L’Oréal Suisse supprime des postes à Vernier

CosmétiqueLa filiale helvétique du géant français souffre du franc fort et de la concurrence de nouveaux acteurs. Le marché est saturé.

Marc-André Heller, directeur de L’Oréal Suisse, fait face à des ventes en baisse. Le chiffre d’affaires du groupe a baissé de 290 millions de francs en 2014 à 243 millions en 2017

Marc-André Heller, directeur de L’Oréal Suisse, fait face à des ventes en baisse. Le chiffre d’affaires du groupe a baissé de 290 millions de francs en 2014 à 243 millions en 2017 Image: Odile Meylan

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Journées sans e-mails pour favoriser le dialogue, télétravail, «Ethics Day réussi» en octobre, espaces de travail «entièrement repensés et aménagés pour favoriser une façon de travailler collaborative, dans un esprit de start-up». Les communiqués de L’Oréal Suisse vantant son approche moderne du travail ont été nombreux ces dernières années.

Tout n’est pas rose pour autant. L’Oréal Suisse vient d’annoncer, en interne cette fois, son intention de biffer des postes à Genève, a appris la «Tribune de Genève». La filiale helvétique du géant des cosmétiques remercie huit employés de sa division des produits professionnels de son siège à Vernier, où se trouve la majorité des effectifs du groupe.

Vagues de délocalisations

«Le marché suisse des produits capillaires professionnels a considérablement changé au cours des dernières années, avec une transformation en profondeur des habitudes de consommation et du marché de la vente au détail», justifie dans un e-mail Danielle Bryner, porte-parole du groupe. «Nos canaux de distribution et le paysage concurrentiel ont eux aussi changé de manière significative.»

L’Oréal Suisse subit des vents contraires depuis quelques années. En 2017, son service clients a été délocalisé partiellement et, l’année précédente, huit postes dans la comptabilité et les services informatiques ont été déplacés de Vernier dans des centres de la multinationale en France et en Allemagne. Les cas de burn-out seraient nombreux, le turnover important et l’ambiance délétère, selon une source qui préfère rester anonyme.

L’an dernier, L’Oréal Suisse recensait 420 employés, 36 de moins qu’en 2015. Son chiffre d’affaires a également diminué, passant de 290 millions de francs en 2014 à 243 millions trois ans plus tard. Au chemin de Blandonnet, le groupe occupe désormais deux étages, contre trois à son arrivée en 2009.

Son directeur, Marc-André Heller, en déplacement, n’est pas disponible pour commenter. Dans un entretien dans nos colonnes en 2016, le Veveysan indiquait que le tourisme d’achat et la force du franc avaient fait chuter les ventes du groupe en Suisse l’année précédente. Il soulignait également qu’une concurrence accrue de nouvelles marques misant sur des produits de niche et capables de facilement se promouvoir et vendre en ligne expliquait ses difficultés.

Tourisme d’achat

Le groupe L’Oréal est en croissance mais ses résultats viennent surtout des pays émergents, selon Jérôme Schupp. L’analyste actions chez Prime Partners ne se dit pas surpris des difficultés du groupe en Suisse, alors que le marché européen des produits cosmétiques sature et que le franc reste fort (un euro valait 1,20 franc vendredi). Une étude du cabinet genevois Imadeo indique que les produits cosmétiques figurent parmi les plus touchés par le tourisme d’achat dans le canton.

«Comme ceux de Nestlé, les produits de L’Oréal sont accessibles à tous depuis longtemps en Europe et aux États-Unis, ce qui rend toute forte croissance difficile, indique Jérôme Schupp. En même temps, tout le monde continue d’acheter car les marques sont établies.» Les Suisses figurent parmi les plus grands consommateurs de cosmétiques avec le Japon et la Corée du Sud: en 2015, ils ont en moyenne dépensé 180 euros, contre une centaine d’euros en Europe de l’Ouest.

L’Oréal Suisse existe depuis 1942, ce qui en fait une des plus anciennes filiales de la multinationale hexagonale. En 2009, le groupe a réuni ses différents bureaux en Suisse – dans le canton, à Zurich et à Renens – au sein de son bureau à Vernier. L’Oréal domine l’univers des produits cosmétiques, devant les firmes Unilever, P & G, Estée Lauder et le japonais Shiseido, et possède 32 marques internationales, de Lancôme à Giorgio Armani en passant par Yves Saint Laurent, Vichy, Diesel et Garnier.

Parmi les principaux actionnaires de cette société cotée en Bourse figurent la famille Bettencourt, la plus fortunée de France (un tiers des parts), et le géant vaudois Nestlé, qui détient près d’un quart de ses actions.

Créé: 20.04.2018, 17h24

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