L’odeur de l’argent humanitaire suisse

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L’argent n’a pas d’odeur, dit le proverbe. Pour le financement de l’action humanitaire suisse, pourtant, l’éthique et la politique viennent bousculer cet adage populaire. Au printemps dernier, le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, avait vivement critiqué l’action de l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui vient en aide aux Palestiniens.

On peut en effet s’interroger sur l’utilisation du financement suisse de l’UNRWA

La Suisse est un des principaux contributeurs de l’agence, à hauteur de 27 millions de francs par an. Le conseiller fédéral estimait alors que l’UNRWA faisait «partie du problème» plus que de la solution au conflit israélo-palestinien. Cette remise en cause entrait en contradiction avec l’action humanitaire et diplomatique suisse menée jusqu’ici. Et Pierre Krähenbühl, qui dirige l’agence humanitaire, basée à Genève, s’en était étonné.

Une récente étude de l’ONG israélienne «Impact-SE» vient de remettre en cause une des actions de l’UNRWA. Elle s’est penchée sur le contenu des manuels scolaires palestiniens des années 2017-2018 et 2018-2019. Sur tous les sujets qui concernent Israël, le terrorisme et l’islamisme, les textes sont encore plus radicaux que par le passé. L’existence de l’État hébreu est remise en cause. Aucune coopération israélo-palestinienne positive n’est citée. Les auteurs d’attaques terroristes sont présentés comme des héros et la culture du martyre est enseignée aux enfants. La thématique du retour est largement développée. Plusieurs pages sont consacrées au nationalisme arabe au travers de la figure de Saladin ou de l’histoire de la lutte pour l’indépendance des Algériens. Et l’islamisme le plus radical est loué. Dès lors, on peut en effet s’interroger sur l’utilisation du financement suisse, alors que la Confédération défend une solution à deux États bien loin du contenu de ces manuels scolaires. Pour d’autres raisons, l’Amérique de Trump a suspendu son financement de l’UNRWA, l’automne dernier.

Une autre question éthique et idéologique émergeait concernant le CICR. Dans un article publié le 30 novembre, le quotidien français «Le Monde» , titrait sur «la crise éthique» de l’organisation basée à Genève. La double casquette du président suisse, Peter Maurer, également membre du conseil de fondation du Forum économique mondial de Davos, poserait problème et aurait suscité quelque remous dans l’institution. D’autant que le Forum de Davos a pris parfois des positions qui pourraient nuire à la sécurité des employés du CICR sur le terrain. Ce fut le cas avec la publication d’un rapport intitulé «Trois façons de vaincre l’État islamique».

Par ailleurs, le partenariat du CICR avec des entreprises est également sur la sellette. Ce fut le cas avec LafargeHolcim, dont la filiale syrienne a été mise en cause pour avoir payé Daech afin de poursuite son activité sur site. Ou lors d’un partenariat avec l’agence gouvernement chinoise Xinhua.

Avec un budget en constante augmentation, atteignant les 2 milliards de francs en 2018, le CICR a des besoins financiers que la contribution des États ne couvre pas. L’UNRWA est quasi exclusivement financé par les États. L’argent manque, alors que la question éthique se fait plus pressante… (TDG)

Créé: 09.01.2019, 18h11

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