L’UDC s’érige en rebelle de la traversée du lac

GenèveFavorable au principe d’un franchissement lacustre, le parti explique pourquoi il combattra le crédit d’étude que demande l’Exécutif.

L’UDC justifie son opposition au crédit par la finalité qui lui a été assignée explicitement par le Conseil d’Etat.

L’UDC justifie son opposition au crédit par la finalité qui lui a été assignée explicitement par le Conseil d’Etat. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

On a longtemps cru pouvoir distinguer un Genevois de droite ou de gauche en lui demandant s’il était pour ou contre une traversée du lac ou de la rade. L’affaire se corse. L’UDC, dont personne ne doute qu’elle ne soit de droite, a rendu publique sa détermination à refuser le crédit d’étude de 6,3 millions que le Conseil d’Etat a requis en juillet du Grand Conseil, lequel doit encore se prononcer.

Que se passe-t-il? L’UDC reste favorable à une traversée du lac, rassure la formation. Mais elle critique la gestion actuelle du projet par un centre droit qui, selon elle, le pilote «comme un thème de campagne électorale», et cela après avoir «saboté» la plus modeste traversée de la rade — ce tracé urbain que l’UDC a tenté en vain de ressusciter au moyen d’une initiative rejetée par le peuple en 2014.

L’UDC justifie son opposition au crédit par la finalité qui lui a été assignée explicitement par le Conseil d’Etat. Cette première tranche d’investigations (à peine un prologue, puisque les études complètes devraient excéder les 100 millions de francs) doit tout juste suffire à monter un dossier destiné à convaincre les Chambres fédérales d’accorder à Genève la dérogation nécessaire pour que le canton puisse lever un péage sur la traversée. Un péage que l’UDC rejette catégoriquement, allant jusqu’à le qualifier de «moyenâgeux».

Membre du conseil consultatif qui a planché durant neuf mois sur la traversée du lac, le député UDC André Pfeffer aiguise d’autres arguments. Il note que Berne a placé ses priorités sur l’élargissement de l’autoroute de contournement existante et que l’Office fédéral des routes considère pour l’heure la traversée du lac essentiellement «comme un axe régional», indigne donc de bénéficier d’un financement fédéral.

«Si Berne maintient son refus de payer, nos voisins vaudois et français devraient participer, estime l’élu. Les contribuables genevois représenteraient seulement 20 à 25% des usagers de cette traversée du lac et, de ce fait, il serait totalement stupide que Genève paye le 100% de la facture.» Le parti demande donc que la chose soit au préalable éclaircie avec la Confédération. L’UDC réclame aussi davantage de détails sur la répartition envisagée des premiers millions requis pour les études.

Dans l’immédiat et dans le sillage des travaux du conseil consultatif, la formation indique qu’elle appuie la solution retenue de «tunnel-pont-tunnel». Détaillée vendredi, cette option hybride consiste en un pont qui émergerait à distance des berges, tout en s’y raccordant par des souterrains.

(TDG)

Créé: 01.10.2017, 18h28

Articles en relation

Une passerelle piétonne suscite une union sacrée

Rade Tant en ville que sur le plan cantonal, des élus de tous bords relancent le projet de franchissement piéton parallèle au pont du Mont-Blanc. Plus...

Le futur visage de la rade se précise

Aménagements Un comité de pilotage réunissant la Ville et le Canton va notamment étudier les suites à donner au concours d’idées. Plus...

L’économie craint des bouchons redoublés

Pourtour de la rade Le lobby des entreprises en matière de mobilité se défie des projets de Luc Barthassat. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Russiagate: y a-il eu collusion entre Trump et Poutine?
Plus...