L'habitat coopératif est plébiscité par les candidats

Élections cantonalesLes partis ont été sondés sur diverses thématiques sociales et durables, comme la question des coopératives d’habitation.

Un exemple d'habitat coopératif: La coopérative d'habitation Equilibre, située sur la route de Loex, à Onex.

Un exemple d'habitat coopératif: La coopérative d'habitation Equilibre, située sur la route de Loex, à Onex. Image: Steeve Iuncker Gomez

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À en croire les partis en lice aux élections cantonales, l’habitat coopératif a de l’avenir à Genève. Ce mode de logement rencontre un large soutien de la part des candidats sondés par Après-GE, la chambre de l’économie sociale et solidaire. Les membres de cette organisation ont consulté les partis sur cinq thématiques liées au développement durable: l’alimentation, la mobilité, la finance durable, l’insertion et l’habitat. Une cinquantaine de personnes – présidents de partis ou candidats – ont répondu à ce sondage, intitulé «Durabilitique», dont les résultats sont publiés sur Internet (www.apres-ge.ch). À noter que cinq des treize partis se présentant aux élections n’ont pas réagi: Ensemble à Gauche, l’UDC, le MCG, Genève en Marche et le PBD.

Des logements abordables

La «Tribune de Genève» a choisi de se focaliser dans un premier temps sur l’habitat, avant de traiter de l’alimentation dans un prochain article. Déplorant la faible proportion de coopératives à Genève (5% du parc de logements, contre 20% à Zurich), le Groupement des coopératives d’habitation genevoises (GCHG) suggère que leur soient octroyés davantage de terrains. Cette idée fait l’unanimité des sondés, qui y voient une bonne solution pour mettre sur le marché des logements à prix abordable. Au Parti socialiste, on rappelle que l’initiative de la gauche «Construisons des logements pour toutes et tous» vise justement à développer les coopératives, entre autres. Certains, à droite comme à gauche, souhaitent d’ailleurs que celles-ci prennent la forme d’écoquartiers alliant mixité sociale, convivialité, développement durable et engagement participatif des habitants.

À gauche, d’aucuns posent toutefois comme condition que les terrains en question restent propriété de la collectivité. «La maîtrise foncière par le Canton ou les communes est la base et la clé du logement à prix abordable», affirme par exemple Pierre Gauthier, de la Liste pour Genève. Du côté de l’Entente, on estime que s’il faut effectivement encourager la création de coopératives d’habitation, on ne doit pas oublier de faciliter en parallèle l’accès à la propriété via les PPE. «Les coopératives sont une solution intéressante qui fonctionne bien, considère le PLR Rolin Wavre. Mais il faut aussi veiller à ce que du logement en PPE soit proposé à la population, indépendamment de la manière dont le projet est mené (État, coopérative ou privé).»

Concertation nécessaire

Quant à la proposition d’intégrer les coopératives d’habitation en amont des projets d’aménagement, afin que ceux-ci répondent mieux aux besoins et aux attentes des futurs habitants, les avis sont plus partagés, et pas forcément selon un clivage gauche-droite. Dans tous les camps, la majorité pense que cela faciliterait l’acceptation des projets par la population. «La concertation est nécessaire, juge le PDC Mark Giannelli. Dans le cadre des plans localisés de quartier (PLQ), tous les acteurs doivent se mettre d’accord afin d’éviter les innombrables recours qui freinent le développement de notre canton.»

D’autres, en revanche, craignent que cela ne complique le processus, ou doutent de la faisabilité d’une telle mesure dans la pratique: «Sur le principe, je suis pour, mais la difficulté est que le partenaire «coopérative» soit déjà identifié au commencement du processus de mutation et de développement urbain, ce qui n’est de loin pas toujours possible», remarque la socialiste Carole-Anne Kast. Enfin, sur la question d’instaurer des incitations financières pour les constructions exemplaires en matière d’environnement ou de social, les opinions sont là aussi plus mitigées. La plupart des sondés y sont favorables. Certains précisent cependant qu’il faut pour cela fixer des critères objectifs, comme la performance énergétique ou la qualité des équipements publics. Le président des Verts, Nicolas Walder, estime quant à lui que les avantages fiscaux octroyés aux bons élèves devraient être compensés par des surtaxes visant les mauvais élèves.

La PLR Fabienne Monbaron est l’une des rares à être vraiment opposée à une telle mesure: «Ce ne sont pas des taxes ou des rentes de superficie différenciées qui doivent voir le jour, mais une adaptation des plans financiers de l’Office du logement.»

Créé: 08.04.2018, 18h10

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