La Ville engage six moutons pour tondre l'herbe du parc La Grange

Parc La GrangeLe Service des espaces verts (SEVE) fait dans la «tonte écologique». A quatre pattes. Récit champêtre.

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La vache broute, le mouton tond. L’une arrache tout, l’autre mange en surface. Pour prétendre à une «tonte écologique», mieux vaut donc opter pour les petits ovins plutôt que les gros bovins. Le Service des espaces verts vient ainsi de remplacer ses tondeuses électriques par du personnel à quatre pattes. Le projet ne date pas d’hier, mais le récent programme Urbanature, qui rêve à une Genève plus verte, s’est dit que le moment était venu de faire sortir du bois son animalité naturelle.

Chose dite, chose faite. Il y a dix jours, Guillaume Barazzone, magistrat urbain, a donné l’ordre d’externaliser six moutons faucheurs du parc animalier de la Bâtie pour les acheminer au parc La Grange. On a renoncé à faire escale au Jardin anglais, où l’herbe est rare (les pelouses postbicentenaire sont d’un moche, c’est à pleurer), pour aller chercher l’ombre et le calme au pied des fameux chênes centenaires colonisés par le Grand Capricorne.

Au pied de ces arbres sénescents, l’herbe est haute et belle. Fritz, Francis et Finette, trois «agneaux miroirs» nés en mars de cette année, se sont mis au travail sans rechigner, encadrés par leurs mères besogneuses, visiblement contentes de participer, à titre éducatif, à ce job d’été qui commence au printemps.

Leur présence ne passe pas inaperçue. Les courses d’école des classes enfantines sont les premières à en profiter. Habitués aux petites mains caressantes, les moutons se prêtent au jeu de la connivence spontanée les yeux dans les yeux. Cet enclos de 800 mètres carrés est en train de devenir l’attraction du parc La Grange. Il offre aux maîtresses qui se prennent au jeu l’occasion de commenter, à mots simples, cette «démarche s’inscrivant dans le développement d’une gestion écologique des espaces verts». Avec les proches ruches produisant le miel officiel de la Ville et les coléoptères nichant dans les troncs, on tient là un casting pédagogiquement stimulant.

Sans flatulences ni ballonnements

La cohabitation est programmée sur un mois. D’ici aux vacances scolaires, les six moutons auront tondu la totalité de la parcelle. Sans flatulences ni ballonnements intempestifs, contrairement aux vaches, plus sensibles dans leur transit quand on leur demande de «faire ça» ailleurs qu’à la maison. Les bêtes, ici, ont de l’entraînement. Elles ont déjà connu les écopâturages du Bois de la Bâtie, sorte de répétition générale avant leur intronisation sur l’herbe prestigieuse du parc La Grange.

Reste que cette délocalisation réussie n’est pas une spécialité genevoise. Depuis 2004, les mêmes animaux sont utilisés pour tondre les espaces verts lausannois, ceux pentus et difficiles d’accès pour les hommes et leurs machines. Une décennie avant Urbanature.

(TDG)

Créé: 03.06.2014, 19h17

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