L’UNIGE classée meilleure université de Suisse

SciencesL’Université de Genève se place en 21e position au monde, selon le Nature Index. Un reflet de la réalité?

L'Unige se retrouve devant l’Université de Zurich (34e) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (41e).

L'Unige se retrouve devant l’Université de Zurich (34e) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (41e). Image: Lucien FORTUNATI

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Nous sommes très fiers de ce classement. Cela montre l’excellence des recherches menées à l’Université de Genève et en Suisse.» Yves Flückiger, recteur de l’UNIGE, ne cache pas sa joie. La dernière mouture du Nature Index Innovation – un classement publié le 10 août qui répertorie les 200 meilleures universités au monde – place son institution à une flatteuse 21e position et au premier rang suisse, devant l’Université de Zurich (34e) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (41e). «Compte tenu de notre taille et de notre budget, ce classement est exceptionnel, poursuit Yves Flückiger. Si l’on met à part les institutions nord-américaines, qui trustent les premières places (voir l’infographie), nous sommes troisièmes au monde.»

De nombreux classements

Un excellent résultat donc, mais dont il ne faut pas exagérer la portée. «Depuis la première édition du célèbre classement de Shanghai, en 2003, les rankings universitaires se multiplient. On en compte aujourd’hui une soixantaine dans le monde. Outre celui de Shanghai, les plus prestigieux sont le QS University Rankings et le Times Higher Education (THE), explique Alexander Nebel, responsable adjoint du budget et de la planification à l’EPFL, qui suit de près ces publications. Chacun possède ses critères de sélection et donc sa propre liste des meilleures institutions.»

Le Nature Index, par exemple, se concentre sur l’innovation et le transfert de technologies, en comptabilisant notamment le nombre de brevets déposés, alors que le classement de Shanghai s’intéresse davantage à la recherche pure (nombre de travaux scientifiques publiés, par exemple). Résultat: selon les rankings, les universités se positionnent différemment. En 2016, la dernière édition du classement de Shanghai plaçait ainsi l’UNIGE à un valeureux 53e rang mondial, mais derrière l’ETHZ (19e). «Dans notre monde numérique où tout est noté, des hôtels aux restaurants, les universités ne font pas exception. Cela rassure de résumer quelque chose de complexe en un seul chiffre, estime Alexander Nebel. Cependant, les gens qui s'appuient sur ces classements pour orienter leur choix d'étude devraient s'intéresser à leurs méthodologies, afin de comprendre leurs limites.»

Un outil de communication

D’autant qu’il devient «difficile de s’y retrouver parmi toutes ces notations, sourit Denis Dafflon, directeur des relations internationales de l’Université de Lausanne. Chaque université met en avant le classement qui la favorise pour assurer sa promotion.» Yves Flückiger ne s’en cache d’ailleurs pas: «Nous utilisons les rankings dans notre communication, notamment auprès des politiques, révèle le recteur de l’UNIGE. Il s’agit aussi d’un facteur d’attraction auprès des étudiants et chercheurs étrangers qui souhaiteraient nous rejoindre.» Autre son de cloche à l’EPFL: «Même si les classements que nous obtenons sont souvent flatteurs, nous communiquons très peu autour, raconte Alexander Nebel. La qualité d’une université ne peut pas se résumer en un chiffre. Ces classements représentent un croquis, réalisé par des personnes extérieures, d’un environnement extrêmement complexe que sont les universités. Au final, ils se révèlent toujours approximatifs.»

Un avis partagé par Fabian Greub, responsable des affaires publiques et porte-parole de l’Université de Neuchâtel: «Bien sûr, nous suivons les résultats de tous ces classements. Nous ne pouvons pas faire comme s’ils n’existaient pas. Mais nous les observons avec une grande prudence et beaucoup de retenue. Et ce d’autant plus qu’une petite institution comme la nôtre s’y retrouve souvent défavorisée.»

Autre écueil: la prééminence de certaines disciplines par rapport à d’autres. «Shanghai, par exemple, valorise le nombre de Prix Nobel d’une université, poursuit Fabian Greub. Mais il n’existe pas de Nobel en sciences humaines et sociales, matières que nous enseignons à Neuchâtel!»

Malgré ces critiques, le monde académique reconnaît l’intérêt des classements. «Ils nous permettent de nous comparer à la concurrence internationale, dans un monde globalisé, souligne Denis Dafflon. Et quand une université inconnue nous sollicite pour une collaboration, nous regardons son rang pour avoir une idée de sa compétence.»

«Les classements apportent une lumière sur une partie de la qualité des institutions, confirme Alexander Nebel. Ils sont donc utiles, mais il faut garder la tête froide, parce qu’ils comparent un peu des pommes et des poires. Mettre dans une même liste l’EPFL et Neuchâtel revient à se demander qui est le meilleur sportif suisse. Roger Federer? Lara Gut? Stéphane Lambiel? Difficile à dire puisqu’ils pratiquent tous des disciplines différentes.» (TDG)

Créé: 10.08.2017, 20h08

Articles en relation

L’Université lance une formation en relations publiques digitales

3 questions à un expert En collaboration avec l’école privée CREA, l’Université de Genève proposera de renforcer les compétences numériques des professionnels des relations publiques. Plus...

L’UNIGE crée un master sur la gouvernance

Formation L’Université et l’Unitar proposent une formation «unique au monde» Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Croisières: les superpaquebots débarquent
Plus...