L’histoire épique d’un aigle haut-savoyard à Dubaï

DocumentaireUn film dévoile les coulisses de la vidéo filmée depuis le dos de ce rapace haut-savoyard, s’élançant du plus haut gratte-ciel du monde.

Le principal défi de cet exploit a été d’amener l’aigle impérial Darshan sur un timbre-poste situé à 828 mètres du sol, à la pointe du Burj Khalifa, le plus haut gratte-ciel du monde.


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La vidéo originale filmée par la caméra embarquée sur l'aigle Darshan:

Même si on sait à l’avance que l’histoire se termine bien, elle nous tient en haleine pendant cinquante minutes. Cette histoire, c’est celle d’un aigle impérial parti en 2015 de Haute-Savoie pour aller à Dubaï s’élancer, muni d’une caméra, du sommet du Burj Khalifa, le plus haut gratte-ciel du monde. La vidéo de ce vol a été visionnée plus de deux milliards de fois. Les images filmées depuis le dos du rapace avaient époustouflé la planète, mais ne disaient pas toute la complexité et la folie de cet exploit, qui a nécessité des mois de préparation et connu moult rebondissements. C’est chose faite grâce au film «Un Aigle à Dubaï».

De multiples embûches

Ce documentaire, qui sera diffusé pour la première fois sur Ushuaïa TV le 15 février, dévoile les coulisses de ce tournage épique. Il a été réalisé par Olivier Riethauser, ancien journaliste reporter d’images chez Léman Bleu, et par Jacques-Olivier Travers, dresseur de l’aigle cameraman «Darshan» et créateur de la volière Les Aigles du Léman, à Sciez. Les deux compères, qui travaillent ensemble depuis une dizaine d’années, ont financé tout le film de leur poche.

Invités par le prince héritier de Dubaï, Jacques-Olivier Travers et Ronald Menzel, directeur de l’ONG genevoise de protection des oiseaux de proie Freedom, s’embarquent donc avec leur équipe et leur aigle pour les Émirats arabes unis. Suivis pas à pas par la caméra d’Olivier Riethauser, ils vont de surprise en surprise. Pourtant, ils n’en sont pas à leur coup d’essai, ayant déjà fait voler des aigles munis de caméras à la tour Eiffel et à Londres, dans le but de sensibiliser l’opinion publique sur les espèces sauvages menacées d’extinction. Mais à Dubaï, tout se fait dans la démesure et ce projet n’y échappe pas. Le prince décide ainsi que Darshan s’envolera du sommet du Burj Khalifa, à 828 mètres du sol.

Les embûches se multiplient jusqu’au jour J. Le principal défi est d’amener l’aigle à la pointe du gratte-ciel, car les deux cents derniers mètres de la tour ne sont qu’une structure vide où se succèdent des escaliers, échelles, portes et trappes dont aucune n’a les mêmes dimensions. Un vrai casse-tête pour y faire passer la caisse contenant le rapace, sans stresser celui-ci plus que nécessaire. Or, l’équipe n’a pas le droit d’échouer, vu les énormes moyens que le prince a investis dans ce projet.

Message lancé à la planète

À elle seule, l’ascension de ces deux cents mètres prend trois heures. Alors que Jacques-Olivier Travers reste au sol, d’où il appellera l’aigle pour être rejoint par lui au terme d’un piqué vertigineux, ses compagnons se retrouvent 828 mètres plus haut, entassés à plusieurs avec «Darshan» sur la pointe du gratte-ciel, un timbre-poste d’à peine un mètre carré. Parmi eux se trouve le fauconnier Yohann Dubouloz, qui a le vertige… Pour ne rien faciliter, la fenêtre pour le lâcher de l’aigle est très étroite puisque les images sont diffusées en direct sur la chaîne de télévision anglaise BBC et que cela doit se faire à la minute près.

Autant dire que quand on voit finalement l’aigle prendre son envol au moment voulu, on frissonne en imaginant l’émotion qui a dû saisir tous ceux impliqués dans ce projet. Pendant les six minutes où «Darshan» plane majestueusement autour du gratte-ciel, Ronald Menzel dispose d’une formidable tribune pour expliquer en direct à des millions de téléspectateurs pourquoi il faut protéger les aigles et d’autres espèces animales en voie d’extinction. «Le but de ce vol était de montrer que nous devons apprendre à cohabiter avec les espèces sauvages et à partager notre espace avec elles. L’aigle impérial, qui vivait autrefois dans toute l’Europe mais en a presque disparu, est un symbole.»

Avec ce genre d’exploits, Jacques-Olivier Travers veut toucher le public le plus large possible: «Notre métier, c’est de rendre sexy la conservation des espèces», lâche-t-il. Son prochain défi sera de survoler les plus grands glaciers d’Europe avec un aigle muni d’instruments pour mesurer la pollution qui les fait fondre.

«Un Aigle à Dubaï», documentaire, 52 minutes, vendredi 15 février à 20 h 40, sur Ushuaïa TV.

Créé: 11.02.2019, 07h09

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