L’aventure du verger participatif

SolutionsA La Plaine, les habitants de nouveaux immeubles exploitent collectivement une cinquantaine d'arbres fruitiers.

Guillaume Ferraris et Laure Vanoncini posent à côté des jeunes arbres plantés l’an dernier au Verger des Plages, à La Plaine.

Guillaume Ferraris et Laure Vanoncini posent à côté des jeunes arbres plantés l’an dernier au Verger des Plages, à La Plaine. Image: Maurane Di Matteo

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Bien que modeste, la première récolte est prometteuse. Surtout compte tenu du gel qui a frappé à Genève au printemps dernier. De quoi encourager les riverains exploitant le premier verger participatif genevois – inauguré il y a deux semaines à La Plaine – à poursuivre l’aventure. «Quelques arbres ont souffert du gel, mais dans l’ensemble, ils ont bien résisté, se réjouit Laure Vanoncini, présidente de l’association d’habitants qui gère le Verger des Plages. Nous avons déjà pu récolter un peu de cassis, des framboises, des raisinets et nous aurons bientôt des nèfles et des figues.»

Arbres choisis par les habitants

Une cinquantaine d’arbres et arbrisseaux ont été plantés il y a près d’un an, sur l’initiative de l’association Equiterre et de la Société privée de gérance (SPG), au pied de deux immeubles récemment construits par cette dernière près des berges du Rhône. Plus de trente habitants ont participé aux travaux de plantage, répartis sur deux week-ends en novembre 2016. Car ce sont eux qui vont prendre soin de ces arbres et s’en partager les fruits. Impliqués très tôt dans le projet, ils ont même pu choisir les essences qu’ils voulaient, sur les conseils du jardinier attitré d’Equiterre, Christian Bavarel. Celui-ci leur a suggéré des variétés adaptées aux conditions locales, dont certaines anciennes et oubliées. Pommiers, kiwis, pruniers, pêchers, cognassiers, noisetiers, néfliers, etc.: une quinzaine d’essences différentes composent le verger, que complètent des framboisiers et autres groseilliers, et même quelques pieds de vigne.

Pour avoir droit à sa part des récoltes, chaque membre de l’association du Verger des Plages doit participer pendant deux à trois demi-journées par an aux travaux de taille des arbres et de cueillette. «Pas de fruits pour ceux qui ne travaillent pas! prévient Laure Vanoncini. Nous avons décidé de ne pas clôturer le verger, car c’est un lieu de partage, mais nous ne voulons pas de cueillette sauvage, y compris par les membres de l’association.» Les règles sont claires, même si elles ne pourront pas empêcher un peu de maraude: les récoltes se font collectivement et les fruits sont ensuite partagés équitablement. «D’après Equiterre, d’ici quatre ans, quand chaque arbre produira jusqu’à 200 kilos de fruits, nous en aurons tellement que nous ne saurons plus quoi en faire! Quand les gens verront nos belles récoltes, cela va sûrement faire des envieux et attirer de nouveaux membres. Les habitants des immeubles voisins sont aussi les bienvenus.»

Promoteurs enthousiastes

Pour l’instant, une quinzaine de ménages, sur les 84 appartements que compte le complexe, ont répondu à l’appel d’Equiterre et de la SPG. «Au début, nous avions peur que les gens ne soient pas intéressés, confie Guillaume Ferraris, responsable environnement à la SPG, mais nous avons vite été rassurés. Lors des travaux de plantage, en novembre, il faisait froid et humide, mais les participants étaient très motivés.» La SPG a tout de suite été séduite par l’idée de ce verger participatif, venue d’Equiterre. «L’endroit nous a paru idéal, avec la renaturation en cours des berges du Rhône, explique Guillaume Ferraris. Et puis, c’est cohérent avec des bâtiments entièrement alimentés en énergies renouvelables. Il a fallu convaincre le maître d’ouvrage des immeubles, mais au final, nous avons respecté le plan de financement. Comme quoi, quand on veut, on peut!»

Le maître d’ouvrage paie même pendant trois ans les traitements phytosanitaires des arbres, ainsi que des cours de taille pour les membres de l’association du Verger des Plages. Ces derniers ont déjà d’autres projets en tête, comme installer une ruche et des nichoirs pour oiseaux. L’aventure ne fait que commencer!

Créé: 03.10.2017, 19h26

Le problème

De plus en plus de gens cherchent à renouer le lien avec la campagne et avec une alimentation saine et locale. C’est pour cela que les potagers urbains et l’agriculture contractuelle de proximité (comme les Jardins de Cocagne) ont autant de succès. Le Verger des Plages s’inscrit dans cette logique. «Je trouve génial d’apprendre à cultiver mes propres fruits, explique sa présidente, Laure Vanoncini. Cela permet aussi de voir que les fruits ne poussent pas à la Migros.»


















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