La Confédération encense la Cour des comptes

AuditLe Contrôle fédéral des finances tape dans le dos de la Cour. Mais il lui demande de communiquer mieux.

Stanislas Zuin, président de la Cour des comptes.

Stanislas Zuin, président de la Cour des comptes.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Peut-on entendre des experts ronronner comme des chats satisfaits? Ce son inattendu semble sortir du rapport que le Contrôle fédéral des finances vient de consacrer à la Cour des comptes genevoise. Rendu public mardi, il lui décerne un beau satisfecit: «La Cour réalise ses évaluations selon les standards de la Société suisse d’évaluation et les lignes directrices des institutions supérieures de contrôle des finances publiques. (…) Elle cherche constamment à s’améliorer (…). Elle a développé l’assurance qualité, tâche confiée à un magistrat.»

Encore un compliment? Le Contrôle note avec une pointe de jalousie, en fin de rapport, que ses propres recommandations à la Confédération sont moins suivies que celles de la Cour aux institutions locales…

Thèmes «pertinents et originaux»

Déroulé sur 43 pages, l’audit a été réalisé à la demande de la Cour genevoise. Compliments mis à part, il passe en revue les processus permettant à l’institution de réaliser sa mission d’évaluation des politiques publiques: depuis le choix des thèmes d’examen, jugés «pertinents et originaux», jusqu’aux recommandations (largement acceptées), tout y passe. Ici ou là, des pistes d’améliorations (on hésite à dire des critiques) sont avancées: le Contrôle fédéral évoque une meilleure gestion de projets possible, la mise en place de groupes d’accompagnement des audits regroupant l’institution et les audités quand ils sont nombreux afin d’apaiser les conflits potentiels. Pour obtenir des renseignements en cours d’examen, des sondages pourraient aussi être organisés à côté des entretiens approfondis et des analyses de données pratiquées normalement.

Ici ou là, le Contrôle relève des bulles: par exemple, le magistrat chargé de constater le suivi des processus qualité des audits n’a pas assez de compétences pour défier les experts qui les accomplissent. Le temps nécessaire aux audits est régulièrement sous-estimé lors de la planification de ceux-ci.

Mieux vulgariser

C’est en matière de communication que les efforts les plus marquants devraient être faits. La Cour devrait s’aventurer avec prudence sur les réseaux sociaux. Revoir ses rapports, trop souvent longs et ardus, ce qui «ne facilite pas la lisibilité et l’accessibilité pour un public plus large».

Ils situent en outre trop peu le sujet examiné par rapport à son contexte budgétaire, institutionnel, etc. Bref, «il y a un besoin de vulgarisation et une nécessité d’en venir plus rapidement aux principaux résultats». À l’appui, le Contrôle fédéral cite un article paru dans la Tribune de Genève à l’occasion des dix ans de l’institution, qui arrivait aux mêmes conclusions. Le rapport tombe bien. En septembre, le peuple sera appelé à en renouveler les magistrats. (TDG)

Créé: 26.04.2018, 11h35

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Amherd, première femme à la tête de l'armée suisse
Plus...