L'hôtelier de tous les superlatifs

RencontreChristophe Hilty a pris la tête de l'hôtel Richemond en juin 2015

Christophe Hilty, nouveau directeur de l'hôtel Richemond depuis juin 2015.

Christophe Hilty, nouveau directeur de l'hôtel Richemond depuis juin 2015.

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C’est «magique», c’est «fascinant», c’est «incroyable», bravo! Le nouveau directeur général de l’hôtel Richemond n’est pas avare en superlatifs. Il nous promet d’emblée qu’il n’a «rien à cacher», au moment d’enregistrer l’entretien. Pourtant, Christophe Hilty nous intrigue. Déjà par son accent, totalement indéfinissable, d’homme multilingue. Cherchant parfois ses mots en français comme quelqu’un qui n’a pas pratiqué sa langue depuis très longtemps.

Ses racines sont à éclaircir: un article le dit d’origine suisse, un communiqué d’origine française. «Mon père était Alsacien et ma mère Allemande, rétablit-il. Je suis né en Allemagne, par contre mon nom, Hilty, est d’origine saint-galloise. Une branche est restée en Suisse et l’autre est allée s’installer près de Strasbourg. Mais nous avons passé 25 ans à Bruxelles.» Vous suivez?

Cela dit, le futur hôtelier est bercé par les histoires genevoises: «Mon père, lors de son premier mariage, gérait une société d’aluminium entre Genève et Lausanne. Il nous racontait beaucoup sa belle vie à Genève, comme on y appréciait la bonne cuisine, les bons vins.» Quelle que soit la question posée, il ramène la réponse au Richemond, parsemant son discours d’anecdotes ressassées à la presse, comme Sacha Guitry qui écrivait au petit chien de la famille propriétaire pour réserver sa suite à l’hôtel. Mais le Richemond, on connaît, c’est lui que l’on veut découvrir. Derrière la cravate rose, qui?

Une mémoire sélective

Une seule chose est sûre, Christophe Hilty enjolive bien des réalités. Il l’avoue lui-même, «les Verseaux sont un peu rêveurs, utopistes, croient un peu au bon». Avec lui, les souvenirs les plus effroyables se teintent d’humour. Il nous résume d’une formule son expérience des attentats de Riyad en 2003 contre les établissements occidentaux: «Quand je suis rentré, j’ai trouvé la porte de la chambre sur mon lit. Ce n’est pas là où je l’avais laissée.»

De même, son service militaire ne semble pas l’avoir traumatisé: «Je devais être agent de circulation à Lille. J’ai demandé s’il n’y avait rien de plus excitant que ça. J’ai pu devenir interprète français-allemand pour l’état-major à Strasbourg. C’était très bien, ça ne m’a fait aucun mal. La seule chose que j’ai manquée, c’est le défilé du 14 juillet!» Quand il décrit le restaurant de son établissement, il dit «la chance qu’on a d’être dans un monde où on ne va pas au restaurant pour se nourrir. Le restaurant, ici, doit remplir la fonction secondaire dans la pyramide de Maslow, c’est une affirmation de soi.»

Enfant, il se rêvait joueur de tennis professionnel. «Je trouve la compétition fascinante. J’étais plus attiré par les sports individuels, comme le golf, le ski, où l’on se bat plus contre soi-même que contre un adversaire physique.» Finalement, il revient à un parcours plus académique en entamant des études d’économie. «La rêverie c’est bien, mais il faut être réaliste.»

Il goûte à l’hôtellerie à Seattle grâce à un stage dans un établissement appartenant à sa famille. «Je m’y suis tout à fait retrouvé, je m’y suis plu comme un petit fou. J’avais apparemment ce talent de bien m’occuper des autres, avec un grand cœur, toujours prêt, toujours disponible.»

La théorie du 25/8

Il enchaîne à Londres comme concierge de nuit. «C’est là que vous voyez ce qui se passe vraiment dans un hôtel, cette magie des coulisses. Les gens appellent ça du 24/7, moi j’appelle ça du 25/8, car il n’y a plus de samedi, plus de dimanche, on court toujours après cette 25e heure et ce 8e jour imaginaires.»

Au Richemond, il compte mettre l’accent sur le soin du service. «Vous avez vu, j’ai appelé deux fois votre photographe par son prénom, pour montrer qu’il ne s’agissait pas juste d’un bonjour - au revoir.» (TDG)

Créé: 01.11.2015, 18h11

Bio Express

19 février 1971 Naissance en Allemagne, «au pied de la Forêt-Noire».


1989-1994
European University à Bruxelles, Bachelor of Business Administration.

1999-2002 Concierge de nuit au Four Seasons à Londres.
2003-2004 Chef réceptionniste au Four Seasons de Riyad.


2012 Mariage bouddhiste avec Raffaela, d’origine milanaise.

2013-2015 Directeur de l’hôtel 45 Park Lane, à Londres.

Juin 2015 Directeur général de l’hôtel Richemond à Genève.

Bio express

19 février 1971 Naissance en Allemagne, «au pied de la Forêt-Noire».

1989-1994 European University à Bruxelles, Bachelor of Business Administration.

1999-2002 Concierge de nuit au Four Seasons à Londres.

2003-2004 Chef réceptionniste au Four Seasons de Riyad.

2012 Mariage bouddhiste avec Raffaela, d’origine milanaise.

2013-2015 Directeur de l’hôtel 45 Park Lane, à Londres.

Juin 2015 Directeur général de l’hôtel Richemond à Genève.
































































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