L’État veut modifier le calendrier des vacances scolaires

ÉducationPâques seraient rallongées et la pause estivale écourtée. Parents et profs veulent, eux, désolidariser le congé pascal du calendrier religieux.

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Depuis plusieurs années, les associations de parents d’élèves et des enseignants demandent que le calendrier scolaire soit repensé. La durée des pauses et leur alternance avec les semaines d’école ne sont plus en adéquation avec le rythme d’apprentissage des écoliers, selon eux. Hier, le Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) a annoncé le lancement d’une consultation sur une modification du calendrier scolaire.

Ce nouveau calendrier impliquerait trois changements. Premièrement, les vacances de Pâques débuteraient, comme aujourd’hui, dès Vendredi-Saint mais s’étaleraient sur deux semaines au lieu d’une. Deuxièmement, le vendredi suivant l’Ascension deviendrait un jour de congé pour faire le pont. Troisièmement, en compensation, la pause estivale serait raccourcie, passant de huit à sept semaines. «Sur l’année, aucun jour d’école ne serait perdu», précise le DIP. La proposition est soumise jusqu’au 5 juillet à plus d’une centaine d’entités ou partenaires du DIP – dont les parents et les maîtres – par le biais d’une consultation électronique.

Cette modification du calendrier vise surtout à écourter la période entre Pâques et l’été, qui peut parfois compter douze semaines, et raccourcir la longue pause estivale qui peut engendrer une perte des connaissances scolaires chez de nombreux enfants, relève le DIP. Celui-ci rappelle que l’espace entre les vacances peut jouer un rôle dans les capacités d’apprentissage des élèves.

Le sujet préoccupe les politiques – trois motions ont été déposées au Grand Conseil – et surtout les associations de parents d’élèves et d’enseignants. Ces dernières restent d’ailleurs sur leur faim avec cette consultation. «Avec cette consultation, le DIP se contente d’opérer des modifications de dates, on n’interroge pas les rythmes d’apprentissage, que ce soit l’alternance entre semaines de pause et d’école», déplore Anne Thorel Ruegsegger, secrétaire générale de la Fédération des associations de parents d’élèves de l’enseignement obligatoire (Fapeo). «L’envie de réfléchir en profondeur sur les rythmes d’apprentissage des élèves est inexistante», regrette Jean-Pierre Martinet de l’Union du corps enseignant du secondaire genevois. Avec l’association de parents du secondaire II, ils demandent donc une réflexion «en collaboration avec des chronobiologistes et autres spécialistes».

D’autre part, ce nouveau calendrier ne règle pas les problèmes, selon eux. «En s’obstinant à lier les vacances de Pâques au calendrier religieux, on continue de créer des écarts parfois bien trop longs entre pause pascale et pause estivale.» Selon les années en effet, Vendredi-Saint peut tomber un 28 mars ou un 22 avril, comme cette année… Par conséquent, la période jusqu’aux vacances d’été peut varier entre treize et neuf semaines. «Or, de nombreux spécialistes estiment que le rythme idéal serait de six à sept semaines d’école suivies de dix à quatorze jours de pause», relève la secrétaire générale. Parents et enseignants proposent donc un calendrier calqué sur cette alternance. Ce qui impliquerait de se désolidariser du calendrier religieux, en conservant les congés de Vendredi-Saint ainsi que du lundi de Pâques, et en créant des «vacances de printemps» plus tard. Ce n’est pas le choix du DIP, pour qui «cela mettrait fin à la possibilité de certains travailleurs de bénéficier des jours fériés suivis de congés pour rendre visite à des proches ou passer du temps avec leurs enfants sur une certaine durée».

Enfin, parents et maîtres proposent de passer à six semaines en été. «Des études montrent que les longues vacances creusent les inégalités, ce sont surtout les écoliers de familles peu aisées qui perdent des acquis», relève Jean-Pierre Martinet. «On dit que c’est nécessaire aux familles qui rentrent au pays. Mais peu de travailleurs peuvent prendre huit semaines de vacances d’un coup!» pointe encore Anne Thorel Ruegsegger.

Créé: 27.05.2019, 19h57

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