La Haute-Savoie franchit la barre des 90 000 frontaliers

PhénomèneLa répartition des fonds frontaliers permet de savoir où résident les habitants de France voisine actifs à Genève.

Annemasse compte le plus grand nombre de frontaliers.

Annemasse compte le plus grand nombre de frontaliers. Image: Lucien Fortunati

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Ils sont désormais 91 894 (contre 89 366 en 2016) à habiter en Haute-Savoie et à travailler à Genève. Un chiffre à mettre en relation avec les 820 000 habitants du département voisin, dont 60% sont actifs. Annemasse conserve la tête du classement, avec 8332 frontaliers. Ce terme est à entendre au sens large, soit les titulaires de permis G mais aussi les Suisses et binationaux résidant dans le département.

Comme chaque année, on obtient un panorama détaillé du phénomène à travers la répartition de la compensation financière genevoise (CFG), votée mardi par le Département de la Haute-Savoie. Il est ainsi possible de savoir combien chaque ville ou village abrite de travailleurs actifs dans le canton de Genève. Mais aussi combien chaque commune perçoit au titre de la CFG.

Une nouvelle commune

Seuls deux villages n’ont aucun frontalier, Novel et Le Bouchet. Les mêmes que l’an dernier. Parmi les nouveautés marquantes, on citera la progression d’Annecy, qui se classe désormais en deuxième position, juste derrière Annemasse. L’explication réside dans la création d’une commune nouvelle regroupant Annecy, Annecy-le-Vieux, Meythet, Pringy, Cran-Gevrier et Seynod. Cette entité abrite du coup 6971 frontaliers. Soit tout de même 266 de plus que l’an dernier.

Autre conséquence en cascade de ce changement administratif: Saint-Julien atterrit sur la dernière marche du podium. Pourtant, avec 218 pendulaires supplémentaires, la commune voisine connaît une progression, due notamment aux déclarations de faux résidents secondaires. «Grâce à nos efforts dans ce domaine, on enregistre une croissance supérieure à la moyenne départementale», indique le maire, Antoine Vielliard.

Suivent, dans l’ordre, Gaillard (3552) puis Thonon (2363). Certains frontaliers viennent de loin. Qu’il s’agisse des 14 habitants de Saint-Gingolph, aux portes du Valais, ou du solitaire venant de Chevaline, à l’autre bout du lac d’Annecy. À Chamonix, ils sont désormais 151. Ou encore 39 aux Gets.

Reste que la première couronne détient toujours le record en 2017. En franchissant la barre des 22 000 frontaliers, l’agglomération d’Annemasse concentre près d’un quart de la population frontalière. Sur les 281 communes, 185 connaissent une hausse. Elles sont 67 (contre une vingtaine en 2016) à enregistrer une baisse. Evian «perd» 12 pendulaires. Enfin,
29 communes stagnent, à l’image de Collonges-sous-Salève (1152).

Côté finances, malgré l’augmentation du nombre de frontaliers, le montant global de la CFG a diminué. Après la conversion en euros, la Haute-Savoie a perçu 185,1 millions, soit près de 18 millions de moins que l’an dernier. «Ce sont les aléas du taux de change», constate simplement Christian Monteil, président du Conseil départemental.

Moins d’argent par frontalier

Raison pour laquelle Annemasse, la commune qui touche le plus, perçoit 725 000 de moins que l’an dernier malgré une hausse de sa population frontalière. Cette année, un frontalier «rapporte» près de 1100 euros à sa commune, contre 1212 en 2016. En vertu de l’accord de 1973, ce sont en effet les collectivités locales frontalières qui récupèrent ces sommes (issues de l’impôt à la source, dont deux tiers restent dans les caisses cantonales). Ledit accord s’appuie principalement sur le constat des «charges publiques que les communes de l’Ain et de la Haute-Savoie supportent à raison de leurs habitants travaillant à Genève».

En 2017, la dotation aux communes baisse de 108 à 101 millions d’euros. Les intercommunalités voient, elles, leur part augmenter (de 5 à 6% de l’enveloppe globale). Enfin, le fonds départemental d’interventions structurantes atteint 34 millions. «De quoi cofinancer, comme son nom l’indique, d’importantes infrastructures, telles que la poursuite du désenclavement du Chablais, les travaux en gare d’Annemasse et dans les autres gares CEVA. Ainsi que la suppression des passages à niveau, commencée suite au drame d’Allinges», détaille Christian Monteil. (TDG)

Créé: 12.12.2017, 18h33

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