’État genevois, Antonio Hodgers, qui reste toutefois prudent sur les chances de succès. «En trente ans de démarches contre Creys-Malville puis contre la centrale du Bugey, nous n’avons pas souvent été entendus par la justice française», ajoute le magistrat.

La plainte du gouvernement genevois est notamment motivée par la Constitution cantonale, laquelle stipule qu’il doit, par tous les moyens à sa portée, s’opposer à l’implantation d’installations ou de dépôts de déchets nucléaires sur le territoire du canton ou à sa proximité.

Créé: 19.12.2018, 19h39

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